Avec les communes, un dialogue à cultiver

À Braine-l’Alleud, la commune a décidé de financer l’accompagnement agronomique de dix exploitations agricoles pendant trois ans (lire en p. 10). Elle est la première à concrétiser un partenariat avec Farming for Climate et Kick Belgium, une association qui accompagne les communes dans leurs projets en faveur de la biodiversité. Cette collaboration devrait s’étendre à six communes belges. Une démarche que l’on gagnerait à voir se développer davantage en Wallonie.
La collaboration entre communes et agriculteurs n’est toutefois pas nouvelle. À Gembloux, Orp-Jauche, Jodoigne, Rebecq ou encore Lincent, pour ne citer qu’elles, des initiatives ont déjà été engagées pour lutter contre l’érosion des sols et les coulées de boue, avec l’appui, selon les cas, de la cellule Giser (Gestion intégrée Sol-Érosion-Ruissellement) ou d’autres organismes spécialisés. Les communes sont directement confrontées aux conséquences du ruissellement et des inondations. Elles interviennent généralement lorsque les dégâts sont déjà survenus. Pourquoi ne pas consacrer davantage de moyens à la prévention, en associant les agriculteurs à la gestion de leur territoire ? Il ne s’agit évidemment pas de leur faire porter la responsabilité de phénomènes qui dépendent aussi de la topographie, de l’urbanisation et des aléas météorologiques. Agriculteurs et collectivités ont tout intérêt à rechercher ensemble des solutions qui préservent les terres cultivées, améliorent la gestion de l’eau et protègent les habitations. Encore faut-il tenir compte des réalités économiques des exploitations. Modifier un assolement, diversifier les cultures ou revoir certaines pratiques suppose du temps, des investissements et une prise de risque. Les agriculteurs ne peuvent être indéfiniment sollicités pour répondre à de nouvelles exigences environnementales sans disposer des moyens nécessaires. Toutes les communes n’ont certes pas les mêmes ressources financières. La région wallonne pourrait néanmoins encourager davantage ces initiatives, en s’appuyant sur les dispositifs existants. Les priorités diffèrent selon les territoires, mais le conseil agronomique, le volontariat et la concertation peuvent répondre à de nombreuses préoccupations locales. Les résultats du programme brainois devront être évalués dans la durée. Sa démarche présente en revanche un intérêt qui dépasse les seules considérations agronomiques. En privilégiant le dialogue avec les exploitants et les habitants, elle participe également à une meilleure compréhension des réalités agricoles.
L’enjeu n’est donc pas de multiplier les expériences isolées, mais de donner davantage de place aux agriculteurs dans les décisions qui concernent leur territoire. Plusieurs communes ont déjà ouvert la voie. Il serait souhaitable que d’autres leur emboîtent le pas.





