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Le point sur les ravageurs en céréales: un risque «cécidomyie» faible et des pucerons pas encore problématiques

Les observations ravageurs hebdomadaires démarrent et portent essentiellement sur les pucerons.

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Actuellement, leurs populations sont très importantes sur les feuilles des céréales d’hiver mais ils ne sont pas encore problématiques à ce stade. De plus, les auxiliaires sont déjà bien présents (coccinelles, syrphes, hyménoptères parasites, …) et on souhaite les préserver. Toutefois, il faut surveiller l’évolution de ces populations dans les prochaines semaines.

Comme mentionné par Arvalis, il faut observer 5 fois au hasard dans la parcelle 4 épis successifs. Un traitement insecticide est recommandé lorsqu’un épi sur deux est colonisé par au moins un puceron entre l’épiaison et le stade «grain pâteux».

Dans les céréales de printemps?

Dans les céréales de printemps, il faut être plus attentif car certaines parcelles se trouvent à des stades (quelques feuilles à début tallage) encore sensibles à la JNO. Toutefois, il faut que les pucerons soient virulifères (porteurs du virus) pour transmettre la maladie.

Premières émergences des cécidomyies oranges

Depuis la saison 2017-2018, la cécidomyie orange s'est faite discrète. Ces dernières années, les émergences des insectes n’ayant pas coïncidé avec les stades sensibles des céréales, l'espèce n'a pas pu se multiplier. Localement cependant, ce ravageur peut occasionner des dégâts pour la culture, et ce, en quelques soirées seulement.

Les processus régissant le développement de l'insecte dépendent d'une succession précise de sommes de températures et de précipitations se produisant durant les mois précédant l'émergence des insectes adultes. La dernière de ces conditions est une pluie chaude (>13°C) qui donne le signal déclenchant la phase de pupaison. Les pupes se transforment alors en imago (adulte) d'autant plus vite que les températures sont élevées (160°jours en base 7°C sont nécessaires pour la pupaison).

Cette saison, la première période de pluie dite «inductrice d'émergence» s'est produite le 24 mars, elle sera responsable d'une première vague d'adultes qui devraient émerger aux alentours du 13 mai. Celle-ci sera très rapidement suivie de 4 autres vagues les 15, 19, 22 et 23 mai (dates valables pour Gembloux). Les premiers vols seront donc trop précoces pour affecter les céréales qui ne seront pas encore à l’épiaison. Les vols suivants ne concerneront vraisemblablement qu’un faible nombre d’insectes. Avec les semis très tardifs des betteraves et des maïs, nous vivons une situation inédite pour les cécidomyies qui généralement décollent de ces champs sans avoir été perturbées par les travaux d’implantation de ces cultures de printemps. Ce n’est pas le cas cette année car la totalité des semis de ces cultures s’est produite durant la phase pupaison des cécidomyies, soit à un stade où elles sont particulièrement sensibles. Il est probable que nombre d’entre elles n’aient pas survécu à un enfouissement profond ou aux passages des différents outils de travail du sol.

Le risque «cécidomyie» parait donc faible à très faible cette saison. Nous resterons cependant attentifs et vous informerons de l’évolution de la situation.

La cécidomyie est un insecte aux mœurs crépusculaires c'est-à-dire qu'elle ne vole que le soir lorsque la luminosité diminue et que l'humidité augmente. Pour l'observer, il faut se rendre dans les champs après 20h et scruter les épis. Un traitement insecticide ne s'avère utile que si les 5 conditions suivantes sont remplies :

– Variété sensible à la cécidomyie orange;

– Stade sensible du froment compris entre l'éclatement de la gaine et le début de la floraison (BBCH 47-61);

– Émergences de l'insecte coïncidant avec ce stade sensible uniquement;

– Conditions météorologiques favorables au vol et à la ponte: pas de vent, pas de pluie battante, températures douces;

– Dépassement du seuil d'intervention qui est d'une trentaine d'insectes par mètre carré.

A. Nysten,

  Groupe «Ravageurs», CePiCOP

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