Un Plan bio révisé et adapté aux réalités du terrain
Frappée de plein fouet par l’inflation, découlant notamment de la guerre en Ukraine, la consommation de produits bio s’est affichée en baisse ces dernières années. En parallèle, la production ne connaît plus les mêmes périodes de croissances que par le passé. Dans ce contexte, la Wallonie n’a pas d’autre choix que d’adapter son Plan bio.

À l’occasion de la présentation des chiffres du bio 2025, la ministre wallonne de l’Agriculture, Anne-Catherine Dalcq, a insisté : « La filière bio est activement soutenue par le Gouvernement wallon, notamment à travers la majoration des aides à la conversion (ndlr : passée de 150 à 200€/ha pour cette campagne 2026), permettant ainsi de mieux accompagner les agriculteurs durant leurs premières années sous ce mode de production ». Elle entend également soutenir le développement des filières bio et leur visibilité, pour faire en sorte que l’offre et la demande se rencontrent.
Une révision du Plan bio…
Malgré ce soutien, l’objectif d’atteindre 30 % de la surface agricole utile sous contrôle bio à l’horizon 2030, soit 5 % de plus que souhaité par l’Europe, paraît presque inatteignable. Les chiffres avancés par Biowallonie font état, pour 2025, de 12,1 % de la SAU wallonne sous régime bio.
Un constat que la ministre semble également avoir fait. « Nous préparons actuellement une révision du Plan bio 2030 pour la période 2027-2030 », confirme-t-elle. L’évaluation et l’adaptation sont conduites sur base des évolutions observées ces dernières années, afin d’adapter le Plan aux réalités du terrain.
Cette nouvelle mouture misera principalement sur la structuration des filières, en vue de rendre les produits bio disponibles pour les consommateurs. « La demande doit pousser l’offre », annonce-t-elle.
La ministre a également confirmé qu’un travail est actuellement mené sur les coûts de certification, notamment en comparant ce qui se fait dans d’autres États membres de l’Union européenne.
… et des discussions au sujet des cotisations
En parallèle, le projet de fusion entre l’Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de Wallonie (Apaq-w), le Collège des producteurs et Biowallonie se poursuit. « Sans pour autant que le bio soit dilué dans la nouvelle structure à venir », rassure Anne-Catherine Dalcq. Dans le cadre de ce projet, une discussion sera également menée quant aux cotisations versées à l’Apaq-w par les opérateurs bio.
Enfin, Anne-Catherine Dalcq mise sur la recherche dédiée à l’agriculture bio, tout en maintenant une approche de terrain. « La connaissance scientifique doit déboucher sur des outils pratiques mis à disposition des producteurs. » Elle évoque notamment un important projet de recherche d’alternatives au cuivre, matière active essentielle en vignes et pommes de terre, dont la remise en question se fait de plus en plus forte.





