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Quand la famine menace...

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Du fait de l’accumulation des crises (conflits, chocs économiques, conditions climatiques extrêmes) auxquelles vient s’ajouter l’impact de la guerre en Ukraine, la situation d’insécurité alimentaire aiguë à l’échelle du globe durant le second semestre 2022 devrait empirer, estime un rapport publié conjointement par la Fao et le Pam (Programme alimentaire mondial).

« L’insécurité alimentaire aiguë dans le monde devrait s’aggraver de juin à septembre 2022 en raison des effets combinés de crises qui se chevauchent telles que les conflits, les conditions météorologiques extrêmes, les chocs économiques, les effets persistants du Covid-19 ou encore les répercussions de la guerre en Ukraine », alertent les deux Institutions dans leur rapport sur « les Points chauds de la faim ». Cette extension de la faim dans le monde est aujourd’hui intrinsèquement liée aux perturbations qui affectent le secteur agricole ukrainien ainsi que les exportations de céréales en mer Noire. Quelque 20 millions de tonnes sont actuellement bloquées dans les principaux ports ukrainiens et ne peuvent être acheminées vers les marchés mondiaux.

Selon les organisations onusiennes, cela a pour conséquence de réduire l’offre alimentaire mondiale, d’augmenter encore les prix alimentaires mondiaux tout comme les niveaux déjà élevés d’inflation. Dans ce contexte, le coût élevé des engrais risque d’affecter les rendements et donc la disponibilité future des aliments.

Selon le directeur exécutif du Pam, « les conditions actuelles sont bien pires que lors du printemps arabe en 2011 et de la crise des prix alimentaires de 2007-2008, lorsque 48 pays ont été secoués par des troubles politiques, des émeutes et des protestations ».

Selon le rapport, l’Éthiopie, le Nigéria, le Soudan du Sud et le Yémen sont en « alerte maximale » en tant que points chauds présentant des conditions catastrophiques, tout comme l’Afghanistan et la Somalie. Dans ces six pays, jusqu’à 750.000 personnes sont menacées de famine et de mort dont 400 000 d’entre elles se trouvent dans la région du Tigré en Éthiopie, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré dans un pays depuis la famine en Somalie en 2011, indique le rapport des agences onusiennes. La situation en République Démocratique Du Congo, en Haïti, au Sahel, au Soudan et en Syrie, reste également très  préoccupante, avec des conditions critiques qui se détériorent. Le Kenya faisant une nouvelle entrée dans la liste. Quant au Sri Lanka menacé par une famine, il vient de demander le 3 juin en raison d’un manque de devises étrangères, une aide urgente aux Nations unies afin de reconstituer des stocks de produits alimentaires de première nécessité, en particulier le riz. Les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Cabo Verde et Guinée), l’Ukraine et le Zimbabwe ont été aussi ajoutés à la liste des pays vulnérables, rejoignant l’Angola, le Liban, Madagascar et le Mozambique.

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