La Belgique retrouve son statut «indemne de PPA» au niveau européen

Grâce au recouvrement du statut indemne au niveau européen, l’interdiction de repeuplement des exploitations porcines de la zone sera levée prochainement.
Grâce au recouvrement du statut indemne au niveau européen, l’interdiction de repeuplement des exploitations porcines de la zone sera levée prochainement. - J.V.

Fin octobre, un an après la dernière circulation virale décelée dans des sangliers sauvages, la Belgique avait introduit, via l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), une demande de levée de toutes les zones réglementées « peste porcine africaine » (PPA) auprès de la Commission européenne. Une demande de statut indemne de la maladie pour tous les suidés (porcs, sangliers sauvages et en captivité) avait également été introduite auprès de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) (lire notre édition du 5 novembre).

L’élevage de porc à nouveau autorisé

Grâce à l’évolution favorable de la situation liée au recouvrement du statut indemne au niveau européen, l’interdiction de repeuplement des exploitations porcines de la zone (qui avaient dû faire abattre leurs porcs préventivement en 2018) sera levée prochainement. Un Arrêté ministériel l’autorisant a été rédigé et suit son parcours administratif. Il devrait être publié avant la fin de l’année.

Le dossier déposé à l’OIE afin de retrouver notre statut indemne au niveau mondial, lui, est toujours à l’étude. C’est le recouvrement de ce statut qui permettra notamment de relancer les négociations avec les pays tiers qui ont placé un embargo sur la viande de porc belge.

Rester vigilant

La vigilance reste néanmoins de mise. Présent à l’est de l’Europe et poursuivant sa progression, le virus de la PPA est arrivé en Allemagne, à la frontière polonaise, en septembre dernier et s’y étend. La Belgique, comme tous les pays européens, doit donc demeurer très vigilante pour éviter une seconde introduction.

Afin d’éviter toute réminiscence de la maladie au sein des sangliers, et bien que la maladie soit considérée comme éradiquée, la Région wallonne maintient par ailleurs des mesures strictes de surveillance et de contrôle dans le sud de la province de Luxembourg. Ces mesures seront progressivement levées, selon une stratégie préétablie.

En trois temps

Cette stratégie, élaborée par la ministre wallonne en charge de la PPA, Céline Tellier, en concertation avec le ministre de la Chasse, Willy Borsus, et l’ensemble du comité stratégique « PPA », s’échelonne en trois temps. Ainsi, le recouvrement du statut indemne permet de lever les mesures de biosécurité en zone infectée avec un retour à la « normale » en ce qui concerne la circulation en forêt, dans le respect des normes sanitaires fédérales. La ministre prendra un arrêté en ce sens dans les plus brefs délais. Il faut toutefois souligner que la circulation de nuit en forêt reste interdite, pour des raisons de sécurité liées à la poursuite des tirs de nuit.

Quatre mesures resteront d’application jusqu’au 31 mars 2021  :

– la surveillance et l’entretien des clôtures installées en zone infectée ;

– la prospection pour rechercher des cadavres de sangliers ;

– la destruction des sangliers, conformément à l’arrêté du Gouvernement de Wallonie pris le 16 juillet 2020 ;

– le test des sangliers détruits, trouvés morts ou abattus par les chasseurs, pour repérer tout cas positif.

À partir du 1er  avril 2021, le découpage en zones infectée (ZI), d’observation renforcée (ZOR) et zone de vigilance (ZV) sera simplifié. La zone infectée devient zone de surveillance et les deux autres zones fusionnent pour devenir la zone d’observation.

Sur l’ensemble des zones (1.106 km²), plusieurs mesures sont prévues :

– maintien des clôtures jusque 31 mars 2022, date à laquelle leur démontage sera examiné ;

– maintien de l’effort de prospection et de recherche de cadavres de sangliers jusque 31 août 2021 ;

– plan de tir sanglier adapté ;

– emballage des sangliers trouvés morts jusque 31 mars 2022 ;

– tests ADN sur sangliers tirés pour détecter d’éventuelles intrusions ;

– commercialisation de la venaison à nouveau possible pour les sangliers chassés dans cette zone.

Le maintien de ces mesures est nécessaire pour éviter une résurgence de la maladie. Par ailleurs, un nouveau plan de réduction des populations de sangliers devrait voir le jour en 2021.