Terres agricoles: des prix et loyers très diversifiés d’un pays à l’autre
Au sein de l’Union européenne, les prix des terres agricoles varient d’un extrême à l’autre, selon l’étendue du pays et la pression foncière qui y règne. Ainsi, le prix de vente le plus faible est environ 42 fois inférieur au montant moyen le plus élevé payé pour un hectare de terre agricole, à savoir 201.000 €. En matière de fermage, des disparités importantes existent également, entre états et entre régions d’une même nation.

En 2024, le prix moyen d’un hectare de terres arables dans l’Union européenne était estimé à 15.224 €, contre 14.343 € un an plus tôt et 14.014 € en 2022. Entre 2023 et 2024, la hausse s’élève donc à 6,1 %, ce qui est loin d’être négligeable. Le loyer annuel moyen s’élevait, quant à lui, à 295 €/ha (terres arables et prairies permanentes). Ce même fermage était de 277 €/ha en 2023 et 266 €/ha en 2022. Ici également, la progression est conséquente : 6,4 % entre 2023 et 2024.
Ces données, livrées fin janvier par Eurostat (tableau 1), masquent toutefois de grandes disparités entre pays et régions.

À Malte, plus de 200.000 €/ha
En effet, parmi les 23 pays pour lesquels des données sont disponibles, le prix moyen le plus élevé pour 1 ha de terre arable a été constaté à Malte, comme l’an dernier : 201.263 €. Bien qu’en net recul en un an (283.039 €/ha en 2023), ce chiffre témoigne toujours de la faible disponibilité des terres sur l’île et de l’importante pression foncière qui y règne.
Suivent les Pays-Bas, avec un prix moyen relevé par Eurostat de 96.608 €/ha. Le Portugal monte sur la troisième marche du podium (76.556 €/ha). S’y l’on porte un regard sur nos voisins autres que les Pays-Bas, le Luxembourg arrive en cinquième position (48.180 €/ha) tandis que la France se trouve bien loin, avec un prix moyen estimé à 6.400 €/ha. Aucune donnée n’est malheureusement disponible pour notre dernier riverain qu’est Allemagne.
À l’autre extrémité du classement, les prix moyens les plus bas ont été observés en Slovaquie (5.823 €/ha), Lituanie (5.590 €/ha) et Lettonie (4.825 €/ha) ; un trio presque inchangé par rapport à l’année précédente (Slovaquie, Lettonie et Croatie). On y voit, sans conteste, le signe d’une plus faible demande foncière et, probablement, d’une moindre spéculation.
L’institut européen de statistique constate encore que l’achat de terres arables était généralement plus coûteux que l’acquisition de prairies permanentes, et ce dans tous les pays, à l’exception du Luxembourg, et presque toutes les régions de l’Union pour lesquels des données sont disponibles. Le prix moyen d’un hectare de terres arables était environ 3.471 € plus élevé que le prix moyen d’un hectare de prairie permanente.
De très bas prix, en France et Suède
À l’échelle régionale, les contrastes sont encore plus saisissants. À l’exception de Malte, qui constitue une seule et unique région statistique, c’est dans le Flevoland (Pays-Bas) que l’on trouve les terres les plus coûteuses (187.109 €/ha). Suivent la région de Vienne (Autriche, 180.000 €/ha) et la région autonome des Açores (Portugal, 159.141 €/ha). Les prix les plus bas sont observés en Suède (1.933 €/ha dans l’Övre Norrland et 2.650 €/ha dans le Mellersta Norrland) ainsi qu’en France (2.580 €/ha en Franche-Comté).
À titre de comparaison, en Wallonie, l’Observatoire du foncier agricole nous apprend que le prix moyen de vente s’établissait à 41.128 €/ha en Wallonie, en 2024. Avec, ici aussi, d’importantes différences : la région limoneuse namuroise présente le prix moyen le plus élevé avec 69.744 €/ha tandis qu’il retombe à 13.433 €/ha en Haute Ardenne liégeoise.
Des fermages nationaux moyens de 69 à 941 €/ha
Comme les prix d’achat, les montants dédiés aux fermages (terres arables ou prairies permanentes) varient également d’un pays à l’autre. Au sein de l’Union européenne, le loyer moyen s’élevait à 295 €/ha en 2024 (277 €/ha en 2023).
Les Pays-Bas dominent, comme un an auparavant, le classement des pays les plus chers, avec un loyer moyen constaté de 941 €/ha. Suivent le Danemark (580 €/ha) et la Grèce (509 €/ha). En bas du classement, on retrouve Malte (92 €/ha), dans une position diamétralement opposée à celle obtenue dans le classement des prix de vente, la Croatie (76 €/ha) et la Slovaquie (69 €/ha). À titre de comparaison, épinglons nos deux voisins que sont la France (171 €/ha) et le Luxembourg (288 €/ha) tandis que la Belgique affichait un loyer moyen de 340 €/ha.
Comme pour les prix de vente, l’exercice a été réalisé à l’échelle régionale. Avec certaines similarités. La première place du podium est occupée par les Canaries (Espagne, 2.785 €/ha), suivie par le Flevoland, déjà sur le podium précédent (1.825 €/ha), et le Brabant-Septentrional (Pays-Bas, 1.098 €/ha).
En revanche, les régions suédoises d’Övre Norrland et de Mellersta Norrland affichaient les loyers les plus bas (36 €/ha), suivies de près par les régions slovaques de Stredné Slovensko (43 €/ha) et de Východné Slovensko (44 €/ha). Là, les prairies permanentes constituent la principale utilisation des terres agricoles.
Selon Statbel, l’Office belge de statistique, en 2024, les fermages nationaux s’élevaient, en moyenne, à 348 €/ha pour les terres arables et à 299 €/ha pour les prairies. En détail, les terres arables se louaient 446 €/ha en Flandre contre 262 €/ha en Wallonie et les prairies 369 €/ha au nord du pays et 242 €/ha au sud.







