Réduire la f(r)acture numérique

Réduire la f(r)acture numérique

Dans le monde du machinisme agricole, les années impaires sont rythmées par les grands salons internationaux. Parmi ceux-ci, le Sima, organisé en février à Paris, et Agritechnica, se déroulant en novembre à Hanovre. Deux grands-messes qu’aucun agroéquipementier n’oserait manquer, tant elles constituent une vitrine de premier choix. Agriculteurs, éleveurs, entrepreneurs… se pressent de stand en stand à la recherche des plus récentes innovations.

Le Sima ouvrir ses portes ce dimanche. Près de 240.000 visiteurs, parmi lesquels nombre de nos compatriotes, arpenteront les allées du Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte. Si les uns ne jurent que par les derniers modèles de tracteurs, moissonneuses-batteuses ou encore ensileuses, d’autres n’auront d’yeux que pour les technologies numériques. Depuis plusieurs années, le marché des agroéquipements est en effet inondé de stations météo connectées, capteurs, systèmes d’aide à la décision… Autant d’outils qui facilitent le travail des agriculteurs, selon leurs promoteurs. Tout en permettant des économies de temps et d’argent !

Ces technologies de pointe sont source de questionnement. Elles demandent un certain niveau de connaissance et d’expertise. Il faut maîtriser une série d’écrans tactiles, logiciels, applications, sites web… Or, on le sait, la population agricole peine à se rajeunir. Sans jeter la pierre aux agriculteurs les plus expérimentés, force est de constater que ces innovations parlent plus aux jeunes générations. Dans ce domaine, plus que dans d’autres peut-être, former les futurs utilisateurs est impératif. Plusieurs constructeurs l’ont compris. Ils organisent régulièrement des séances permettant aux agriculteurs de se familiariser avec leurs nouveaux outils. Une manière de réduire la fracture numérique ! Et de conquérir de nouveaux marchés !

De plus, quelques innovations sont financièrement abordables mais d’autres se vendent à prix d’or. Quelques-unes requièrent même le payement d’un abonnement annuel, voire mensuel. Des dépenses que certains agriculteurs ne peuvent se permettre dans le contexte actuel… D’où ces questions : Comment abaisser la facture numérique pour rendre ces technologies accessibles au plus grand nombre ?, Les économies réalisées sont-elles supérieures aux investissements consentis ?, Les mises à jour seront-elles gratuites ?… Beaucoup de questions et peu de réponses encore ! Un frein supplémentaire à l’investissement !

Ces nouveaux outils, fierté des uns et des autres, trouveront-ils rapidement leur public ? Ce n’est qu’en réduisant tant la fracture que la facture numérique que les agroéquipementiers le découvriront.

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