Biodiversité: le Parlement européen souhaite des objectifs clairs et contraignants

Les eurodéputés demandent notamment une révision urgente de la stratégie européenne  sur les pollinisateurs, avec des objectifs et des indicateurs clairs, afin de mettre  un terme au déclin de ces insectes.
Les eurodéputés demandent notamment une révision urgente de la stratégie européenne sur les pollinisateurs, avec des objectifs et des indicateurs clairs, afin de mettre un terme au déclin de ces insectes. - J.V.

Le Parlement européen devrait adopter lors de sa session plénière de ce 10 juin son rapport sur la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 qui va plus loin que ce que propose Bruxelles. La commission parlement de l’Environnement a voté le 28 mai son projet en la matière qui confirme notamment l’objectif de 25 % de surfaces en agriculture biologique et d’au moins 10 % terres à haute biodiversité.

Cette résolution a nécessité un important travail de compromis. En effet, quelque 1.216 amendements (soit 663 pages…) ont été déposés au total, incluant les avis des commissions de l’Agriculture, de la Pêche, du Commerce international, des Affaires étrangères et du Développement. Mais au final, le texte a été validé à une large majorité (62 voix contre 4, et 12 abstentions).

Avec l’échec des précédentes stratégies pour la biodiversité (à l’horizon 2010 et 2020), la nouvelle stratégie doit traiter de façon efficace les cinq principaux facteurs de changement dans la nature (utilisation des terres et des mers, exploitation directe des organismes, changement climatique, pollution et espèces exotiques envahissantes), préviennent les eurodéputés. Pour y parvenir ils estiment que la mobilisation par l’UE de 20 milliards d’euros par an est nécessaire.

Protéger les sols et les pollinisateurs

En matière agricole, le projet plaide pour que les futurs plans stratégiques de la politique agricole commune soient alignés avec les objectifs du Green deal. Les eurodéputés demandent pour cela à la Commission européenne, une fois les plans stratégiques nationaux approuvés, de procéder à une évaluation indépendante de leur impact global attendu et, lorsque cette analyse considère que les efforts sont insuffisants, d’exiger des États membres qu’ils modifient leurs plans ou que le règlement sur les plans stratégiques soit révisé à mi-parcours.

Les eurodéputés se prononcent également pour l’adoption d’une législation pour la protection et l’utilisation durable des sols ainsi que pour une révision urgente de la stratégie européenne sur les pollinisateurs de 2018, avec des objectifs et des indicateurs clairs, afin de mettre un terme au déclin de ces insectes. Enfin, leur résolution s’oppose au renouvellement de l’autorisation du glyphosate après le 31 décembre 2022.

Des objectifs irréalistes, selon le Copa-Cogeca

Des propositions que les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) jugent très « éloignées de la réalité du terrain ». « Une fois encore, estiment-elles dans un communiqué du 28 mai, nous avons devant nous des objectifs irréalistes ». Le Copa-Cogeca se dit « très inquiet de l’approche dogmatique proposée qui remet en question les fondements même du concept de durabilité tout en proposant très peu d’options concrètes aux agriculteurs et États membres ».

Il soutient par contre la résolution sur deux points : la nécessité de mener une analyse d’impact globale de la stratégie en faveur de la biodiversité et, sur le commerce, le respect de la réciprocité des contraintes environnementales.