Courrier des lecteurs : accords UE-Mercosur: amers à coup sûr?
2026 vient à peine de poindre le bout de son nez, et déjà les événements se télescopent dans le grand cirque des actualités et le tourbillon de nos vies, si nombreux et si diversifiés qu’ils nous donnent le tournis ! L’année à venir s’annonce fort chahutée, tout autant que ses précédentes, si ce n’est davantage. On ne s’étonne plus de rien… Quel sera son fil rouge, le mot-clé qui la définira ? Ainsi, en ce qui me concerne, j’ai retenu « Covid-19 » pour 2020, « inondations » en 2021, « guerre en Ukraine » pour 2022, « inflation » en 2023, « langue bleue » en 2024, « Intelligence Artificielle » pour 2025.

Et vous ? Pour résumer ces années, vos mots-clés sont-ils différents des miens ? Fort probablement… Chacun développe son propre narratif des douze derniers mois écoulés, en fonction de ses ressentis personnels. Ces semaines et ces mois ont-ils été un long fleuve tranquille ? Ou plutôt un torrent impétueux hérissé d’écueils, où se sont brisés vos plus fols espoirs ? Plusieurs niveaux se superposent, susceptibles d’influencer nos sentiments : santé, famille, lieu de vie, environnement, travail, actualités… La maladie d’un proche nous affectera au point d’oublier tout le reste ; sa perte nous détruira un temps, puis viendront, ou pas, l’acceptation et la reconstruction. Dans le registre inverse, une naissance, ou un événement heureux, nous enfermeront dans une bulle de pur bonheur qui nous rendra insensible à tout le reste, jusqu’à ce qu’elle éclate sous les coups de boutoir des autres réalités.
« Ma réalité m’a alité », chantait le groupe Téléphone. Les réalités agricoles nous interpellent chaque jour de l’année, relatées dans Le Sillon Belge, lequel nous invite à nous instruire, à découvrir, à réfléchir, à développer notre esprit critique… De quoi parle-t-il donc ces dernières semaines ? Quel est son fil rouge, son mot-clé ? J’y vois souvent inscrit Mercosur en grandes lettres rouges lumineuses qui clignotent comme des quasars parmi les étoiles sur fond bleu de l’Union Européenne.
Comme aurait dit ma grand-mère : «
Mais tout de même, parlons-en, de ce Mercosur superstar ! Il regroupe quatre pays : Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay, dans une Amérique du Sud exsangue, plus que jamais la proie des appétits trumpistes états-uniens. L’Union Européenne voudrait y mettre un pied ou deux, une griffe et quelques dents pour avoir sa part de carcasse, un peu comme des hyènes ou des vautours après les lions, des corbeaux à la suite des loups (puis viennent les mouches, et ainsi de suite). C’est l’image que l’Occident donne aux Sud-Américains, et nous faisons partie de ce casting d’horreur…
La filière agro-alimentaire sera la grande gagnante, mais croyez-vous que les paysans et les petites gens de ces quatre pays exultent de joie à l’idée d’ouvrir leurs portes à toutes sortes de produits européens ? Comme nous, ils se voient déjà victimes d’une « concurrence déloyale ». Ouvrir les vannes entre deux bassins aux niveaux trop différents entraîne pour l’un une baisse de niveau dramatique, et pour l’autre une inondation. Oh, bien sûr, suis-je ignare et bête !, on nous promet des « clauses de sauvegarde » si le débit des importations augmente fortement et cause un
Je ne suis qu’à 10 % convaincu… Et vous de même, sans aucun doute ? Les seuils d’activation sont trop flous, et les procédures sont lourdes. L’UE fait les gros yeux à ses agriculteurs, nous taxe de mauvaise foi quand nous craignons une arrivée « massive » de viande sud-américaine, qui ne représentera, arguent-ils, que 1,2 % de la consommation totale de nos 27 États membres, 99.000 tonnes sur 8 millions. Mais qui faut-il croire ? Ceux qui nous mettent en garde, ou ceux qui chantent les bienfaits de ces accords de libre-échange, destinés à agrandir notre marché, à nous positionner au sein d’un monde devenu commercial jusqu’au bout des ongles, jusqu’au bout de ses griffes ?
Les accords entre Union Européenne et Mercosur seront-ils amers à coup sûr ? « Apaisement » sera-t-il le mot-clé de 2026 ? Rendez-vous dans un an… Et en attendant, meilleurs vœux !





