Accueil Editos

Un respect bienvenu!

Temps de lecture : 2 min

Les manifestations agricoles de ces dernières années ont suscité, comme souvent, l’adhésion des consommateurs. Ceux-ci se montrent généralement plus enclins à soutenir une profession qui les nourrit 365 jours par an, que d’autres pour lesquelles ils montrent moins de compassion. Et ce, bien qu’elles soient tout aussi essentielles.

En parallèle, le monde agricole demeure mal compris, frappé de nombreux préjugés, souffrant de caricatures… Tantôt, les productions viandeuses sont mises à mal, tantôt le lait et les produits laitiers sont dénigrés. Avec, en toile de fond, des soupçons de non-respect du bien-être animal. Les épandages de fumier et lisier laissent supposer de potentielles pollutions. Et que dire des odeurs… ou de la circulation des engins ! Quand ce n’est pas l’agriculteur lui-même qui est vu comme un râleur lorsqu’il fait état d’une sécheresse ou, à l’opposé, d’un temps particulièrement pluvieux compliquant les travaux des champs. Bref, chacun semble toujours trouver une raison de pointer du doigt le monde agricole. Phénomène qui s’est accentué avec l’avènement des réseaux sociaux, où il est plus facile de s’exprimer, parfois sous couvert d’anonymat, qu’aller à la rencontre de l’agriculteur du village.

Cette situation n’est, fort heureusement, pas généralisée mais témoigne d’une dichotomie dans le chef de certains consommateurs. La Province de Luxembourg a pris le problème à bras-le-corps (lire en page 5) à travers une campagne un brin provocante, baptisée « La ferme ». Avec deux objectifs : déconstruire les préjugés et proposer au public une plateforme lui permettant d’en savoir plus sur le monde agricole.

Si l’initiative mérite d’être saluée, elle s’accompagne toutefois d’un soupçon de regret. Faut-il que le métier d’agriculteur, l’un des plus anciens mais aussi des plus cruciaux de l’histoire de l’humanité, soit à ce point en souffrance qu’il faille encore le défendre, l’expliquer et le justifier auprès du grand public ? Cette campagne illustre, en filigrane, l’ampleur du fossé qui, dans certaines régions, s’est progressivement creusé entre une partie de la société et celles et ceux qui la nourrissent.

Les agriculteurs et agricultrices ne demandent, quant à eux, que du respect, vis-à-vis d’eux-mêmes, de leur profession et des multiples services qu’ils rendent aux consommateurs. Respect qui passe aussi par une meilleure compréhension des réalités du terrain, loin des raccourcis et des jugements hâtifs. Cela ne paraît pas être une demande démesurée pour un secteur qui assure sa mission sans interruption, en dépit des difficultés et inquiétudes qui jalonnent son quotidien.

Jérémy Vandegoor

A lire aussi en Editos

Voir plus d'articles