La Foire de Battice ou le sens de la fête et du plaisir retrouvé

La Foire de Battice, c’est la rencontre entre monde agricole et citoyens,  et un échange d’informations en fonction des intérêts de chacun.
La Foire de Battice, c’est la rencontre entre monde agricole et citoyens, et un échange d’informations en fonction des intérêts de chacun. - P-Y L.

Organiser une foire agricole d’une telle envergure en trois petits mois avec toutes les contraintes liées à la crise sanitaire était un pari osé pour les organisateurs de la Foire de Battice. De leurs propres aveux, les nuits ont été courtes mais quel plaisir de les retrouver tout sourire samedi pour l’inauguration de l’événement qui avait pour l’occasion pris un format un peu plus léger, plus dynamique où les intervenants n’avaient que 4 petites minutes pour s’exprimer, laissant leur place à l’orateur suivant au son du Gong.

Chapeaux bas aux organisateurs… et aux agriculteurs

Cela faisait du bien de se retrouver. Personne n’a manqué de le souligner, félicitant au passage les organisateurs pour leur travail et leur courage. « Car il a fallu prendre une décision très importante quant à la tenue de l’événement ! Les responsabilités ont été prises pour que tout le monde puisse se réunir et faire la fête autour du monde agricole », explique M. Jeholet, ministre président de la fédération Wallonie-Bruxelles. Et d’ajouter « Merci à toute l’organisation qui prouve encore une fois que le bénévolat a encore tout son sens dans un événement aussi important et fédérateur que la foire de Battice. »

« Très heureux de vous retrouver après deux annulations de Libramont, une de Battice, et de plusieurs autres événements. Nous avons tous besoin d’organisations qui remettent l’agriculture en valeur qui permettent aux professionnels de se rencontrer, qui nous permettent de discuter et de boire une bonne Val-Dieu », a pour sa part souligné Willy Borsus, ministre wallon de l’Agriculture, non sans humour.

Outre les organisateurs, Marc Drouguet, bourgmestre de la ville de Herve et agriculteur, a tenu également à remercier les agriculteurs qui se sont illustrés par leur solidarité auprès des sinistrés lors des récentes inondations que de nombreuses communes du Pays de Herve et d’ailleurs ont connues « Dès les premiers moments des inondations, nombre d’agriculteurs sont descendus dans la vallée afin d’aider ceux qui étaient en difficulté… tant pendant qu’après ces tragiques événements. Le monde agricole a fait preuve d’une solidarité sans nom auprès des citoyens et je les en remercie »

Si l’heure était à la sécurité, elle ne devait pas prendre le pas sur la convivialité et le plaisir des enfants.
Si l’heure était à la sécurité, elle ne devait pas prendre le pas sur la convivialité et le plaisir des enfants. - P-Y L.

Le Smart Farming à l’honneur

C’était la thématique de cette édition, le smart farming était décliné sous diverses formes aux quatre coins du site. Il a été commenté par nos orateurs. Pour M. Drouguet, c’est une aide sociale. « S’il permet de réorganiser le travail dans les fermes, c’est surtout une aide sociale qui doit permettre aux agriculteurs à vivre de la ferme, aux citoyens d’avoir toujours des agriculteurs dans les villages. Si la technologie ne remplacera jamais l’œil de l’éleveur, ladite technologie reste une opportunité pour tout un chacun.

André Denis, député provincial en charge de l’agriculture va un peu plus loin : « Les aides de la PAC n’iront pas en augmentant, il faudra dès lors que l’agriculture de demain trouve sa rentabilité, dégage davantage de valeur ajoutée et la thématique rentre tout à fait dans cette vision. En plus d’amener une composante sociale, la technologie amène également une composante économique et permettra une agriculture davantage durable et ancrée dans son territoire. »

« L’histoire de l’agriculture, c’est l’histoire de progrès, d’innovations, de recherches, de mécanisation ! Si une partie de ces nouveaux outils passe aujourd’hui par l’informatique, par le numérique, par le digital… les robots de traites sont connus depuis longtemps… Les données qu’ils produisent doivent permettre à leur utilisateur de faciliter le travail et de soutenir le rendement ! Dans la foulée de ce qui a été fait dans le passé, nous allons poursuivre ces évolutions et nous allons les soutenir au niveau de la Région wallonne », affirme Willy Borsus. Il pense notamment aux programmes développés avec l’agence du numérique en lien avec les organisations agricoles de type WalDigiFarm, Walsmart… « Derrière ça, la volonté d’être aux côtés des agriculteurs est claire ! »

Si David Clarinval, ministre de l’Agriculture, croit au smart farming, il est conscient de son coût élevé. Raison pour laquelle il travaille sur un plan de relance et de résilience. « Il y aura des incitants fiscaux pour les investissements qui sont dans le numérique mais aussi dans tout ce qui est novateur… et le smart farming s’inscrit pleinement dans ce cadre. »

Le premier pallier 1.000 km de haies atteint

Quant à la ministre wallonne de la Nature et de la Forêt, Céline Tellier, elle était déjà présente lors de la journée professionnelle du vendredi 3 septembre qui avait pour objectif la promotion de plantations de haies et d’arbres. Les agriculteurs y sont venus nombreux et ont apprécié une après-midi d’échanges enrichissants.

La ministre voit dans le programme de plantation de haies qu’elle défend toute sa pertinence face aux inondations qui ont fait de terribles dégâts en Wallonie. Pour elle, les agriculteurs qui décident de s’investir dans ce programme, en sortent aussi gagnant pour leur activité économique. Les incitants pour le monde agricole sont présentés en p. 12 de la présente édition. « Dans les prochains mois seront également lancés des appels à projets spécifiques pour faire en sorte de pouvoir mutualiser l’entretien de ces haies et de faire en sorte que les agriculteurs ne doivent en porter encore la responsabilité. »

Notons qu’un premier pallier de 1.000 km de haies et 500.000 arbres sont déjà au compteur de du programme Yes We Plant grâce aux promesses de plantation des agriculteurs.trices récoltées lors de l’événement de ce week-end !

Cette année, outre l’exposition de bovins de diverses races, le pôle ovin était bien représenté avec ces différents concours et démonstrations diverses (ici, de tonte de moutons).
Cette année, outre l’exposition de bovins de diverses races, le pôle ovin était bien représenté avec ces différents concours et démonstrations diverses (ici, de tonte de moutons). - P-Y L.

Fini le « gold plating » !

David Clarinval a, pour sa part, profité de l’inauguration pour annoncer que le fédéral ne voulait plus faire de « gold plating » (traduit littéralement par effet dorage), c’est-à-dire ne pas vouloir être plus catholique que le pape dans la retranscription des règles européennes au niveau belge. « Oui, les produits de notre agriculture sont sains, durables et de qualité. Ils sont souvent produits dans des cadres très contraignants pour les producteurs, davantage que ceux exigés par l’Europe. Être ambitieux, c’est bien mais le corollaire n’est autre que la concurrence déloyale qui pèse sur les épaules des producteurs. L’accord de gouvernement ne contient donc plus de « gold plating ».

Un retour encourageant

Pour conclure, Pierre-Yves Jeholet a tenu à souligner l’importance de la présence des jeunes dans la Foire. « Le succès de la journée des écoles montre toute l’importance de l’inclusion des enfants dans cette foire depuis toujours ! Le bémol ? La non tenue de l’école européenne des jeunes éleveurs ! C’était impossible de l’organiser au vu des conditions sanitaires. Dans le cadre du développement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, je soutiendrai financièrement l’année prochaine le retour de cette initiative car elle est non seulement le rayonnement de ladite Fédération mais aussi celui de notre agriculture, de nos éleveurs. »

Rendez-vous est donc pris les 3 et 4 septembre 2022.

P-Y L.

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