Accueil Economie

Le 20 mai, journée mondiale de l’abeille

Mortalité élevée des colonies, dépendance croissante aux importations, pression des miels à bas prix et soupçons de fraude : à l’occasion de la Journée mondiale de l’abeille, les acteurs du secteur alertent sur la fragilité de l’apiculture européenne. En Belgique, où la production reste limitée malgré un nombre croissant d’apiculteurs, les abeilles apparaissent plus que jamais comme un maillon essentiel de l’agriculture et de la biodiversité.

Temps de lecture : 4 min

À l’occasion de la Journée mondiale de l’abeille, célébrée le 20 mai, le constat est loin d’être rassurant. Derrière l’image paisible des ruches et des pots de miel artisanaux se dessine une réalité autrement plus fragile : mortalité croissante des colonies, dépendance européenne aux importations, pression des prix et multiplication des fraudes mettent aujourd’hui l’apiculture sous tension. En Belgique, comme ailleurs en Europe, les abeilles deviennent ainsi le révélateur d’enjeux bien plus vastes, touchant à la biodiversité, à l’agriculture et à notre alimentation.

La Belgique, petit producteur au cœur d’un marché sous tension

La Belgique compte désormais quelque 11.300 apiculteurs déclarés, un chiffre en hausse constante depuis une décennie. Pourtant, cette progression masque mal les difficultés du secteur. Selon les données suivies par l’Afsca, près d’un tiers des abeilles observées n’a pas survécu entre l’automne 2023 et l’été 2024. Le parasite varroa reste la principale menace, tandis que le frelon asiatique poursuit lui aussi sa progression.

Le paradoxe belge est d’autant plus frappant que le pays produit relativement peu de miel à l’échelle européenne. Avec environ 2.700 tonnes produites en 2022, la Belgique demeure loin de couvrir sa propre consommation, estimée à plus de 5.000 t/an. Le pays importe donc massivement du miel, notamment depuis la Chine, l’Ukraine ou l’Argentine, avant d’en réexporter une partie vers d’autres marchés européens. Cette position de carrefour commercial renforce les questions de traçabilité et de qualité, dans un contexte où le marché européen reste particulièrement exposé aux miels à bas prix.

À l’échelle de l’UE, la situation n’est guère plus confortable. Bruxelles ne couvre qu’environ 60 % de ses besoins en miel et dépend largement des importations venues de pays tiers. Dans le même temps, les coûts de production explosent pour les apiculteurs européens, notamment en raison de la hausse des dépenses liées à l’alimentation des colonies. Les écarts de prix donnent la mesure du déséquilibre : certains miels importés arrivent sur le marché européen à des niveaux proches de 1,30  €/kg, quand les miels locaux commercialisés en Wallonie ou à Bruxelles dépassent souvent les 16 €/kg au détail.

À cette pression économique s’ajoute la question de la fraude. Selon les données citées par BeeLife, près de 46 % des échantillons de miel importé analysés dans l’UE ont été suspectés de non-conformité à la directive Miel, notamment en raison de pratiques d’adultération ou d’étiquetage trompeur. Une situation qui fragilise davantage encore les producteurs européens.

Au-delà du miel, la bataille pour les pollinisateurs

Mais réduire la question des abeilles à la seule production de miel serait une erreur. Les pollinisateurs jouent un rôle central dans les équilibres agricoles et écologiques. Sans eux, certaines cultures fruitières ou maraîchères deviendraient beaucoup plus vulnérables. BeeLife rappelle d’ailleurs que des produits emblématiques du terroir belge, comme le véritable Sirop de Liège ou certains jus artisanaux, dépendraient alors davantage de fruits importés.

Pour les apiculteurs, les difficultés ne relèvent pas seulement du marché. Les paysages agricoles, l’usage des pesticides, la raréfaction des ressources florales ou encore les monocultures influencent directement la santé des colonies. Lorsque ces équilibres se dégradent, les conséquences sont immédiates : mortalité accrue, coûts supplémentaires pour nourrir les ruches, rendements plus faibles et perte de confiance des consommateurs.

C’est dans ce contexte que BeeLife lance « EUBeeLovers », une campagne européenne de sensibilisation qui sera déployée en Belgique jusqu’en 2028. L’organisation souhaite mieux informer le public sur la valeur du miel européen, la traçabilité des produits et le rôle essentiel joué par les abeilles dans la pollinisation et la sécurité alimentaire.

A lire aussi en Economie

Femmes en agriculture: l’égalité toujours au milieu du gué

Economie Dans les campagnes wallonnes, les femmes sont partout. Elles assurent une part considérable du travail quotidien, participent à la gestion des exploitations, développent des activités de diversification, prennent en charge l’administratif, la vente directe, les soins aux animaux ou encore la transformation des produits. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’accéder officiellement à la direction des fermes, leur présence reste largement minoritaire. C’est ce décalage persistant qu’a mis en lumière, le 9 avril dernier, la députée socialiste Mélissa Hanus lors d’une question adressée à la ministre Dalcq.
Voir plus d'articles

Trouvez un emploi dans le secteur agricole et horticole

Gevagri SA

Frasnes-lez-Gosselies, Hainaut

Postuler maintenant

Centre wallon de Recherches agronomiques - CRA-W

Neufchâteau, Luxembourg

Postuler maintenant

Trouvez l'employé qui vous convient vraiment.

Publier une offre d'emploi
Voir toutes les offres d'emploi