Pomme de terre: des avancées fortes vers le «sans interventions phytos»

Les chercheurs français notent que l’obtention d’une pomme de terre «sans phytos» requiert la mise en œuvre de plusieurs «leviers».
Les chercheurs français notent que l’obtention d’une pomme de terre «sans phytos» requiert la mise en œuvre de plusieurs «leviers». - M. de N.

«  On n’est plus très loin de toucher du doigt l’objectif d’une absence de protection phytosanitaire en production de pomme de terre, a indiqué Didier Andrivon, directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), le 24 octobre dernier. Cette déclaration est intervenue à l’issue du 3e Carrefour plants de pomme de terre, organisé à Paris, et sonnant la mobilisation de toute la filière française autour de cet enjeu : pouvoirs publics, chercheurs, sélectionneurs, prescripteurs, collecteurs, producteurs, transformateurs, consommateurs…

Cela, dans un contexte de limitation voire de suppression progressive des produits phytopharmaceutiques de synthèse, et de fortes exigences de qualité de la pomme de terre de conservation, mais à un prix abordable, a indiqué Bernard Quéré, directeur de la Fédération française des producteurs de plants.

Selon les chercheurs, plusieurs leviers sont à actionner pour une pomme de terre sans phytos. Le choix variétal doit permettre de limiter, voire supprimer les traitements phytos contre les maladies et ravageurs, notamment le mildiou, les nématodes et à plus long terme les viroses et bactérioses. À ce propos, les sélectionneurs ont identifié des sources génétiques de résistance et montrent que certaines résistances au mildiou demeurent efficaces dans la durée. Des produits de biocontrôle ont été évalués et caractérisés en conditions contrôlées, puis en plein champ. Ils peuvent contribuer à la lutte contre le mildiou, les nématodes ou encore la maladie de la jambe noire, notent encore les chercheurs.

D’autres leviers existent : l’agriculture bio, qui se développe, et les outils numériques, déjà utilisés pour limiter le nombre d’interventions phytos et moduler la fertilisation.