Avec Wapi Cowp: un atelier de découpe au service des fermes familiales de Wallonie Picarde

Les 8 éleveurs fondateurs fondateurs de la coopérative Wapi Cowp, les représentants de Food Wapi et des Parcs naturels des plaines de l’Escaut et du Pays des collines.
Les 8 éleveurs fondateurs fondateurs de la coopérative Wapi Cowp, les représentants de Food Wapi et des Parcs naturels des plaines de l’Escaut et du Pays des collines. - P-Y L.

«  La création de Wapi Cowp, est le fruit d’un questionnaire lancé fin 2020 par Food Wapi – un projet de territoire qui s’appuie sur les ressources de la Wallonie Picarde – à l’ensemble des fermes dudit territoire, principalement situé sur les territoires des deux parcs, à savoir le Parc naturel des plaines de l’Escaut (PNPE) et celui du Pays des collines », nous explique Pierre-Etienne Durieux, chargé de projets circuits courts pour le PNPE. « Ledit questionnaire visait à faire émerger des porteurs de projets pour la création de (micro-)filières sur nos territoires. Trois secteurs ont ainsi pu être identifiés avec des potentiels porteurs de projets pour chacun d’entre eux : en céréales, en maraîchage et, dans le cas qui nous concerne, en élevage avec la volonté d’un certain nombre d’éleveurs de reprendre la main sur la chaîne de valeurs de la filière viande bovine. »

« Nous les avons réunis en vue de constituer un groupe de travail. Nous avons analysé avec eux les forces et les faiblesses des différents maillons de la chaîne. Et très rapidement le besoin d’un atelier de découpe s’est fait ressentir. »

Pour eux, il était essentiel de retrouver confiance et d’avoir de la transparence dans le secteur de la viande, de prendre en main la commercialisation de leurs produits tout en renforçant le lien producteur-consommateur.

Une opportunité à ne pas manquer

Les 8 éleveurs porteurs de projet se sont investis dans la création du projet. Des consultants externes ont réalisé un premier préplan financier quant à la faisabilité ou non de ce type d’outils. « Chance, nous avons eu vent d’un renoncement de bail pour l’une des 3 salles de découpe de l’abattoir communal d’Ath. Les astres se sont alignés », sourit-il. « Nous avons ainsi pu nous calquer directement sur cette dernière et créer l’exercice directement sur cette base. La première analyse a été très positive. L’ensemble des éleveurs ont directement voulu aller plus loin dans la démarche », explique M. Dutrieux.

« Nous sommes contents de pouvoir compter sur l’un des derniers abattoirs communaux. Le fait d’avoir une coopération avec un pouvoir public, c’est un partenariat gagnant pour l’éleveur, pour le consommateur au niveau qualité de la viande mais surtout pour la ville qui maintient l’un de ses outils en vie. Les éleveurs pourront donc faire abattre leurs bêtes dans ledit abattoir et les carcasses seront ensuite directement stockées dans les frigos de la salle de découpe. On réduit ainsi les problèmes de traçabilité, de transport, de logistique… », explique Aurélien Holvoet, éleveur à Lanquesaint.

La salle est agréée, notamment pour le bio. Elle pourra accueillir toutes les carcasses de bovins mais aussi de porcs et de moutons. Pour la découpe, plusieurs modes seront proposés : du PAT, destiné généralement à la restauration ou à la boucherie ; de la découpe fine en plus gros conditionnement, destinée aux colis pour la vente à la ferme. C’est d’ailleurs la motivation principale : valoriser les colis en ferme. La viande sera étiquetée au nom de la coopérative mais toujours avec la possibilité pour l’éleveur d’y joindre ses coordonnées. La viande est suivie du début jusqu’à la fin. Le cahier des charges sera établi à l’avance avec le boucher selon les choix de l’éleveur. Ce sont 8 à 10 bovins qui devraient pouvoir être découpés par semaine.

Une coopérative naît

Les actes ont été déposés chez le notaire le 11 février, la coopérative Wapi Cowp est ainsi née. « Notre travail par rapport aux éleveurs : les coordonner, les challenger par rapport aux idées, à la faisabilité. On les a interrogés quant à comment aménager les idées, les envies afin que le projet puisse prendre corps. Le projet s’est construit rapidement mais il le fallait car le projet Food wapi se terminait fin 2021 et nous devions bénéficier des aides financières dont on pouvait bénéficier », explique encore Pierre-Etienne Dutrieux.

Isabelle Fauvarque, éleveuse à Lamain : « Notre coopérative n’a pas vocation à faire de profit. Ce que nous voulons : offrir un service de qualité à un prix juste pour tout un chacun. Nous voulons garder un outil qui sert des fermes familiales et locales. Chaque éleveur commercialisera ses colis dans son propre réseau. »

Dans l’idéal, l’atelier devrait entrer en service le 1er mai. La coopérative est en passe d’engager deux bouchers qui devraient prendre en charge la responsabilité logistique de l’atelier.

Pour la coopérative, l’engagement de bouchers doit être synonyme de retour à un savoir-faire traditionnel et de qualité.

Notons que la salle de découpe sera disponible uniquement par réservation via le site www.wapicowp.be avec un délai d’un mois pour assurer la découpe. En termes de réservation, la priorité sera donnée aux coopérateurs. La porte ne sera pas fermée aux particuliers mais l’idée pour la coopérative est de former un bloc et de partager ses expériences.

Un appel à coopérateurs lancé

La coopérative est à la recherche de coopérateurs. Si une soirée d’infos a déjà réuni une cinquantaine de personnes, les candidatures sont ouvertes jusqu’à la mi mars.

Pour être coopérateur, il faut être éleveur et acheter une part coopérateur à 2.500 euros. Toutefois, grâce à un mécanisme d’aide wallon, les éleveurs recevront 2.000 euros en retour de la Région wallonne, si tant est que ceux-ci ne soient déjà dans une autre coopérative à finalité viande. Toute personne intéressée peut répondre à un questionnaire dans lequel elle devra notamment s’engager sur un nombre de bêtes à abattre par an. L’objectif de la coopérative : évaluer les volumes en jeu.

À noter que tous les coopérateurs auront les mêmes droits et devoirs que les initiateurs. Aucune discrimination, que ce soit au niveau des prix, des services et dans la qualité de ceux-ci. La volonté est d’ouvrir la gouvernance de l’outil à tous les éleveurs qui rejoindront le projet !

Propos recueillis par P-Y L.

Le direct

Le direct