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Le métier d’étalonnier, vu par une amie des chevaux

Le sillon belge est un agréable journal lu par une majorité d’agriculteurs mais surtout par des personnes partageant l’amour de la nature dans toutes ses expressions. Pour ceux et celles qui, comme moi, ne sont experts en rien mais intéressés par tout, je me suis attardée en toute modestie sur le métier d’étalonnier, métier peu fréquent aujourd’hui.

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Celui-ci s’apprend comme tout autre métier mais nécessite quand même certaines qualités car il ne s’agit pas de manipuler des machines-outils, mais bien des êtres vivants ayant chacun des caractères et attitudes différents. Si la saillie est un acte naturel depuis la nuit des temps, l’étalonnier doit néanmoins parfois faire preuve de patience ou de fermeté.

Avant de passer à l’acte, il est préférable de mettre les deux partenaires en présence afin qu’ils fassent connaissance. La jument est ainsi présentée sans stress et sans contrainte, car bien qu’elles soient en chaleurs et disponibles, certaines n’acceptent pas le mâle si facilement.

De par mon inexpérience sûrement et mon respect et amour pour l’animal, peut-être, j’accepte difficilement certaines pratiques telles que les entraves mises à la jument. Sans entrer dans les détails, les entraves maintiennent les membres postérieurs et l’empêchent de « botter » et blesser, parfois gravement, l’étalon. Certaines juments, plus nerveuses ou apeurées par un environnement inconnu sont donc maintenues de cette façon. Dans certains haras nationaux, notamment en France, cette méthode est d’ailleurs obligatoire.

J’entends bien les arguments de l’étalonnier qui peut voir sa saison de saillie perdue par un mauvais coup porté au cheval. Mais voilà, aujourd’hui tout est question de minutage, calendrier, programme ou emploi du temps et bien entendu d’argent. Un bon étalon coûte cher. Les saillies et les échos ont également un prix conséquent. Je déplore tout cela.

Il me semble pourtant qu’il suffirait, la plupart du temps, d’un peu de temps, de préparation, de patience pour ne pas employer systématiquement des moyens aussi drastiques. Je suis tout aussi troublée par les éleveurs qui provoquent des chaleurs à contre temps ou ceux qui représentent à l’étalon des juments qui viennent à peine de pouliner. Je sais que la coutume est courante et sans danger, mais les juments déjà affaiblies par un poulinage ne devraient-elles pas récupérer un tant soit peu.

Pour les étalons « Haflinfer » une expertise au stud-book national d’Oud-Héverlée est programmée tous les ans en février, les étalonniers présentent leur(s) étalon(s) à un jury qui remettra un jugement suivant des critères physiques, comportementaux, génétiques et probablement bien d’autres qu’une néophyte comme moi ne peut connaître.

Les premières saillies se feront en février pour un poulinage en janvier 2018. Mais les juments ont-elles des chaleurs naturelles assez convaincantes en février lorsqu’on sait que la température extérieure et la luminosité ont un certain impact ?

Voilà les questions que je me pose sous un regard et une appréciation toute personnelle.

Marie-Christine

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