Lait : le parlement appelle la commission à intervenir sur le marché
Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture critiquent l’attitude attentiste de la commission vis-à-vis de la crise laitière qui s’annonce. Beaucoup demandent le lancement d’un programme de réduction volontaire de la production.

Selon les chiffres de l’observatoire européen du marché laitier, le prix du lait à la ferme dans l’UE a en effet entamé une baisse depuis le mois d’août 2025, à la faveur de conditions météorologiques propices et d’une forte augmentation de la collecte laitière tirée par les prix élevés. La production a fortement augmenté de 5,7 % (+ 650.000 t) en 2025, avec la moitié de cette hausse en Allemagne et en France. Résultat : le prix moyen du lait à la ferme dans l’UE se situait en décembre 2025 à 48,15 centimes/kg, soit un niveau inférieur de 12 % à celui de décembre 2024. Et surtout, dans de nombreux pays, les coûts de production sont désormais supérieurs aux prix de vente. Une légère hausse du prix du lait est observée depuis janvier mais celle-ci devrait être remise en cause par la guerre déclenchée au Moyen-Orient qui va entraîner une nouvelle flambée des coûts de production (énergie, engrais…).
La commission rechigne
Le socialiste français Éric Sargiacomo a, par ailleurs, demandé l’ouverture d’une enquête de l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) pour s’assurer du bon fonctionnement du marché à terme du beurre de l’EEX à Leipzig où, selon lui, la spéculation totalement « déconnectée de la réalité des agents économiques » est en partie responsable de la chute des prix du lait.
« La question est toute simple : est-ce que la Commission européenne a l’intention d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard ? », résume l’eurodéputé roumain Daniel Buda (PPE). Pour l’instant, Bruxelles se contente de surveiller le marché et rappelle qu’en 2016, le programme de réduction de la production avait coûté 150 millions d’euros pour diminuer de 1 % la collecte laitière dans l’UE. Aux niveaux de prix actuels, un tel programme coûterait aujourd’hui encore plus cher. La représentante de la DG Agri en charge des marchés, Brigitte Misonne, a souligné que la réserve agricole (dotée de quelque 450 millions €/an) est destinée à tous les secteurs agricoles.
Et d’ajouter : « Chaque année nous puisons de plus en plus dedans, notamment pour répondre aux conséquences des aléas climatiques ». Elle a mis en avant plusieurs outils ou facteurs qui pourraient apporter des solutions aux éleveurs laitiers : la récente révision de l’OCM qui impose les contrats écrits par défaut mais aussi l’accord de libre-échange conclu avec le Mercosur qui va ouvrir des quotas d’exportation de 10.000 t de poudre de lait, 30.000 t de fromage et 5.000 t de lait infantile.








