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Préparer son potager pour l’arrivée de l’hiver

Au potager, les travaux de semis, de plantation, de récoltes et de tailles sont en cours depuis la fin de l’été. Les années se suivent et ne se ressemblent pas nécessairement. Actuellement, des cultures sont observées à des dates particulièrement tardives. Les plantations retardées en mai et une fin d’été propice à la croissance ont favorisé ces situations.

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Si les premières récoltes de haricots et de pommes de terre hâtives étaient plutôt décevantes, à l’opposé, celles de début d’automne battent des records dans nos potagers.

L’activité continue, aux récoltes succèdent de nouvelles implantations.

Sous abris et en plein air : des semis et plantations

Il est encore temps pour planter des laitues et le persil sous couches ou en serres. Il s’agit de plantes semées en pots ou en mottes pressées en fin d’été, leurs racines commencent à sortir du contenant. La mâche peut être semée et plantée sous couche et également sous serre.

La tetragone est gélive. ll est donc important de la récolter avant les gels annoncés au niveau du sol.
La tetragone est gélive. ll est donc important de la récolter avant les gels annoncés au niveau du sol. - F.

En plein air, c’est bientôt le bon moment pour planter l’ail d’automne et pour semer les pois d’hiver. Ces derniers seront protégés des pigeons pour éviter de trop gros dégâts durant la prochaine saison.

Installer les protections

Les protections hivernales sont installées progressivement, en tenant compte des prévisions météo : voile, couche, chenille, tunnel, serre, toiles et paillassons. Il est important de veiller à garder la meilleure aération possible des plantes pour éviter les condensations et les pourritures.

Les différents types de récoltes

Il faut récolter les carottes de garde pour éviter la déshydratation des racines récoltées. Nous les alignons sous des couches de sable, dans une cave ou un emplacement frais à température assez constante. Nous pouvons aussi laisser les racines en place, elles supportent facilement des gelées de quelques degrés sous zéro. Si la météo nous annonce de fortes et longues périodes de gel, nous pouvons protéger le parterre de carottes sous une couche de paille ou de feuilles mortes. Nous récoltons alors ces racines au fur et à mesure des besoins. Pour éviter des dégâts de campagnols, la récolte suivie de l’entreposage est une meilleure solution.

Le panais peut rester en place de la même façon que les carottes. Il supporte très bien les températures négatives. En cas d’annonce de gel fort et prolongé, nous le couvrons comme les carottes. Le panais se déshydrate assez vite après la récolte, la protection sous sable est possible pour quelques jours, mais pas pour de longues périodes. Les racines déshydratées sont moins savoureuses.

Le topinambour se conserve très bien dans le sol, jusque fin mars au moins. Quand nous avons récolté les tubercules, leur conservation n’est que de quelques jours. Après mars, les tubercules commenceront à germer, elles seront alors déplacées vers leur nouvel emplacement.

Les betteraves potagères sont récoltées avant fin novembre. Nous pouvons les mettre en silos comme les carottes. Elles se conservent bien de cette manière, par exemple dans une caisse, recouvertes de sable ou de paille. Les céleris-raves sont également récoltés avant les risques de grands froids, et comme les betteraves, ils se conservent bien en silos ou en caisse.

Les poireaux et les choux d’hiver (chou de Bruxelles, chou de Savoie ou chou de Milan) sont récoltés au fur et à mesure des besoins, au moins jusque fin mars. Pour limiter la dégradation de la structure du sol lors de ces récoltes, nous pouvons nous déplacer sur des planches ou sur un fort paillis. La remise en état du terrain pour les cultures du printemps sera plus efficace et moins laborieuse.

La mâche et le persil semblent laisser retomber leur feuillage en cas de gel. Mais dès que la température remonte, le feuillage se redresse.

Les céleris à côtes sont, quant à eux, récoltés avant les risques de gel et avant que la septoriose n’ait fait trop de dégâts.

Concernant les bettes, elles peuvent être récoltées du moment que le gel reste modéré. Après la moitié ou la fin de novembre, les risques de gel altérant le feuillage augmentent.

Nous pouvons arracher un pied de cardon et le transporter avec un maximum de racines jusqu’à un endroit protégé des grands froids. Une cave convient généralement bien. La motte doit rester humide. Les cardes (les nervures des feuilles) restent savoureuses tant qu’elles ne se dessèchent pas.

Les chicorées cultivées pour le feuillage (frisées, scaroles, Chioggia, pain de sucre, de Vérone…) sont récoltées en plein air avant que le froid ne soit annoncé sous les -6ºC. Les plantes installées sous des abris de couche ou de serre sont récoltables encore longtemps.

Les racines de chicon peuvent être récoltées au fur et à mesure de la mise en forcerie. Les racines sont mûres après environ 150 ou 160 jours de végétation. Nous les préparons à la mise en couche et coupons les pétioles des feuilles environ 3 cm au-dessus du collet. Nous raccourcissons les racines à 17 à 20 cm. Nous les plaçons en forcerie sans tarder pour éviter que les racines ne se déshydratent. Si tel est le cas, elles perdront fortement leur potentiel de production. Un test rapide permet de se rendre compte de leur état : si nous tentons de plier une racine, elle doit se briser net, sans plier. Dans le cas contraire, la racine est déjà en déshydratation.

Les choux pommés rouges et blancs sont récoltés avant les gelées plus sévères que – 6ºC. Les risques d’éclatement sont dus à l’automne très doux, à la surmaturité ou à l’arrivé tardive de l’eau. Les pommes éclatées sont à utiliser sans tarder pour la cuisine ou la congélation.

Les courges doivent être récoltées au plus vite, il est déjà tard en saison. Les températures nocturnes fraîches provoquent des pertes importantes. L’humidité persistante aussi. De plus, la conservation des courges récoltées tardivement est courte.

Bien préparer son sol

C’est dès la fin de l’été et en automne que nous pourrons agir préventivement pour entamer l’année culturale suivante dans de bonnes conditions. La météo de l’année n’est que très partiellement influencée par nos actions. Par contre, nous pouvons agir sur la structure du sol et sur les aménagements.

Les récoltes tardives de pommes de terre et de haricots sont généreuses, contrairement aux cultures hâtives.
Les récoltes tardives de pommes de terre et de haricots sont généreuses, contrairement aux cultures hâtives. - F.

En outre, une question revient régulièrement dans les revues ou des sites de jardinage : faut-il bêcher ou pas ? La question posée ainsi est importante, mais elle est réductrice. Il n’y a pas deux techniques de préparation de sol, mais bien plusieurs. Voici les choses essentielles à retenir :

Les matières organiques sont décomposées dans le sol en présence d’oxygène. Nous ne les enfouissons peu profondément ou nous les laissons en surface.

Le sol décompacté laisse pénétrer l’eau en hiver et permet le maintien d’activités biologiques intenses.

Les ados préparés en automne peuvent accueillir les premières cultures de printemps.

La maîtrise de l’enherbement intervient dans nos choix techniques.

Les techniques que nous développons en automne permettent de faciliter grandement notre travail au potager lors de l’année prochaine.

Si notre potager est fortement envahi de plantes sauvages, les travaux de désherbage peuvent être chronophages. Nous pouvons aussi rater des cultures parce que les jeunes semis sont rapidement envahis d’adventices que nous ne maîtrisons plus. Dans ce cas, le retournement de la terre avant l’hiver peut apporter une partie de la solution pour l’année suivante. Le retournement ne doit pas nécessairement être profond. Il se fera sur un peu moins d’une dizaine de centimètres, juste pour recouvrir les matières végétales présentes. Ce travail est suffisant pour la régler le problème des adventices. Si l’automne est doux, des germinations commenceront. Le gel hivernal pourra réduire la nouvelle pousse. Si ce n’est pas le cas, des binages et extirpages légers compléteront le travail au printemps, avant les nouveaux semis.

Si en plus d’être fortement envahi de plantes sauvages, le sol est compacté, nous pouvons le décompacter à l’aide d’un outil à dents jusque 25 cm de profondeur. Une fourche bêche convient bien. Des outils sont également proposés dans les jardineries, sous différentes appellations commerciales. Nous décompactons avant le retournement de surface, c’est plus facile.

La maturation des tomates peut se poursuivre après récolte, à une vingtaine de degrés, avec ou sans lumière.
La maturation des tomates peut se poursuivre après récolte, à une vingtaine de degrés, avec ou sans lumière. - F.

Si le sol est envahi de liserons ou d’une autre plante dont il faut extirper les racines ou rhizomes, un travail en profondeur est nécessaire. Le retournement à la fourche bêche permettra de remonter les racines et rhizomes. Nous ferons sécher ceux-ci avant de gérer leur décomposition dans un tas bien maîtrisable.

Si nous avons la chance d’avoir un potager avec peu d’adventices compliquées à gérer, il n’est pas indispensable de retourner le sol. Le décompacter et le pailler avant l’hiver est une solution. L’eau de pluie pénètre bien dans le sol. Le paillage, qui limite l’apparition d’adventices, se décompose et est partiellement incorporé au sol par la faune naturellement présente. Au printemps, nous retirons le reste de celui-ci pour faire les plantations et semis.

En terrains fort humides, la préparation d’ados en automne permet de faciliter le drainage localement. C’est intéressant de disposer d’une partie de la surface préparée de terre manière pour pouvoir implanter les premières laitues, les premières carottes et autres cultures précoces. Les ados font de 1,2 à 1,5 m de largeur d’axe en axe et une vingtaine de centimètres de hauteur.

F.

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