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L’agriculture dont je rêve

Début février, les agriculteurs nous ont fait part de leurs revendications et la Commission Européenne a fait un beau rétropédalage au sujet des pesticides. Pendant ce temps, on ne donne aucune perspective aux agriculteurs. L’idéal ne serait-il pas qu’ils bénéficient de revenus décents tout en ne devant pas utiliser de pesticides ? Si cela se réalisait, ils ne devraient plus mettre leur santé en danger et auraient vraiment un beau métier.

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Utopie que tout cela ? Pourtant, j’ai entendu à la radio une jeune fermière, par ailleurs docteur en agronomie, qui disait avoir été séduite par le marché laitier canadien. Elle disait que tout le monde en était satisfait. J’en ai trouvé une description dans https ://lait.org/leconomie-du-lait/la-gestion-de-loffre-et-la-mise-en-marche-collective/

Ce système est basé sur les quotas. Pourquoi ne pas faire la même chose en Europe, non seulement pour le lait, mais aussi pour toutes les autres denrées alimentaires. Il faudrait donc à nouveau instaurer les quotas, mais sans faire les erreurs du passé où les fermes les plus intensives, et donc les plus polluantes, étaient récompensées. Le système devrait être conçu pour que tout le monde y trouve son compte, les petites fermes comme les grandes, par exemple avec des quotas par tranche, l’inverse de ce qui existe pour nos contributions, les tranches inférieures étant les mieux valorisées. Les petites fermes bénéficieraient d’un bon prix et les grandes fermes pourraient spéculer sur un marché éventuellement très demandeur pour les tranches supérieures. Ce ne serait plus la course à l’agrandissement et cela aurait pour conséquence de décongestionner le foncier et tout le monde trouverait sa place. Ce serait bien accepté, puisque tout le monde aurait un revenu décent.

L’agriculture dont je rêve est celle où tous les agriculteurs seraient heureux et où ils ne doivent pas agresser la nature pour survivre, car tôt ou tard, la nature se vengera. L’homme n’est pas le maître de l’univers.

E.B.

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