Il ne manque «qu'une décision politique» pour arrêter la promotion de la malbouffe
Il est temps de donner un coup d'arrêt à la publicité pour les produits alimentaires trop gras, trop sucrés ou trop salés, cette «malbouffe» qui a un coût réel en termes de santé et pèse finalement sur le budget de la Sécurité sociale. C'est en tout cas l'avis de plusieurs dizaines d'organisations, entre autres du secteur de la santé et de défense de l'environnement, qui communiquent mardi une lettre ouverte en ce sens, adressée au ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke.

Les signataires du courrier plaident pour une «interdiction progressive de la publicité promouvant la malbouffe». Ils partent du constat que, jusqu'ici, le secteur publicitaire garde la main, fort de son empreinte économique, malgré la prise de conscience de l'impact de la publicité sur les comportements, entre autres en termes d'alimentation des jeunes.
«L'autorégulation, à l'aide de codes divers et variés, et l'autocontrôle via des organes auto-institués, principalement le Jury d'éthique publicitaire, rendant des avis non contraignants: c'est le modèle qui s'est imposé en Belgique». Cette autorégulation est cependant bien insuffisante, affirment les auteurs de la lettre ouverte, communiquée mardi par l'ASBL Canopea, qui fédère plus d'une centaine d'associations environnementales belges, et FIAN, une association qui défend le droit à une alimentation de qualité pour tous. Selon cette dernière, qui a publié en 2024 une étude sur le sujet, il suffirait d'un arrêté royal pour restreindre ou interdire la publicité pour les produits classés D et E dans le système Nutri-Score, au nom du droit à la santé reconnu entre autres dans la Constitution.
«Nous plaidons au nom de l'intérêt général pour une intervention ferme des autorités politiques et pour l'interdiction de la publicité pour la malbouffe. Cette demande est largement partagée par la population». Les enfants et adolescents exposés à la promotion de la malbouffe, particulièrement ceux issus de populations défavorisées, sont «les premières victimes», rappelle le texte. «Il ne manque qu'une décision politique».
Le plaidoyer est signé par des dizaines d'organisations, parmi lesquelles la Ligue des Familles, Test-Achats, la fédération des services sociaux, des associations liées à l'agriculture paysanne et au circuit court, les différentes mutualités du pays, ou encore les fédérations flamande et francophone des diététiciens.
La demande sera aussi relayée aux élus de la commission Santé de la Chambre, qui auditionnent mercredi matin plusieurs experts (SPF Santé publique, Sciensano, Afsca...) au sujet du Nutri-Score.








