Pacte-vet rural : un signal fort pour l’avenir de la médecine vétérinaire rurale
C’est un fait : la pratique rurale attire moins de jeunes diplômés. Face à cette problématique, le pacte-vet rural souhaite apporter une réponse concrète. Ce plan vise à accompagner et à soutenir les vétérinaires avant, pendant et après leur installation en ruralité. Et ce, en combinant plusieurs leviers tels que l’immersion précoce dans la pratique rurale, le mentorat ou encore la valorisation du métier auprès des étudiants, des éleveurs et du grand public.

Désormais reconnu par les autorités régionales, le lancement de ce plan marque une étape importante, comme le signale l’Union professionnelle vétérinaire (UPV). Avec le pacte-vet rural, la médecine vétérinaire rurale est pleinement reconnue comme un enjeu stratégique pour la Wallonie. Elle ne concerne pas uniquement ces professionnels : elle touche directement la santé des troupeaux, la sécurité alimentaire, la surveillance sanitaire, le bien-être animal, la viabilité des exploitations agricoles et l’équilibre de nos territoires ruraux.
« Dans un contexte marqué par l’émergence de nouvelles menaces sanitaires, la nécessité d’anticiper s’impose comme une évidence. Ce plan s’inscrit pleinement dans cette approche de prévention et de protection des outils agricoles. Il contribue à renforcer la capacité de notre région à faire face aux défis sanitaires de demain, en consolidant un maillon essentiel de son dispositif de vigilance et d’intervention : la médecine vétérinaire de terrain », souligne l’UPV.
En effet, depuis plusieurs années, les signaux sont clairs... La pratique rurale attire moins de jeunes diplômés, les installations deviennent plus difficiles, malgré un domaine encore attractif sur le plan économique et un secteur dynamique. « Sans action structurée, la Wallonie risque de voir s’affaiblir progressivement un pilier fondamental de sa souveraineté sanitaire et agricole ». Le diagnostic Obsvet avait d’ailleurs permis de mesurer avec précision ces réalités, et les conditions de ce travail au niveau mondial.
Plusieurs leviers pour accompagner les jeunes diplômés
Concrètement, ce nouveau plan permet d’activer plusieurs leviers : soutien à l’installation, immersion précoce dans la pratique rurale, mentorat, formation à la gestion, prévention de l’isolement, accompagnement des maîtres de stage, structuration des pratiques collectives et valorisation du métier auprès des étudiants, des éleveurs et du grand public. Bref, ce dernier repose sur une conviction simple : il ne suffit plus de dire aux jeunes vétérinaires que la rurale est un beau métier, il faut leur donner les conditions concrètes pour y entrer, y rester et s’y épanouir.
« Ce plan ne doit pas être vu comme une aide ponctuelle à une profession en difficulté. C’est un investissement dans l’avenir sanitaire et agricole de la Wallonie. Derrière chaque vétérinaire rural, il y a des éleveurs professionnels, des élevages suivis, des crises sanitaires anticipées et évitées, des jeunes praticiens à sécuriser, et des territoires qui doivent rester vivants », indique l’UPV.
Notons que dans ce cadre, l’UPV prendra pleinement sa part. Elle contribuera notamment à la mise en place de dispositifs de mentorat entre jeunes et vétérinaires expérimentés, à l’accompagnement pratique des installations, à la création d’outils de gestion, à la prévention des risques psychosociaux, ainsi qu’à la valorisation d’une pratique rurale moderne, collective et économiquement viable. La faculté Vétérinaire a également lancé un plan ambitieux de modification du cursus autour d’accompagnement professionnel précoce. De plus, l’ordre vétérinaire francophone a présenté un programme de suivi des vétérinaires, dans leurs carrières et leurs besoins.
« Avec ce lancement, notre région envoie un message clair aux jeunes vétérinaires : la ruralité n’est pas un choix du passé. C’est un métier d’avenir, au coeur de la santé publique, de l’agriculture et du lien entre humains, animaux et territoires », conclut l’union.





