Un an de confinement mais «La baisse de la pollution de l’air due au confinement n’est plus visible»

Un an de confinement mais «La baisse de la pollution de l’air due au confinement n’est plus visible»
D.J.

Sans surprise, ce sont bien les polluants liés aux transports qui ont fortement diminué avec le confinement au printemps dernier, explique la chercheuse. «Au début, c’était très radical. Nous avons commencé à l’observer en Chine, où l’air était très pollué et qui a en plus mis ses industries à l’arrêt. On a vu ensuite un effet au-dessus des grandes villes européennes.»

L’interruption presque complète du trafic a permis d’observer l’impact d’autres polluants comme les engrais agricoles, poursuit-elle. «Fin mars, il y a eu une chute des oxydes d’azote, liés au trafic automobile. Mais nous n’avons pas vu une chute aussi rapide des particules. Malgré le fait qu’il n’y avait pas de voitures, il y avait quand même des pics de pollution sur tout le nord de la France jusqu’au Pays-Bas. En partie parce que les gens continuaient à se chauffer, mais il y a surtout eu une période très concentrée d’épandages d’engrais dans les champs à ce moment-là.» L’agriculture émet en effet de l’ammoniac, qui forme des particules quand il se dégrade. «D’habitude, il n’est pas facile de voir quelles particules viennent de quelle activité. Cette fois, nous avons clairement vu que l’épandage était la source de la pollution», souligne Mme Clerbaux.

L’effet du confinement sur la qualité de l’air a ensuite été moins visible. Notamment parce qu’une partie de l’activité et des déplacements a pu reprendre, mais aussi parce que les beaux jours et le soleil, chaque année, font disparaître plus rapidement les polluants dans l’atmosphère. Selon une étude du service météo allemand (DWD) qui a compilé les données de 45 points de mesures répartis dans le monde, les émissions du trafic terrestre ont diminué d’environ 14% au niveau mondial au cours du printemps et de l’été dernier, tandis que le trafic aérien a émis en moyenne 40% d’azote en moins. L’Onu a cependant avertit en décembre que la baisse des émissions de gaz à effet de serre due à la pandémie de Covid-19 aura un effet «insignifiant» et que le monde file toujours vers 3 degrés de réchauffement, loin des objectifs de l’accord de Paris. Les émissions mondiales de CO2, principal gaz à effet de serre, devraient baisser d’environ 7% en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19 (et d’un peu moins pour les autres). Ce retournement est conjoncturel et n’aura qu’un effet «négligeable» à long terme, avec environ 0,01 degré de réchauffement évité d’ici à 2050 selon les experts onusiens.

(Belga)

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