Pomme de terre:retard de croissance et lutte accrue contre le mildiou

Pomme de terre:retard de croissance et lutte accrue contre le mildiou

De manière générale, on constate un retard de la croissance des tubercules (rendement et calibre) et de l’accumulation de matière sèche (PSE).

On repère également des dommages locaux considérables (fonds inondés, coulées de boues, feuillage ravagé par le mildiou, tiges cassées ou affaissées par les pluies…) et l’épidémie de mildiou est difficilement contrôlée avec des coûts très élevés pour la protection fongicide.

En Fontane

31 parcelles ont été échantillonnées du 26 au 28 juillet en Wallonie et en Flandre par la collaboration multiple entre Fiwap, Carah, PCA et Inagro. Les parcelles suivies ont été plantées entre le 25 mars et le 26 mai, mais avec l’essentiel des plantations (plus de 80 % des parcelles) entre le 15 avril et le 5 mai. La date moyenne de plantation est le 23 avril, soit 1 semaine plus tard que l’an dernier, mais comparable à 2019 et à la moyenne pluriannuelle. 22 parcelles sur les 31 sont plantées en calibre 28/35 (7 parcelles), 35/45 (2) ou 35/50 mm (13) ; les autres ont été plantées avec du plus gros calibre (jusqu’à 50/55 mm, avec seulement 2 parcelles implantées avec du plant coupé). Selon les calibres de plants, le nombre moyen de tubercules par plante varie entre 11 et 17, avec 14 tubercules en moyenne par plante, un peu inférieur à la moyenne pluriannuelle.

Fontane montrait au 29 juillet un rendement moyen de 27 t/ha (tous calibres) pour toute la Belgique. Ce rendement est en retard sur les 2 dernières années et sur la moyenne de 5 ans, mais supérieur à 2018 et comparable à 2017. Le calibre fritable (> 50 mm) moyen n’atteint que 38 % du 35 mm+ (soit seulement 10 t/ha), inférieur aux 4 dernières années. Idem pour le PSE (moyenne de 306 g/5 kg), le plus bas des 5 dernières années. Malgré un feuillage très (trop) développé, l’excès d’eau et le manque de soleil ces 15 derniers jours ont pénalisé la croissance des tubercules.

En Challenger

Pour les 17 parcelles échantillonnées, les plantations se sont étalées entre le 9 avril et le 7 mai, avec une date moyenne au 25 avril, un peu plus tardive que l’an dernier (19 avril) et que la moyenne pluriannuelle (21 avril).

Sept parcelles ont été plantées avec du 28-35 mm et montrent en moyenne 17 tubercules par plante. Six parcelles ont été plantées à l’aide de 35-45 mm avec plus de 21 tubercules par plante recensés.

Quatre parcelles ont été plantées avec du plus gros calibre encore et montrent plus de 24 tubercules par plante. En moyenne, les 17 parcelles suivies montrent 20 tubercules par plante. La tubérisation en Challenger a donc été très bonne.

Le rendement moyen fin juillet s’établit à 27,8 t/ha, variant de 22 à 37 t/ha, avec 24 % de 50 mm+ (soit seulement 6 t/ha). La croissance est en retard par rapport à l’an dernier, en particulier en gros calibre. Le grand nombre de tubercules par plante traduit néanmoins un bon potentiel.

Le PSE moyen est aussi en retard, avec seulement 304 g/5 kg de moyenne. C’est presque 100 g de moins que l’an dernier.

La comparaison avec les années antérieures est difficile vu que par le passé (hormis l’an dernier) le suivi n’a été réalisé qu’à partir du 15 août. Néanmoins, Le rendement actuel est à la traîne par rapport à la plupart des années récentes, hormis 2018 (sécheresse prononcée). Il a de l’ordre de 10 à 15 t/ha à rattraper d’ici le 15 août pour rejoindre le niveau moyen des dernières années.

La lutte contre le mildiou dans tous les esprits

Quelle que soit la variété, c’est la lutte contre le mildiou qui préoccupe les esprits tant la pression est élevée. Le mildiou est présent sur la grande majorité des parcelles, et il est péniblement maîtrisé dans la plupart des cas. Mais de nombreuses situations d’infection grave sont signalées et observées, avec perte de contrôle de la maladie, destruction partielle du feuillage et contamination des tubercules. Avec la persistance d’une météo fraîche et humide, les traitements fongicides sont répétés et les coûts s’envolent. Il faut souhaiter une période de temps sec et chaud pour freiner l’épidémie. Le plein soleil est un excellent fongicide, et il contribuerait aussi à faire progresser les PSE. Mais une telle météo ne semble pas annoncée avant au moins 10 à 15 jours.

Le direct

Le direct