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«À Rome, fais comme les Romains.Si tu es ailleurs, vis comme on y vit»

En tant que paysan, je tiens à réagir suite à l’article paru en page 4 du Sillon Belge du 30 juin sous le titre « Courage face aux ingrats ».

Je vous livre une pensée de Ambroise de Milan (337-397 de notre ère) : « À Rome, fais comme les Romains. Si tu es ailleurs, vis comme on y vit ». Cet adage doit inspirer certains citadins/ citoyens intolérants à se faire aux usages du lieu.

Je vous présente également un article transmis aux agriculteurs, il y a quelques années, par l’actuel Ministre fédéral de la mobilité, Monsieur Belot, Bourgmestre de Rochefort.

Alain Bourguignon

Temps de lecture : 3 min

Vous avez décidé de fuir la vie trépidante et le stress de la ville et de venir chercher à la campagne le calme et l’air pur. Nous vous comprenons.

Vous avez choisi pour ce faire de venir vivre dans un village rural. Nous croyons toutefois devoir attirer votre attention sur certaines particularités des régions rurales.

Le calme de la campagne n’est, par exemple, pas synonyme de silence absolu. la campagne a ses bruits, ses odeurs… bref de modestes désagréments qui laissent les gens du pays indifférents mais qui sont parfois perçus par les néoruraux comme des nuisances intolérables.

C’est ainsi, par exemple, que dans l’espace rural :

– Il vous arrivera d’être réveillés à l’aube par le chant d’un coq (et en été, c’est parfois très tôt) ;

– Il vous arrivera, si vous vous déplacez en voiture dans l’entité, de devoir ralentir pour permettre la circulation du charroi agricole ou le passage d’un troupeau ;

– Il vous arrivera d’emprunter des chemins agricoles parfois ou souvent boueux parce qu’empruntés par le charroi agricole et forestier accédant aux champs et forêts ;

– Il vous arrivera de découvrir la carte de visite d’un bovidé ou d’un équidé au détour d’un chemin creux ou à la sortie d’une pâture ;

– Il vous arrivera, peut-être, à l’époque des moissons, d’avoir votre premier sommeil bercé par le cliquetis d’une moissonneuse-batteuse ;

– Il vous arrivera parfois d’entendre des cris d’animaux domestiques, hennissement d’un cheval, beuglement d’une vache ou d’un veau, grognement d’un porc, jargon d’un jars, nasillement d’un canard, aboiement d’un chien, miaulement d’un chat… bref toute une série de bruits qui n’ont pas tous le charme délicat de l’aimable gazouillement des oiseaux ou du doux murmure d’un ruisseau ;

– Il vous arrivera encore d’avoir peut-être, un jour ou l’autre, les narines sollicitées par des odeurs un peu fortes ;

– Il vous arrivera…

Si tout cela vous est insupportable, peut-être est-il encore temps de réfléchir…

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