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Semée sur place, la betterave potagère a peu souffert du manque d’eau en été

Parmi les légumes du potager, la betterave est une des espèces qui a peu souffert du manque d’eau en été. Nous avions pu constater la fanaison du feuillage lors des après-midi très chauds. Le lendemain matin, le prélèvement d’eau en profondeur permettait aux plantes de récupérer. C’est surtout vrai pour les cultures semées sur place. pour les cultures plantées, l’opération de transplantation a brisé la racine pivotante et les racines secondaires percent le sol moins profondément. Les plantes ont eu davantage besoin d’arrosages.

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L a betterave potagère (Beta vulgaris) est une espèce proche de la betterave sucrière et de la betterave fourragère.

Plusieurs variétés nous sont proposées chez les grainetiers. Elles diffèrent par leur forme et leur couleur. La Ronde de Détroit, la Plate d’Egypte sont des classiques de couleur rouge très foncé, Burpee’s Golden est jaune et Albina Vereduna est blanche. Certaines variétés montrent à la section de la racine des cercles concentriques blancs et rouges alternés.

Les semences des variétés traditionnelles sont des glomérules, soit des amas de plusieurs graines soudées entre elles, souvent deux ou trois. À la germination, plusieurs germes apparaissent ; ils donneront plusieurs plantules. Pour permettre un bon grossissement des betteraves, nous démarions ces plantes pour n’en laisser qu’une. Des variétés modernes mono germes sont à la disposition des professionnels et se retrouvent dans certains catalogues pour amateurs aussi.

Un calendrier, deux modes de culture

En principe, la betterave potagère se sème en place, mais nous pouvons aussi la repiquer. Le choix dépendra de la taille du jardin de la nature du sol et de l’époque dans l’année. Le semis en place demande un peu plus de temps de désherbage. Le repiquage permet de gagner un peu de temps d’occupation du sol, ce qui est apprécié pour les petits potagers et pour les cultures en bacs. Si nous semons trop tôt, le froid printanier peut induire une montée à graines. Les racines seront alors de taille modeste et resteront dures et peu savoureuses. Le calendrier permet de se situer dans le temps de la culture.

Le semis en place

On trace des sillons de semis de 2 cm de profondeur et espacés d’une trentaine de centimètres. On sème un glomérule tous les 6 à 7 cm. Après le semis, on recouvre la ligne de semis et on la retasse pour avoir un contact franc entre la graine et le sol. Nous pouvons par exemple rouler avec la roue de la brouette à l’emplacement de la ligne de semis pour bien rassoir le sol après avoir recouvert la ligne de semis, de terre fine.

Au stade 2 feuilles environ, nous démarions les plantes pour n’en laisser qu’une. Nous obtenons ainsi une population d’environ 50 betteraves potagères par m². C’est beaucoup plus que pour la betterave fourragère (10 ou 12 plantes/m²), mais l’objectif de grossissement des racines est différent.

Le repiquage

Les plantules sont obtenues par un semis dense en pépinière ou en couche. On peut les repiquer au stade 4 à 6 feuilles, environ 4 à 6 semaines après le semis. La veille du repiquage, nous arrosons copieusement les plantules pour faciliter leur arrachage. Le jour du repiquage, nous arrachons les plantules, les pralinons et les plantons dans la parcelle de culture à la même densité que pour les semis en place.

Une autre solution consiste à semer un glomérule par motte pressée ou par godet. 2 ou 3 plantules s’y développent. La plantation se fait au stade 5 vraies feuilles environ

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Les variétés de betterave potagère se distinguent par la forme et la couleur des racines.
Les variétés de betterave potagère se distinguent par la forme et la couleur des racines.

Une fumure bien valorisée

La betterave potagère valorise bien la fumure. Elle peut être de 60 kg de compost par are, voire même un peu plus.

Les récolter 3 à 4 mois après le semis

La récolte est possible 3 à 4 mois après le semis, selon les variétés. Nous pouvons semer de mi-avril à début juillet pour étaler les récoltes. Les premiers semis d’avril peuvent moins bien réussir si le sol est froid. Nous pouvons nous organiser selon les utilisations en cuisine. Nous pouvons semer et récolter toute la culture en une seule fois et procéder ensuite à la conservation des racines. Ou nous pouvons étaler les semis et les récoltes et utiliser les betteraves au fur et à mesure des consommations familiales.

Pour conservation en silos, nous arrachons les racines avec leurs feuilles et les laissons sécher quelques jours. Ensuite, nous les décolletons en sectionnant les feuilles justes à ras du collet. Les feuilles peuvent servir en cuisine ou pour l’alimentation des animaux de ferme.

La conservation peut se faire en bocaux, par exemple après cuisson et sous vinaigre. Mais nous pouvons aussi conserver les racines en caisses ou en tas, sous du sable ou de la paille. Le sable ou la paille vont limiter la déshydratation des racines, mais aussi permettre une certaine aération.

La récolte se fait facilement en empoignant le feuillage et en soulevant la plante. En vue  de la conservation en silos, nous laissons les feuilles sur les racines avant de les décolleter.
La récolte se fait facilement en empoignant le feuillage et en soulevant la plante. En vue de la conservation en silos, nous laissons les feuilles sur les racines avant de les décolleter.

Que faire face aux maladies et ravageurs ?

La cercosporiose est courante, ainsi que l’oïdium, la rouille et la ramulariose. En principe, nous ne prévoyons aucun traitement en potager, la résistance variétale et une bonne aération du feuillage en désherbant et en respectant les densités de population recommandées suffisent.

Une mouche, la pégomyie, peut être présente, ainsi que la noctuelle, mais on ne prévoit généralement aucune lutte, les dégâts restent le plus souvent acceptables. Les altises percent des trous sur les feuilles. Les dégâts se marquent surtout sur les jeunes plantules.

Les limaces, par contre, peuvent anéantir une jeune levée en quelques jours. Elles creusent aussi des trous de nutrition dans les racines lors de leur grossissement.

Les pucerons peuvent amener des viroses qu’ils transmettent à la plante lors des piqûres de nutrition. Ce n’est un souci que pour les professionnels.

Une rotation d’au moins 6 années est favorable pour éviter les soucis sanitaires.

Plusieurs variétés nous sont proposées chez les grainetiers. Elles diffèrent par leur forme  et leur couleur.Certaines variétés montrent à la section de la racine  des cercles concentriques blancs et rouges alternés.
Plusieurs variétés nous sont proposées chez les grainetiers. Elles diffèrent par leur forme et leur couleur.Certaines variétés montrent à la section de la racine des cercles concentriques blancs et rouges alternés.

Le truc du jardinier

Pour disposer de betteraves savoureuses et tendres, il faut que leur croissance soit rapide et soutenue. Pour cela, il faut une bonne structure de sol avec une décompaction sur au moins 20 cm de profondeur, un bon pH, une population pas trop dense pour que les plantes ne se concurrencent pas entre elles.

F.

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