PPA: 28.000 nouveaux hectares placés sous vigilance

Dans la zone de vigilance, il n’est actuellement pas prévu d’interdire  la circulation ou l’exploitation forestière.
Dans la zone de vigilance, il n’est actuellement pas prévu d’interdire la circulation ou l’exploitation forestière. - J.V.

Le 13 septembre dernier, un foyer de peste porcine africaine (PPA) a été identifié au sein de la population de sangliers du sud de la province de Luxembourg. Suite à cette malheureuse découverte, une zone infectée de 63.000 ha avait été délimitée par la Commission européenne, après concertation avec les autorités fédérales et wallonnes. Les contours de cette zone ont été déterminés en tenant compte de l’épidémiologie du virus mais aussi de l’espace de vie des sangliers et des massifs boisés et des barrières naturelles ou artificielles existantes.

Selon la législation européenne en vigueur, cette mesure courrait jusqu’au 30 novembre.

1 zone européenne, 3 sous-zones wallonnes

Au sein de ladite zone infectée, la Région wallonne a défini trois « sous-zones » opérationnelles, à savoir les zones noyau, tampon et d’observation renforcée. Chacune d’entre elle étant régie par des mesures spécifiques.

Cette décision, propre à la Wallonie et ne répondant pas à une obligation législative européenne, est venue s’ajouter aux mesures préventives prises par le ministre fédéral de l’Agriculture, Denis Ducarme. Parmi celles-ci, l’abattage des porcs domestiques présents dans la zone infectée. À ce titre, le Comité scientifique indépendant instauré auprès de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) précise que « le risque d’introduction de la PPA dans les exploitations porcines belges est actuellement estimé comme faible, en particulier grâce au vide sanitaire qui a été réalisé dans les exploitations situées dans la zone contaminée ».

La zone infectée cède sa place aux zones I et II

Sur base de la législation européenne et après concertation avec les autorités fédérales et régionales, la zone infectée a été remplacée en deux zones distinctes en date du 23 novembre : une zone I et une zone II. Cette décision relève bien d’une obligation législative et n’est pas due à une dégradation de la situation chez les sangliers ni à une augmentation du risque.

Au nord de la zone infectée vient désormais s’ajouter une zone de vigilance.
Au nord de la zone infectée vient désormais s’ajouter une zone de vigilance.

La zone II, considérée comme à haut risque, correspond aux zones noyau et tampon actuelles qui sont, par ailleurs, maintenues au niveau belge.

La zone I, à plus faible risque, correspond quant à elle à la zone d’observation renforcée actuelle, également maintenue à l’échelle nationale, au sud. Elle se prolonge au nord via une nouvelle zone, baptisée zone de vigilance (28.000 ha), entourant l’actuelle zone infectée (voir carte). Si elle est unique au regard de la législation européenne, la zone I se compose donc, en pratique, de deux parties.

La zone de vigilance, rendue obligatoire par la législation européenne, présente cependant un risque moindre que la zone d’observation renforcée et est instituée par l’Europe à titre uniquement préventif.

La création des zones I et II relève de la législation et n’est pas due à une dégradation de la situation chez les sangliers ni à une augmentation du risque.

Bien que quelques mesures supplémentaires doivent y être prises, il n’apparaît pas nécessaire d’y faire abattre les porcs domestiques présents. « Aucune restriction à l’exploitation forestière et à la circulation n’est pour l’instant prévue dans cette zone », ajoute pour sa part le ministre régional de l’Agriculture, René Collin. En ce qui concerne les dispositions relatives à la chasse et en particulier des sangliers, les services du ministre finalisent un projet d’Arrêté du Gouvernement.

Échanges possibles

L’apparition d’une nouvelle zone s’accompagne, en outre, de nouvelles mesures au sein de la zone I nord (dite zone de vigilance). A contrario, rien ne change dans les zones II et I Sud (zone d’observation renforcée) étant donné qu’on n’y retrouve plus de porc domestique.

Au sein de la zone I nord se trouvent 16 exploitations de porcs domestiques, dont une seule d’engraissement d’une capacité de plus de 1.000 porcs. Tous les éleveurs ont été avertis par l’Afsca des nouvelles dispositions présentées ci-dessous.

À l’échelle belge, aucune mesure supplémentaire à celles déjà d’application ne vient s’appliquer dans la zone (lire Le Sillon Belge du 21 septembre). Il n’y a donc aucune nouvelle restriction pour les porcs vivants, la viande de porc et les produits à base de porc.

Pour les échanges intra-communautaires (entre États membres de l’Union européenne), on distingue deux situations. Pour la viande de porcs et les produits à base de porcs issus de la zone de vigilance, aucune restriction réglementaire spécifique ne s’applique. Les porcs vivants ne peuvent quant à eux pas être expédié depuis la zone de vigilance vers d’autres États membres, sauf dérogation possible moyennant les conditions suivantes :

– les porcs échangés ont séjourné dans l’exploitation pendant au moins 30 jours ou depuis leur naissance ;

– l’exploitation de provenance répond aux exigences de biosécurité en matière de PPA ;

– dans les 15 jours qui précèdent le départ, les porcs échangés subissent un test PPA de laboratoire qui doit être négatif. Le jour du départ, le vétérinaire officiel réalise un examen clinique qui doit être favorable ;

– 2 fois par an, à un intervalle d’au moins 4 mois, un contrôle officiel doit être réalisé par l’autorité vétérinaire compétente.

Enfin, pour les exportations de viande de porcs et de produits à base de porcs vers des pays tiers, les possibilités d’échanges commerciaux dépendent des conditions déterminées par les pays tiers concernés.

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