Pour une modernisation de la législation OGM

Pour une modernisation de la législation OGM

Face au changement climatique et aux incertitudes liées à l’invasion russe de l’Ukraine, «l’une des principales solutions» pour assurer la sécurité alimentaire globale «consiste à utiliser l’innovation, la recherche et les technologies modernes, notamment l’agriculture de précision, pour réduire encore la consommation de pesticides et d’engrais tout en maintenant la productivité nécessaire», indique un communiqué de la présidence tchèque du Conseil de l’UE. «Les ministres ont convenu que l’UE doit réagir le plus rapidement possible (...) et ne pas entraver l’innovation. Il est donc important de modifier le cadre législatif obsolète».

C’est un travail que la Commission a déjà entamé, elle qui avait souligné en 2021 le potentiel des «nouvelles techniques génomiques» pour faire avancer le Green Deal et adapter les cultures au changement climatique. La Commission elle-même ajoutait alors que la directive OGM, qui date du début des années 2000 mais s’applique actuellement aussi aux nouvelles techniques de sélection, n’est pas adaptée à ces nouvelles avancées. L’exécutif européen s’est donc lancé dans l’élaboration d’une législation spécifique, distincte de celle des OGM «classiques». Une consultation publique est en cours sur le sujet.

«Les techniques d’édition génomique sont un magnifique instrument pour faire en sorte que les cultures aient besoin de moins d’eau, de moins de produits phytosanitaires et d’engrais, qu’elles soient plus résistantes», a lancé le ministre espagnol, Luis Planas Puchades. Pour autant, certains États disent être vigilants à ce que ce nouveau cadre ne marque pas d’assouplissement pour les OGM «traditionnels». Le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a annoncé une proposition législative pour le «deuxième trimestre 2023».

Les ministres des 27 ont également discuté de la problématique des engrais de synthèse (à base d’azote, de phosphore ou de potasse), dont les prix se sont envolés à la suite des perturbations de l’offre de la Russie, qui en était le premier exportateur mondial, et de la flambée des cours du gaz, essentiel pour leur fabrication. La Commission propose de lever les droits de douane sur l’importation d’ammoniac et d’urée, «une mesure nécessaire pour aider les producteurs d’engrais et faire retomber les prix», selon le commissaire à l’Agriculture. Les Vingt-Sept se prononceront formellement sur cette idée le 26 septembre à Bruxelles.

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