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Mouches des semis: surveiller les situations à risques

Deux espèces de mouches, d’espèces et de biologie différentes, peuvent faire des dégâts aux céréales implantées après betterave. Il s’agit de la mouche grise des céréales (Delia coarctata) et de la mouche des semis (Delia platura) aussi appelée mouche grise des semis, d’où la confusion possible.

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Pour la mouche grise des céréales, qui pond dans des terres de betteraves au mois d’août, les pontes dans les échantillons étaient très faibles et le risque considéré comme négligeable.

Pour la mouche des semis, les populations peuvent être extrêmement variables d’une parcelle à l’autre, même voisines. Les dégâts sont rares mais peuvent être localement importants. Ces mouches sont attirées par des terres comportant en surface une quantité importante de déchets organiques en décomposition, comme les feuilles de betteraves ou de chicorées broyées après arrachage et non enfouies. Les œufs sont pondus en dessous de ces résidus, les larves se développent en mangeant ce broyat de feuilles puis, si elles n’ont pas atteint le stade pupal, peuvent attaquer les jeunes plantules de céréales qui sont semées par après. Il n’y a pas de produits agréés en céréales contre ces mouches et les techniques de lutte sont avant tout basées sur la prévention et, si cela n’a pas été possible, sur l’évitement. Il faut également préciser que ni la pomme de terre ni le colza ne constituent un précédent à risque pour cette mouche.

Prévention : il est conseillé d’enfouir les résidus de cultures le plus rapidement possible après arrachage des betteraves. Moins longtemps ces résidus restent en surface, moins longtemps la terre est attractive pour les femelles voulant pondre et moins importantes seront les populations de larves.

Évitement : si les broyats de feuilles n’ont pas pu être enfouis rapidement après l’arrachage des betteraves, il faut le faire dès que possible, ce qui arrêtera les pontes, et attendre que les larves présentes terminent leur développement jusqu’au stade pupal, où elles ne font plus de dégâts. Semer les céréales une trentaine de jours après l’enfouissement des résidus de culture est en général considéré comme suffisant sous nos latitudes.

Les conditions météos de ce mois de septembre et de début octobre sont anormalement chaudes et sèches et si cela un impact favorable pour les pucerons, nous n’avons pas de recul suffisant ni de données historiques pour affirmer ou non que le risque lié à la mouche des semis est plus important que les années précédentes. Il est possible qu’on ait l’impression qu’il y ait plus de mouches que les années précédentes mais il s’agit peut-être d’espèces n’attaquant pas les céréales (les mouches du semis sont petites et en général plutôt discrètes). Il est aussi possible que les mouches soient plus actives qu’en temps plus froid et humide mais qu’en termes de quantité, il n’y en ait pas plus que la normale. Vu les dégâts, nous vous invitons à être prudents, à enfouir rapidement ces résidus de culture et, si nécessaire, à postposer les dates de semis.

D’après le CePiCOP,

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