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Une occasion ratée d’encourager les jeunes

Vous le savez, il n’est pas simple d’être agriculteur aujourd’hui, et le défi est encore plus grand si vous êtes un jeune agriculteur. Or, nous entendons partout que l’état offre des aides, du soutien… ; cela particulièrement destiné à ces jeunes fermiers. Magnifique, pensez-vous. La réalité sur le terrain est bien différente.

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Prenons un exemple concret qui témoigne de cela.

Une louable initiative de la ville de Ciney fut de proposer ses terrains agricoles disponibles aux agriculteurs de sa commune, à savoir environ 55 ha. Beaucoup d’agriculteurs ont répondu à l’appel. Parmi les demandeurs, se trouvent une quinzaine de jeunes fermiers.

Bien sûr, il faut un dossier en ordre, ce qui est déjà un parcours du combattant en soi. Les décisions tombent, prises par la Région wallonne, et c’est peu dire que c’est une déconvenue. En effet, sur les quinze jeunes agriculteurs, deux seulement ont obtenu quelques parcelles. Les autres, rien.

Par ailleurs, 60 % des terres disponibles ont été attribuées à une seule personne. Et ce, malgré le souhait de la commune qui avait pourtant présenté un nombre suffisant de parcelles afin de pouvoir satisfaire le plus grand nombre. Mais le système de « points » mis en place dans le cahier des charges (qui en est apparemment à sa première mouture) par la Région wallonne, en a décidé autrement.

C’est là une situation absurde car pour recevoir des terrains à la location, il faut déjà avoir eu une activité permettant de cumuler ces fameux « points » nécessaires à l’obtention des terres.

Nous parlons ici de jeunes qui sont au début de leur parcours (heureusement, il en reste encore quelques-uns !) et sont donc, par la force des choses, dans l’impossibilité d’avoir déjà collationné le même nombre de points que leurs aînés. Or, ce sont eux qui ont le plus besoin de terres à cultiver.

Alors oui, dans le courrier reçu, il est stipulé qu’on peut faire appel à la décision en s’adressant au Conseil d’État. Si vous ne connaissez pas cette procédure, elle est d’une part coûteuse, d’autre part très complexe, d’où la nécessité impérieuse de se faire aider par un avocat, avec les coûts que cela entraîne. Comment pourraient-ils assumer ces frais supplémentaires ?

La Belgique est le pays du surréalisme, dit-on. Ceci en est une bien triste illustration.

Quels sentiments animent ces jeunes aujourd’hui ? De la frustration, de la colère et, surtout, du découragement. En effet, mesdames et messieurs de la Région wallonne, vous avez raté là une belle occasion d’encourager les jeunes agriculteurs, enfin ce qu’il en reste !

Que souhaitons-nous pour la Wallonie et, plus largement, pour la Belgique ? Nous souhaitons une vraie politique d’encouragement pour ces jeunes qui, rappelons-le une fois encore, sont ceux qui nous fourniront la nourriture de demain.

La Ferme du Champia

Chevetogne

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