Quelles sont les solutions efficaces contre les vivaces en maïs ?
Liserons des haies, repousses de pomme de terre ou de chicorée witloof, souchet comestible… Face à ces adventices, il convient d’opter pour le schéma opportun. En la matière, des solutions efficaces sont toujours disponibles sur le marché.

La présence d’adventices peut sérieusement affecter le potentiel de développement de la culture de maïs. Ainsi, la présence de graminées et autres dicotylées annuelles requiert l’adoption d’une stratégie adéquate (lire notre édition du 16 avril). Mais ce ne sont pas les seules que l’on rencontre… C’est pourquoi le Centre indépendant de promotion fourragère (Cipf) livre également ses recommandations en matière de lutte contre les vivaces.
Face aux liserons des haies
La principale difficulté réside dans l’apparition échelonnée des liserons et la difficulté de détruire le système racinaire en profondeur. Au schéma de base, un produit spécifique devra être ajouté. Il s’agit soit du Banvel 0,4 l/ha, soit du Kart 0,7 l/ha, soit Trevistar 0,75 l/ha, soit du Casper 200 gr/ha. En cas de forte infestation, une correction 7 à 10 jours après le premier traitement procurera les meilleurs résultats. Celle-ci peut être effectuée avec du Banvel 0,2 l/ha, du Kart 0,5 l/ha + Peak 10 gr/ha ou du Casper 100 gr/ha
En cas de repousses de pomme de terre
Les repousses de pomme de terre sont bien combattues « au stade 10 à 15 cm » des bouquets foliaires les plus développés par un traitement impliquant du Callisto 100SC 1 à 1,25 l + partenaires en fonction de la flore présente. Les associations Callisto 100 SC1 l + [Starane Forte 0,4 l ou Banvel 0,4 l] + Akris 1,6 l permettent également de bien détruire les repousses présentes.
Lutter contre le souchet comestible
Le souchet comestible (Cyperus esculentus) est une plante vivace et envahissante qui ne cesse de s’étendre. En Belgique, elle est présente sur plus de 25.000 ha en très large majorité localisés en Flandre. En Wallonie, les foyers sont ponctuels mais en forte augmentation surtout en Hainaut. D’après les agriculteurs concernés, l’origine de ces dernières contaminations proviendrait d’étalement de terres de déterrage issues d’usine de transformation de la pomme de terre.
Avant d’envisager une lutte chimique, différentes méthodes préventives doivent être respectées. Le tracteur et les outils de travail du sol peuvent disperser le souchet sur une ferme en transportant de ses micro-tubercules entre les parcelles. Il est donc essentiel de bien nettoyer les machines et outils lorsque ceux-ci ont été utilisés dans un champ où le souchet est présent. Il convient également de prendre toutes les précautions pour ne pas épandre sur des parcelles saines des résidus de récolte ou de la terre provenant de parcelles déjà infestées.

Pour les agriculteurs qui auraient repris des terres de déterrage de pomme de terre provenant d’usine de transformation, il est préférable, si c’est encore possible, de les laisser en tas quelques années avant de les étaler et vérifier qu’il n’y a pas un développement de cette adventice.
En cas de location ou mise à disposition d’une terre, le locataire éventuel doit être informé par écrit de la présence du souchet et un document doit être signé de commun accord. Quelques parcelles de betteraves infestées par le souchet ont déjà fait l’objet d’un refus d’arrachage par la sucrerie.
L’agriculteur qui possède une parcelle infestée de souchet comestible doit renoncer à cultiver sur celle-ci toute culture susceptible d’exporter de la terre telle que des pommes de terre, des betteraves sucrières ou fourragères, chicorée, légumes racines, plantes à bulbes…
Concernant la lutte chimique
Les tubercules de souchet se trouvant à différentes profondeurs dans le sol, l’apparition des plantules est assez étalée dans le temps et la lutte nécessite deux passages. Le premier s’effectue au stade 5 à 15 cm des souchets, vers le stade 5° et 6° feuille visible du maïs. Une destruction de 85 à 90 %, en fonction des conditions d’humidité, peut être obtenue avec un traitement Callisto 100SC 0,8 l + Onyx 0,75 l + Frontier Elite 1 l/ha ou Botiga 1 l/ha + Monsoon Active 1 l + Frontier Elite 1 l/ha suivi d’un second traitement appliqué deux semaines après le premier avec Osorno 0,75 l + Onyx 0,75 l.
La dérogation de 120 jours accordée pour l’incorporation du Frontier Elite vient utilement compléter la boîte à outils dans cette lutte. Les essais menés par le Cipf à Welkenraedt en ont démontré l’intérêt. Sur une parcelle fortement infestée de souchets comestibles (104 plants/m²), l’incorporation du Frontier Elite a permis de réduire les levées de 94 %. Cette efficacité a ensuite facilité la mise en place d’un traitement correctif, en intervenant sur une population nettement diminuée.
Centre pilote maïs, Cipf, UCL – Louvain-la-Neuve





