La Montbéliarde revient en nombre à Libramont

Invité à juger le concours, le Français Fabrice Cuenots’est dit agréablement surpris par la qualité du cheptel proposé. « On retrouve aujourd’hui des vaches qui ont le potentiel des concours en France. Les vaches en tête des classements sont d’un très bon niveau ! Comme quoi la Montbéliarde est capable de s’exporter… », sourit-il.

Fabrice Cuenot a donc pris son rôle à cœur. « Quand on est juge, il est important de s’imprégner d’une notion économique pour affiner ses décisions. Il ne faut surtout pas mettre en avant des animaux qui ne sont pas en adéquation avec des critères économiques. Il faut éviter certaines dérives comme avoir des vaches les plus belles le jour J en faisant abstraction des incidents sanitaires qu’elles auraient pu vivre au cours de leur carrière. »

Et de revenir sur son jugement : « Ce qui m’importe ? Être sur des vaches fonctionnelles ! Nous sommes dans une période de forte libéralisation des marchés. Les vaches doivent donc pouvoir s’adapter à de nombreux systèmes. » Exit donc les vaches extrêmes, pour privilégier des vaches à potentiel équilibré, c’est-à-dire des animaux pas trop grands, capables de s’adapter à différents systèmes (logettes, aire paillée…), avec des mamelles très fonctionnelles dans l’implantation des trayons (traite robotisée, salle de traite…), et de bons aplombs. « La Montbéliarde doit marcher énormément pour s’alimenter, d’où la nécessité de disposer de bons membres solides qui lui permettent de traverser les lactations, de traverser le temps. Des veaux présentant des défauts au niveau des aplombs ne laissent donc présager qu’un avenir plus compliqué. »

Et c’est là que le bât a blessé chez les jeunes vaches. Un souci au niveau des aplombs s’est fait ressentir chez certaines jeunes bêtes. « Certains sont très coudés sur les membres arrières. Des efforts sont encore nécessaires à ce niveau dans le choix des taureaux. »

La Montbéliarde est capable de donner une valorisation laitière, fromagère mais également sanitaire de par ces taux cellulaires. Et sa valeur bouchère n’est pas à négliger. Aux éleveurs de savoir en profiter et de proposer, comme chaque année, un cheptel en constante évolution. Ce qui semble satisfaire pleinement les membres du Herd-Book.

P-Y L.