Bien-être animal : une harmonisation plutôt qu’un renforcement des règles

Les eurodéputés demandent des règles plus claires pour chaque espèce mais aussi  d’apporter un soutien aux agriculteurs pour les accompagner.
Les eurodéputés demandent des règles plus claires pour chaque espèce mais aussi d’apporter un soutien aux agriculteurs pour les accompagner.

Le rapport, défendu par l’agriculteur centriste français Jérémy Decerle, a reçu un large soutien au sein de l’assemblée à l’exception des écologistes et de certains députés de gauche qui estiment que ses propositions ne sont pas assez ambitieuses.

Ce vote fait écho à la révision de la législation sur le bien-être animal que prépare la commission pour fin 2023. Celle-ci devrait proposer l’interdiction progressive de l’élevage d’animaux en cage et le renforcement de l’encadrement du transport d’animaux.

Les producteurs de foie gras soulagés

Dans la ligne de mire de certains élus qui avaient déposé des amendements pour l’interdire, le gavage des canards est finalement conforté. Le rapport souligne que « la production de foie gras repose sur des procédures d’élevage respectueuses des critères de bien-être animal où la phase d’engraissement, qui dure entre 10 et 12 jours en moyenne à raison de deux repas par jour, respecte les paramètres biologiques des animaux ».

Pour Jérémy Decerle, « on ne va pas aider les pays qui ne sont déjà pas en avance sur ces questions en leur imposant de nouvelles règles plus strictes ». Les eurodéputés demandent donc des règles plus claires pour chaque espèce mais aussi d’apporter un soutien aux agriculteurs pour les accompagner. Dans cette optique, le député français souhaite notamment la mise en place d’un cadre européen harmonisé qui serait adopté de manière volontaire par les agriculteurs pour l’étiquetage du bien-être animal afin de valoriser les efforts consentis.

« Le bien-être des animaux implique également celui des éleveurs »

Pour le Copa-Cogeca, le parlement a démontré sa confiance dans la capacité des agriculteurs à mettre en place la législation la plus avancée au monde en matière de bien-être des animaux malgré les attaques incessantes dont fait l’objet le secteur de l’élevage européen. Et d’indiquer que « le bien-être des animaux implique également le bien-être des éleveurs ».

« La lutte contre la maltraitance animale est une priorité » a réagi l’eurodéputé socialiste belge Marc Tarabella en se félicitant que le parlement « en a parfaitement conscience ».

Étiquetage, poussins mâles et dimension éthique

« Nous demandons en plus d’accompagner financièrement les progrès demandés aux exploitants dans tous les domaines du bien-être animal. Qui plus est, nous demandons un système d’étiquetage volontaire en matière de bien-être animal couvrant toutes les exploitations d’élevage, avec la possibilité de le rendre obligatoire à plus long terme après analyse » a-t-il déroulé.

Quant au démocrate-chrétien Benoît Lutgen, il a évoqué « la mise à mort systématique et non éthique de milliards de poussins et de canetons mâles dans l’UE chaque année, que ce soit à l’aide d’une machine à broyer ou de gaz carbonique », une pratique à laquelle l’UE « doit mettre fin, n’étant plus acceptable d’un point de vue éthique, car il existe des alternatives pour déterminer le sexe d’un poulet avant qu’il n’éclose. Un animal n’est pas un déchet » a-t-il conclu.

Marie-France Vienne

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