Les retraits et les nouveautés des matières actives en céréales
Comme chaque année, des substances actives sont retirées du marché. Triazoles, strobilurines, SDHIs, tout le monde y passe. Voici les dernières informations concernant la révision de celles-ci.

Les produits de protection des plantes (PPP) sont composés d’une ou plusieurs substances actives qui définissent le spectre d’efficacité. Avant de pouvoir être incluse au sein de produits formulés, chaque substance active doit être homologuée au niveau des autorités européennes.
Lors de son premier enregistrement, la substance active est autorisée pour une période maximale de 10 ans. Après ce délai, elle doit faire l’objet d’une nouvelle évaluation en vue du renouvellement, ou non, de son homologation.
Trois ans avant l’expiration, la firme doit annoncer si elle souhaite soutenir le renouvellement de sa molécule. Si la substance active n’est pas soutenue, son autorisation est automatiquement retirée à sa date d’expiration. Si la firme décide de soutenir le renouvellement de la molécule, elle devra déposer un nouveau dossier d’homologation auprès des autorités européennes. Si les critères d’approbation et les conditions de restriction sont toujours respectés, l’autorisation de la substance active pourra alors être renouvelée pour une période pouvant aller de 5 à 15 ans.
Qu’en est-il des triazoles ?
Depuis 2014, les triazoles, largement utilisés dans les fongicides céréaliers, font l’objet de révisions approfondies. Plusieurs d’entre eux ont été retirés du marché, notamment le propiconazole, l’époxiconazole et le cyproconazole, dont l’utilisation est désormais interdite.
Le tableau 1 reprend les dates d’expiration des triazoles encore présents sur le marché (mise à jour réalisée le 23 janvier 2026).

L’Union européenne ne retire pas automatiquement l’approbation à la date d’expiration si le dossier de renouvellement n’est pas encore finalisé. Elle prolonge administrativement la période d’approbation afin d’éviter une interruption soudaine de l’autorisation d’utilisation, le temps que l’évaluation scientifique soit achevée et qu’il y ait une décision finale sur le renouvellement.
La perte de certains triazoles (notamment le tébuconazole dont l’autorisation expire le 15 août 2026) limite considérablement le choix des produits et donc les options de traitements possibles.
La révision des SDHIs
Les années passent et, après la révision des triazoles et des strobilurines, c’est au tour de la famille des SDHIs d’être examinée par les experts européens. Excepté l’isopyrazam, qui a perdu son autorisation le 19 mai 2022 à la suite de son reclassement par l’ECHA (10 décembre 2020) en tant que substance toxique pour la reproduction de catégorie 1B et cancérogène de catégorie 2, aucun autre SDHI n’a encore été révisé. Le tableau 2 reprend les dates d’expiration provisoires des SDHIs encore présents sur le marché (mise à jour le 23 janvier 2026). Un nouveau report de la validité a été réalisé au cours de l’année 2025 au vu de l’avancement des révisions.

Les strobilurines sous dates provisoires
Au même moment que les triazoles, la révision de la famille des strobilurines a, elle aussi, commencé en 2014 avec la trifloxystrobine. Cette dernière a obtenu son renouvellement le 26 juillet 2018. Depuis, les autres strobilurines sont toujours en cours de révision. Le tableau 3 présente les dates d’expiration provisoires des strobilurines encore disponibles sur le marché (mise à jour le 23 janvier 2026). Certaines ont bénéficié d’un nouveau report de validité au cours de l’année 2025, compte tenu du retard dans les dossiers de révision.

Les Pfas en sursis
La question de l’avenir de certaines molécules Pfas se pose actuellement. À ce jour, aucune restriction d’usage phytosanitaire spécifique aux Pfas n’a été définitivement publiée pour 2026-2027. Toutefois, le sujet est très suivi en Europe, car certains métabolites de substances phytosanitaires sont classés comme Pfas. Nous n’avons pas encore d’informations à transmettre, mais nous veillerons à suivre attentivement les dernières décisions afin d’ajuster nos protocoles et de trouver les solutions permettant de maintenir une protection efficace des cultures.
Deux nouvelles molécules pourraient prochainement rejoindre le marché. Le pydiflumetofen (Syngenta, sous le nom d’Adepydin), attendu à partir de 2028, offre un spectre d’action intéressant, notamment contre la septoriose du froment, et est déjà testé depuis plusieurs années dans nos essais. Le methyltetraprole (Sumitomo-Philagro), dont l’approbation est espérée pour le printemps 2028, ciblera notamment la septoriose du froment, l’helminthosporiose et la ramulariose de l’orge. Tout cela dépendra bien entendu de la validation des dossiers.
Les nouveaux mélanges disponibles pour 2026
Comme évoqué dans le paragraphe précédent, avant de pouvoir être présente au sein des produits formulés, chaque substance active doit être homologuée au niveau des autorités européennes. Dès qu’une substance active est autorisée au niveau européen, les firmes phytopharmaceutiques sont en droit de déposer des dossiers d’homologation pour des produits contenant cette substance active, en vue de leur mise sur le marché. Une fois le produit agréé (au sein d’un pays), son autorisation court pendant la période déterminée dans l’Acte d’agréation.
Il n’y a ni retrait majeur, ni nouvelle matière active spécifique pour 2026.
Pour la saison 2026, plusieurs « nouveaux » mélanges fongicides sont disponibles sur le marché depuis 2025 (tableau 4). Pour plus de détails sur les produits (doses, stades d’application, etc.), veuillez consulter les pages jaunes à la fin de ce livre. Il est important de noter qu’il ne s’agit pas de nouvelles molécules, mais plutôt de mélanges, noms ou des concentrations de substances actives différentes.

Cra-w, Livre Blanc, février 2025





