Betteraves sucrières: la CoBT est dissoute

Durant les trois années écoulées depuis la constitution de la coopérative, le projet a été complètement monté d’un point de vue technique et commercial.
Durant les trois années écoulées depuis la constitution de la coopérative, le projet a été complètement monté d’un point de vue technique et commercial.

Pour rappel, la coopérative avait été constituée en 2018 par quatre agriculteurs betteraviers wallons pour construire et exploiter à Seneffe une nouvelle sucrerie plus performante et plus durable. Le modèle économique avait pour objectif de faire bénéficier aux agriculteurs betteraviers actionnaires de la marge de transformation de la betterave en sucre.

Durant les trois années écoulées depuis la constitution de la coopérative, le projet a été complètement monté d’un point de vue technique et commercial, et la SC CoBT a réussi à lever 58 millions d’euros chez 1.600 agriculteurs et sympathisants ainsi que 64 millions d’euros chez des partenaires publics et stratégiques.

Cependant, malgré les nombreux acquis et atouts de son projet, la SC CoBT n’a pas obtenu le crédit d’investissement nécessaire pour compléter ses 40 % de fonds propres. Cela avait marqué le coup d’arrêt du projet en décembre 2020. La frilosité des banques à financier le projet reste incomprise à ce jour. Le lobby de l’industrie agro-alimentaire en place exercé sur différents acteurs du projet a par ailleurs été néfaste.

Le problème de rentabilité persiste pourtant…

Le plus important projet coopératif agricole des dernières années en Wallonie s’est donc éteint. Mais le problème de rentabilité de la culture betteravière, historiquement importante dans beaucoup d’exploitations agricoles wallonnes et belges, persiste. Depuis l’abolition des quotas sucriers européens en 2017 en effet, les conditions des contrats de vente des betteraves à l’industrie sucrière se sont fortement dégradées.

Les modèles coopératifs : l’avenir

Les porteurs du projet restent convaincus que des initiatives basées sur les modèles coopératifs, de circuits courts, équitables et durables permettront non seulement aux agriculteurs de trouver une meilleure valorisation pour leurs produits, mais également une meilleure place dans la société. Ce type de solution est indispensable à la survie de l’agriculture familiale et à sa contribution active aux défis du 21e siècle. Seule une répartition juste de la valeur créée entre les différents maillons de la chaîne de valeur permet de pérenniser l’activité d’un secteur concerné.