A la HEPH Condorcet: L’agriculture urbaine n’a jamais été aussi simple

L’asbl Graine d’entrepreneurs a vu naître la toute jeune Brasserie Purleuse et sa Guyse,  bière blonde réalisée par les étudiants.
L’asbl Graine d’entrepreneurs a vu naître la toute jeune Brasserie Purleuse et sa Guyse, bière blonde réalisée par les étudiants.

E ntre la croissance de la population mondiale et le désir plus en plus présent de développer des filières coopératives (locales) alliant production de qualité et environnement durable, les agronomes d’aujourd’hui et de demain sont amenés à repenser les systèmes et des espaces de production.

La ville est vue comme un lieu artificiel, rarement associé à la nature. Là, réside tout le défi de l’agriculture urbaine et périurbaine (AUP) : renverser les mentalités et être le véritable porte-parole du développement durable dans les villes.

L’AUP contribue à la lutte des îlots de chaleur, favorise la biodiversité citadine, permet une gestion de l’eau et des déchets plus optimale. L’enjeu environnemental n’est qu’une partie du plan d’action. L’humain revient au centre des préoccupations tout en apportant une économie plus juste et sociale.

À but lucratif ou non, elle revêt une diversité de formes et peut se placer dans bon nombre de lieux urbains. Dans les squares, les jardins privés, les boulevards ou même les cours d’eau, l’agriculture peut coloniser l’horizon des villes au coin de chaque rue. Verticalement, ce mode d’agriculture peut envahir les immeubles. Les champignons et les chicons se retrouveront au sous-sol et des serres pour les tomates ou la culture de poissons sur le sommet des buildings.

Avec le réemploi de matériaux, l’optimisation des ressources et le recyclage des déchets, l’agriculture urbaine se veut comme le porte-parole de l’économie circulaire. Mais ce n’est pas tout. Les néo-agriculteurs remettent la nature au centre de leurs productions : l’agroécologie, le design de permaculture, l’agroforesterie mais aussi les associations de cultures.

Loin d’être rentable en Wallonie avec l’apport suffisant des fermes classiques, l’agriculture urbaine peut être vue comme un complément en alimentation mais aussi fédératrice de manière socio-culturelle.

Greenfactauri

Sorti tout droit de l’imagination de trois acteurs du monde académique (HEPH-Condorcet Ath département agronomique), Greenfactauri a vu le jour en 2020 à partir de l’asbl Graines d’entrepreneurs. L’objectif de cette pépinière d’innovation est d’accompagner les particuliers, les PME et les comités de quartiers dans leurs projets de productions urbaines lucratifs ou non (cultures pleine terre et hors-sol) mais aussi de répondre à une demande de certaines structures locales. Ces dernières ont besoin de conseils et d’expertises dans les domaines de l’agronomie. Afin d’offrir un service de qualité, l’équipe composée de Barbara Lefèvre, Matthias Gosselin et Morgan Deschoemaeker, peut s’appuyer sur les compétences agronomiques de différents professionnels des milieux académique et industriel (membres adhérents).

En parallèle de ses activités d’expertise et de soutien, Greenfactauri souhaite mettre en place une micro-ferme urbaine pédagogique à dimension humaine. Cultures maraîchères (radis, salades, tomates…) côtoieront du petit élevage (poules) mais aussi des productions innovantes (pieds de vignes et production d’insectes ou de champignons). Les potagers pleine terre se mêlent aux dispositifs « High-tech » tel qu’un conteneur connecté dont tous les paramètres sont modulables et automatisés. Cette microferme sera accessible à tous et un balisage sera mis en place ainsi qu’un dossier didactique pour faciliter la découverte de ces initiatives en agriculture urbaine par tous.

Le projet est réalisé avec le soutien du Fonds Hoogveld, géré par la Fondation Roi Baudouin. Grâce à ce fond, l’acquisition de dispositif et de support de travail a été possible.

Les 48h de l’Agriculture urbaine

Afin de lancer officiellement ses activités, Greenfactauri s’inscrit dans le programme des 48h de l’Agriculture urbaine.

Cette initiative jeune de quatre printemps a été créée par La Sauge, une association française qui promeut l’agriculture urbaine partout où elle passe.

Lors de ce week-end, des conférences auront lieu pour discuter d’initiatives citoyennes comme la monnaie locale, le réseau en transition de la ville, un potager collectif géré par un étudiant de la HEPH-Condorcet. Le collectif étudiant soutenant l’écoresponsabilité, le développement durable, Eco-seed, sera présent pour vous accompagner dans la réalisation de DIY (Do It Yourself), des petits montages faciles à réaliser soi-même, autour de l’agriculture urbaine et des produits du quotidien. De plus, l’équipe sera là pour vous présenter sa ferme urbaine et vous guider entre les dispositifs réalisés. Différents projets soutenus par Graines d’Entrepreneurs (voire explication ci-dessous), seront là pour vous offrir un week-end de découvertes. La Guyse sera présentée par la Brasserie Purleuse, quelques producteurs locaux et étudiants seront présents dans notre halle aux saveurs et une vente de vêtements avec une friperie locale vous préparera pour l’été.

Graines d’Entrepreneurs

GDE, comme l’asbl est nommée par ses membres ou sympathisants, est la structure qui a immédiatement soutenu Greenfactauri. Forte de son expérience entrepreneuriale, l’asbl Graines d’Entrepreneurs met à disposition tous les outils utiles à la mise en route de projet des étudiants : bureaux, conseils, encadrement, comptabilité…

GDE, constituée d’enseignants et d’étudiants de la HEPH Condorcet organise deux fois par an, un petit marché des producteurs locaux. Et si « acheter local » commençait en « interne » ? Un collègue, un étudiant ou un administratif produit peut être du miel ou des savons ? Rien qu’avec les anciens étudiants, les collègues et les étudiants actuels il est possible de créer un fabuleux réseau et de mettre en vente des produits locaux : fromages, savons, bières, tisanes, légumes… afin de les faire connaître.

Et pour terminer, GDE c’est aussi la structure qui a vu naître la toute jeune Brasserie Purleuse et sa Guyse, bière blonde réalisée par les étudiants pour les amateurs de bière et, depuis le printemps dernier : « le vin Made in Condorcet » en collaboration avec le Carah.

La formation en vivriculture

Pour la troisième année consécutive, la Haute-École Provinciale de Hainaut met en place une formation continue en vivriculture et productions hors-sols. En s’associant avec Henallux, Haute-École de Namur-Liège-Luxembourg, la formation offrira un large panel des techniques liées à l’agriculture urbaine et ce, dès début octobre 2020.

Reconnaissance de plantes, soin du petit élevage, production maraîchère en extérieur ou intérieur, initiation à l’aquaponie, voilà un avant-goût des cours dispensés par les enseignants et autres spécialistes dans leur domaine, qui vous feront vivre votre et leur passion.

Pour cette édition, des nouveautés sont au rendez-vous. La faculté d’Architecture de Mons développera le volet urbanistique des projets agro-urbains et des chargés de missions de l’asbl SAW-B, Solidarité des Alternatives Wallonnes et Bruxelloises, nous parlerons de l’économie sociale.

D’après Morgan Deschoemaeker

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