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Désigné coupable

Chers amis de l’environnement, chers amateurs de bonne nourriture, vous qui, contrairement aux générations précédentes, n’avez jamais eu faim, comment osez-vous regarder les agriculteurs d’un si mauvais œil ?

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Pourquoi ? Comme disait Sarkozy, je vais vous le dire : Parce que des responsables bien-pensants et mal informés se laissent emporter par le vent actuel. Ils voudraient vous faire croire que l’on peut nourrir la planète en cultivant sans un minimum de produits phytopharmaceutiques. Sans doute oublient-ils l’histoire et les famines.

Entre-temps, ils récolteront vos voix sans se soucier de ce qu’il y aura dans votre assiette dans quelques années. Il est inconscient d’attaquer encore cette agriculture qui est déjà financièrement en difficulté alors que notre population profite de ses bons produits tracés et hypercontrôlés par l’Afsca. Lorsque nos agriculteurs exsangues ne pourront plus suffisamment vous nourrir, nos dirigeants devront importer des céréales ogm et de la viande aux hormones venant de bien loin. Cela nous sera imposé par l’OMC en compensation des exportations de notre industrie. En attendant, des détracteurs auront eu le temps de vous persuader que notre bonne viande vous provoquera le cancer, que nos paisibles bovins, tout en gaspillant notre eau, détruiront la couche d’ozone. Ils vous parleront du beurre ou du fromage qui favorisera votre cholestérol, le froment et le lait vous rendront tôt ou tard allergiques au gluten et au lactose, le sucre vous fera souffrir du diabète.

Contrairement aux producteurs américains, nous employons, en agriculture raisonnée, des mini-doses de glyphosate uniquement en interculture et sur mauvaises herbes et ce, dans le but de mettre encore moins de produits phyto sur nos grandes cultures, voilà la vérité.

Et bien sûr ce n’est pas le tabac, l’alcool, les désodorisants, les cosmétiques, le kérosène, les petites mixtures à grignoter devant la télé, l’inactivité, ou le surpoids qui sont responsables de tous vos maux. Lorsqu’on tombe malade, au lieu de s’interroger sur sa façon de vivre, le bouc émissaire est vite trouvé : c’est l’agriculteur.

Il y a deux ans, nous fêtions nos 50 ans de sortie de l’école agricole de Carlsbourg et, Dieu merci, nous étions encore tous vivants. C’est étonnant mais la plupart d’entre nous sont toujours heureux de travailler à 67 ans, et peuvent encore se rendre utiles à 77 ans.

Bonne réflexion à tous et je vous souhaite de bons repas autour d’une bonne table garnie de nos bons légumes et d’une bonne entrecôte de Blanc-bleu Belge.

Et vive les agriculteurs.

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