Robotisation: les facteurs essentiels d’une réussite durable
Propre, sec et confortable, voici les atouts d’un bâtiment d’élevage adapté. Hygiène, aération, implantation réfléchie des équipements, état des sols ou encore des logettes… aucun de ces éléments ne doit être négligé. En système robotisé comme en salle de traite, ils influencent directement la qualité du lait, mais aussi le bien-être et les performances des vaches.

Plus d’une exploitation sur cinq est actuellement équipée d’un robot, selon les chiffres de Thierry Jadoul, responsable du service technique au Comité du lait. Parmi les exploitations recensées par cet organisme, 60% fonctionnent en salle de traite, 21% avec un robot, 13% sont entravées, 6% mobiles, tandis que moins de 1 % continue à travailler avec un robot trayeur.
Invité lors de la Journée d’étude de Remouchamps, l’expert a rappelé les bonnes pratiques en élevage laitier. Des pratiques qui influencent directement la qualité du lait. L’hygiène reste ainsi primordiale. Du côté des robots, ces machines doivent être lavées trois fois par jour et faire l’objet d’un test deux fois par an, avec, si nécessaire, un audit de traite en cas de doute. Il convient également de disposer d’un tank adapté, de vérifier la position des filtres du robot et de les remplacer régulièrement.
Du côté des vaches, il ne faut pas oublier de contrôler la propreté des trayons. « Le robot les stimule, mais ne les nettoie pas. S’ils arrivent sales, ils le resteront, ce qui peut engendrer des problèmes. Si cet aspect est important en traite classique, il l’est encore davantage en robot », souligne Thierry Jadoul.
Des vaches propres, donc, des trayons aux pattes. Par ailleurs, l’éleveur veillera à éliminer les poils indésirables des pis et des queues, où peuvent s’accumuler de la paille et des matières fécales. Résultat ? Des impacts négatifs possibles sur la pose des manchons trayeurs, sur la charge en coliformes ou encore sur les performances du robot. Il est recommandé de retirer ces poils avec une technique adaptée toutes les six semaines et de couper ceux de la queue chaque trimestre. Une recommandation également valable en salle de traite.
L’importance d’une bonne gestion du tarissement
Thierry Jadoul a également fait le point sur la santé mammaire. À ce niveau, le robot peut devenir un allié précieux en détectant un problème potentiel. L’éleveur devra toutefois s’assurer de mettre en place un protocole de suivi adéquat, de réaliser des prélèvements et d’appliquer les traitements appropriés. En cas de souci, le taux cellulaire du tank à lait reste la référence à privilégier pour s’assurer d’avoir la bonne indication.
Toujours dans l’objectif de maintenir des vaches en forme, une attention particulière doit être portée à l’hygiène des logettes et des sols, ainsi qu’à la qualité des aires paillées. « En robot, je conseille un minimum de 10 m² par vache, voire davantage », précise-t-il. Une étable propre, adaptée, correctement ventilée, dans laquelle les animaux peuvent vivre, s’alimenter ou encore s’abreuver sans contrainte et sans stress est primordial. « Un paramètre à vérifier est le compteur d’eau, afin de s’assurer que les vaches boivent suffisamment », complète le responsable du service technique.
Ce dernier a profité de son intervention pour mettre en avant l’importance du tarissement. « Gérer les taries, bien les tarir et les préparer correctement au vêlage est primordial. 80 % des résultats viendront d’elles. Lorsque j’interviens sur un problème de santé mammaire, ce sont les premières que j’observe ».
Un nombre d’animaux adapté au robot
Thierry Jadoul le rappelle : plus le nombre de vaches par robot augmente, plus la production laitière par animal diminue. Sa recommandation se situe entre 50 et 55 bovins par robot. Un chiffre qui tient compte du bien-être animal tout en réduisant le stress de l’éleveur. « Certains ont diminué leur nombre de vaches et ont malgré tout obtenu la même quantité de lait. Cela a aussi des conséquences sur la santé mammaire. Plus les animaux doivent attendre, plus la traite est retardée, ce qui n’est pas favorable pour eux ».
Choisir le bon nombre de bêtes par rapport à son équipement revêt donc toute son importance. Mis bout à bout, ces différents éléments conditionnent la réussite de cet investissement.
« La littérature montre que la robotisation améliore le bien-être, la production et la qualité du lait. Néanmoins, encore faut-il réunir toutes les clés de réussite, comme un bâtiment adapté, un troupeau préparé, des éleveurs formés, une gestion optimale de la santé animale et un suivi précis et régulier ».
Les résultats dépendront, dès lors, étroitement de la manière dont l’éleveur gère son exploitation, mais aussi du travail des différents intervenants, tels que le vétérinaire, le nutritionniste ou le technicien.
Enfin, avant de se lancer dans cette aventure, l’agriculteur gagnera à se poser plusieurs questions. Citons, par exemple « Comment améliorer la gestion du tarissement, l’aération ou la santé de mes animaux ? », ou même « À quand remonte mon dernier audit de santé de troupeau ou de traite ? ». Autant de réflexions pour faire un choix bien réfléchi avant de passer le cap de la robotisation.





