Frelon asiatique : La province de Luxembourg fait évoluer sa stratégie
Après une vaste campagne de piégeage printanier qui a permis de distribuer 45.000 pièges sélectifs à travers ses 43 communes, la province de Luxembourg engage une nouvelle étape dans sa stratégie de lutte contre le frelon asiatique. Désormais, l’accent est mis sur la destruction des nids grâce à la formation des agents communaux, à la mise à disposition de matériel spécialisé et à un accompagnement technique destiné à renforcer les capacités d’intervention des pouvoirs locaux.

Le combat contre le frelon asiatique ne se limite plus au piégeage des reines fondatrices au printemps. Face à une espèce invasive dont l’expansion menace simultanément la biodiversité, les populations d’abeilles domestiques et la sécurité des citoyens, la province de Luxembourg entend désormais intervenir plus directement sur le terrain en organisant la destruction des nids.
Cette deuxième phase du plan provincial a officiellement été lancée le 25 juin dernier à Bastogne, où une première formation a réuni des agents communaux et provinciaux à l’Institut provincial de Formation (IPF). Organisée en partenariat avec le Cra-w, cette formation doit permettre aux participants d’acquérir les compétences nécessaires pour intervenir en toute sécurité et obtenir la certification indispensable pour procéder à la destruction des nids.
Une stratégie construite avec les communes
Cette nouvelle étape s’inscrit dans un plan d’action élaboré depuis plusieurs mois en concertation avec les communes, les apiculteurs, les Groupes d’Action Locale (Gal), les Parcs naturels ainsi que les différents niveaux de pouvoir. Dès la fin de l’année 2025, la province avait consulté l’ensemble des 43 communes afin d’identifier leurs besoins et de coordonner une réponse commune face à la progression rapide du frelon asiatique. Cette concertation a notamment débouché sur l’acquisition de 45.000 pièges sélectifs conçus par le Cra-w. Distribués gratuitement via les communes, ils avaient pour objectif de capturer les reines fondatrices avant qu’elles ne puissent établir de nouvelles colonies.
Plus de 35.000 pièges ont déjà trouvé preneur auprès des habitants de la province. Les stocks restants seront conservés par les communes afin d’être réutilisés lors de la prochaine campagne de piégeage, au printemps prochain.
Former plutôt que subir
Avec cette deuxième phase, la province entend donner davantage d’autonomie aux communes. 5 kits complets de destruction des nids ont ainsi été acquis et seront mis à disposition dès cet été des administrations dont les agents auront suivi la formation et obtenu la certification délivrée par le Cra-w. Toutes les communes ne disposent toutefois pas des ressources humaines nécessaires pour réaliser ce type d’intervention. Afin d’éviter que cette difficulté ne freine la lutte contre l’espèce invasive, la province a également élaboré un cahier des charges type permettant de recourir plus facilement à des opérateurs spécialisés. Ce document s’accompagne d’une liste de professionnels agréés par le Cra-w afin de simplifier les procédures de marché public.
Si le bilan définitif de la campagne de piégeage n’est pas encore connu, les premiers résultats sont jugés encourageants. Les données actuellement enregistrées par la région wallonne font état de plus de 14.000 frelons asiatiques recensés en Wallonie, dont plus de 2.000 en province de Luxembourg. Il s’agit essentiellement de reines fondatrices, dont la capture revêt une importance stratégique puisqu’elles sont à l’origine des futures colonies et des nids primaires qui apparaissent au cours de la belle saison. Cette opération de piégeage printanier constitue ainsi l’un des leviers majeurs pour ralentir la progression de l’espèce avant la période de reproduction intensive.
Une réponse coordonnée à une menace durable
À travers ce plan, la province de Luxembourg entend pleinement jouer son rôle de coordination supracommunale. L’objectif dépasse la simple destruction des nids : il s’agit de construire une réponse cohérente à une invasion biologique qui ne connaît pas les frontières administratives et dont les conséquences touchent aussi bien les apiculteurs que l’ensemble des écosystèmes locaux. En combinant prévention, sensibilisation, formation des agents, équipements spécialisés et accompagnement administratif des communes, la province espère disposer désormais d’une organisation capable d’intervenir plus rapidement et plus efficacement face à un prédateur dont l’installation durable en Wallonie semble désormais acquise.








