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Intercultures courtes après légumineuses: à couvert!

La récolte des légumineuses débute généralement à la mi-juin. Après celle-ci, la dégradation des fanes et du système racinaire libère dans le sol une quantité importante d’azote. Si le sol reste nu de la récolte jusqu’au semis de la culture d’automne, une partie de cet azote risque d’être entraîné vers les nappes souterraines par les eaux pluviales. Mettre en place une culture intermédiaire permet de limiter ces pertes tout en valorisant l’azote disponible pour la culture suivante.

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Certaines cultures sont particulièrement intéressantes après une légumineuse pour valoriser l’azote libéré par les résidus. Le colza, grâce à son implantation en fin d’été et sa croissance en automne, est capable de prélever efficacement cet azote disponible dans le sol. Certains légumes semés en été et nécessitant une fertilisation azotée élevée sont également intéressants.

En zone vulnérable, entre une légumineuse récoltée avant le 15 août et un froment d’hiver semé plus tardivement, l’implantation d’une Cipan en interculture courte est obligatoire. Bien en place, ce couvert pourra prélever l’azote présent dans le profil puis, une fois détruit, le restituer à la céréale. Toutefois, il est primordial de choisir une espèce qui garantira un prélèvement maximal sur une courte période, tout en assurant une restitution optimale. En cette période de l’année, les conditions de température et d’ensoleillement maximisent les possibilités en matière de culture de couverture.

La dégradation des fanes et du système racinaire des légumineuses libère dans le sol une quantité importante d’azote qui peut être valorisée pour la culture suivante grâce à l’implantation d’une interculture.

La date de semis reste déterminante

Pour les intercultures courtes, les espèces à installation rapide doivent être privilégiées. Le nyger, la moutarde, l’avoine blanche et la phacélie sont recommandés car elles ont la capacité de prélever une grande quantité d’azote en peu de temps.

L’efficacité d’une Cipan dépend fortement de sa date d’implantation. Plus le semis est précoce, plus le couvert pourra produire de biomasse et capter de l’azote. Semé en juillet après récolte de pois, le nyger est capable de prélever des quantités importantes d’azote. Alors que pour un semis prévu fin août, il sera préférable de se tourner vers une moutarde. Les semis de la phacélie et d’avoine de printemps sont, quant à eux, favorables de début juin à la mi-août.

Si l’exploitation est tournée vers la production de légumes, il faudra également éviter les espèces et variétés qui maintiennent ou développent l’inoculum de certaines maladies ou ravageurs.

Le tableau 1 reprend les principales caractéristiques de ces espèces qui peuvent être implantées lors d’une interculture courte.

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Intercultures courtes : un APL faible…

Des essais menés sur plusieurs années montrent que certains couverts peuvent prélever jusqu’à 110 kg d’azote par hectare ( figure 1) en seulement deux à trois mois de végétation. Les légumineuses pures (testées, mais non autorisées) sont moins performantes pour piéger le nitrate que les associations avec ou sans légumineuses.

Figure 1: évolution du reliquat d’azote minéral en fonction du type d’interculture implanté en juillet après récolte de pois et détruit en octobre avant le semis d’un froment d’hiver (moyennes mesurées de 2012 à 2016), UCLouvain-Earth and Life Institute, Greenotec.
Figure 1: évolution du reliquat d’azote minéral en fonction du type d’interculture implanté en juillet après récolte de pois et détruit en octobre avant le semis d’un froment d’hiver (moyennes mesurées de 2012 à 2016), UCLouvain-Earth and Life Institute, Greenotec.

Dès la destruction des couverts, leur décomposition entraîne une libération d’azote qui est déjà qui est déjà significative deux mois après le semis du froment d’hiver.

La minéralisation des couverts associant des légumineuses (maximum 50 %) est sensiblement plus rapide.

… et un rendement préservé en froment

Lorsqu’ils sont bien gérés, les couverts de type moutarde, phacélie ou nyger n’ont généralement pas d’impact négatif sur le rendement du froment suivant. L’ajout d’une légumineuse dans le mélange peut même renforcer l’effet « engrais vert » grâce à une restitution plus rapide de l’azote après destruction.

L’avoine implantée en pur semble parfois entraîner une légère baisse du potentiel de rendement.

Une destruction adéquate

La destruction doit intervenir dès que les conditions sont favorables, à partir du 1er  octobre. Il convient de laisser le couvert se décomposer après incorporation au sol avant de semer la céréale. En cas de biomasse importante, il est conseillé de broyer ou de « mulcher » le couvert avant le labour afin d’éviter l’enfouissement de matière organique fraîche en fond de raie, ce qui pourrait pénaliser l’implantation de la céréale.

Pour les agriculteurs qui ont besoin d’aide pour choisir leur couvert, le module Cipan développé par Protect’eau (www.modulecipan.be) permet de trouver les espèces les plus adaptées à chaque situation.

D’après Protect’eau

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