Rhubarbe: un sol frais en été, sans excès d’eau en hiver pour une belle production
La rhubarbe est l’un des premiers légumes à se développer au printemps. Elle repousse en créant de nouvelles feuilles, et nous pouvons en consommer les pétioles, longs et charnus. Si cette plante peut se trouver à différents endroits, ses besoins en eau sont importants et c’est dans les sols frais que la production est la plus abondante. Pour les sols drainants, une situation à mi-ombrage convient bien, pour limiter les besoins en arrosages durant la période de forte croissance.

La rhubarbe (Rheum rhaponticum, famille des Polygonacées) est une plante vivace très productive. Ses larges feuilles couvrent au moins 1 m², il convient d’en tenir compte lors de la plantation.
Plusieurs variétés sont disponibles dans les catalogues de jardinage. Goliathest une variété classique, elle s’adapte dans la plupart des situations belges. Frambozenrood et Timperley Early conviennent bien pour des productions précoces, elles peuvent être plantées sous l’abri d’une serre tunnel. Versteeg et Cawood Deligh sont également intéressantes.
La culture s’installe dans la plupart de nos sols cultivables pourvu que le drainage soit correct. Les sols frais, profonds et bien décompactés sont les plus adéquats.
Dans les sols très humides en hiver, il est possible de planter les rhubarbes sur une large butte surélevée par rapport au niveau original. L’objectif est d’éviter que les racines ne restent dans une terre gorgée d’eau où elles risquent de pourrir. Les buttes sont surélevées de 0,25 m et mesurent 1 m de largeur au sommet.
Par ailleurs, il est possible de la cultiver en bac. Prévoyons alors un conteneur d’au moins 100 l.
Concernant son emplacement, la rhubarbe peut être mise en exposition ensoleillée ou à mi-ombre. Lors des derniers étés secs, les situations à mi-ombre étaient les meilleures pour ne pas devoir apporter de l’eau durant les longues périodes de sécheresse. Ce point est important afin que la nature du sol lui corresponde.
Changer l’emplacement après une dizaine d’années
La rhubarbe reste plusieurs années à la même place. Plusieurs espèces de nématodes peuvent s’y développer. Tant que la culture reste à sa place, il n’y a que peu de souci. Cependant, en cas de replantation de jeunes plants aux endroits infestés, de production de plants sur place ou encore si des pieds sont retirés pour être placés en conteneurs en vue d’un forçage, la présence de ces nématodes aura un impact certain. Pour éviter ces problèmes, essayons de déplacer les rhubarbes après une dizaine d’années. Une autre solution valable est de changer la terre en échangeant avec celle du potager. Un volume d’au moins 4 brouettes de terre indemne sera placé à l’endroit du nouveau plant.
Fumure : quel apport pour cette culture ?
Les apports organiques de fumier ou de compost seront correctement valorisés par cette culture en se basant sur des apports de 4 kg de compost bien décomposé par m² avant la plantation. Un apport semblable est conseillé tous les deux ans, il sera disposé en hiver, en surface.
Nous pouvons déposer en surface des cendres de bois qui apportent le potassium et d’autres minéraux.
Un semis au printemps ou en automne
Nous pouvons multiplier la rhubarbe par semis ou par division de souche.
Le semis est réalisé en mai ou en septembre en vue d’obtenir des plants installés respectivement en mars-avril ou en octobre. Les plants certifiés peuvent être achetés en jardineries pour démarrer la culture. Nous pouvons aussi facilement produire nos propres plants au départ de graines. La plantation est alors réalisée au printemps ou en automne pour espérer une récolte deux années plus tard.
Nous plantons de manière que les bourgeons de croissance foliaires émergent tout juste du sol. La densité de plantation est de 1 plant /m², avec des distances plantation qui varient de 0,5 x 0,80 m dans le rang et 1,5 à 2 m entre les rangs.
L’éclat de souche
Il est, dès lors, possible de multiplier la rhubarbe par éclats de souches au printemps ou en automne. C’est une technique aisée notamment pour les amateurs. Nous commençons par dégager le pourtour du plant qui servira de pied-mère sur une profondeur d’environ 20 cm. Nous repérons les points de croissance qui donneront les futures productions de feuilles. Le pied-mère idéal est pourvu de plusieurs centres de croissance. À l’aide d’une bêche, nous scindons un ou deux points de croissance sur toute la profondeur de la souche. L’éclat récolté sera un nouveau pied, il sera planté dans de la terre n’ayant pas été cultivée de rhubarbe depuis une dizaine d’années au moins. La tranchée creusée autour du pied-mère sera rebouchée avec de la bonne terre de jardin. La plaie de coupe cicatrisera vite. Ce pied-mère continuera de produire dès l’année prochaine, avec des pétioles d’autant plus larges qu’ils sont moins nombreux par pied. Le jeune plant issu de l’éclat produira dans deux ans.
Un arrosage recommandé lorsqu’il fait chaud et sec
L’entretien consiste essentiellement à la maîtrise de l’enherbement, les arrosages et à la fertilisation.
C’est en période hivernale que nous avons le plus facilement accès au sol. Il faut en profiter pour le décompacter et pour extirper d’éventuelles plantes vivaces non désirées. Nous pouvons apporter une forte fumure à base compost (2 kg par m² tous les ans ou le double tous les deux ans). Ensuite, nous paillons largement pour garder le sol propre et faciliter l’accès aux pieds lors des récoltes estivales.
Lors des périodes chaudes et sèches, les arrosages sont vivement recommandés.
Réaliser l’écimage
Au printemps, vers mai ou juin, les rhubarbes peuvent produire une importante hampe florale au détriment du rendement en pétioles. Les hivers avec de longues périodes froides favorisent ce développement au printemps suivant. Les variétés précoces semblent plus sensibles. Il est préférable d’écimer au début de leur développement. La croissance des hampes florales réduit la production de pétioles récoltables.
De mai à octobre, la récolte
Afin de maintenir une belle production, il est préférable de changer la culture de place après 5 ou 6 années de récolte.
Nous récoltons de mai à octobre, au fur et à mesure des besoins ou en deux à trois récoltes complète par an. Il faut décrocher les pétioles par torsion pour les séparer du pied. Ensuite, nous coupons le limbe.
Pour la plupart des besoins du ménage, il est plus facile de disposer de pétioles de gros calibre. Comme indiquer précédemment, il convient donc de remplacer la terre ou à déplacer les pieds de rhubarbe tous les 6 à 10 ans. D’autre part, n’oublions pas une forte fertilisation à base de compost mixte de jardin.
Les feuilles contiennent de fortes teneurs en acide oxalique et ne sont pas consommées.
Notons également que lors de la dernière récolte, les jardiniers peuvent préparer la saison prochaine en ayant accès facilement au sol et au pied des plantes.
Profitons-en pour entretenir le sol, le fumer ou encore multiplier facilement les plants pour renouveler en partie notre plantation. Si nous ne disposons pas encore de plant de rhubarbe, nous pouvons aménager l’espace qui accueillera la plantation dès le printemps prochain.
La période de repos végétatif
En automne, le feuillage se dessèche. Les pieds entrent en repos végétatif. La période de froid est nécessaire pour les vernaliser, elle se mesure en comptant la somme des degrés-froid quotidien sur base de 10°C. En plein air dans nos régions, les besoins en froid sont satisfaits naturellement chaque hiver. La quantité de froid est obtenue naturellement durant la période de repos hivernal. La question se pose pour les jardins où la rhubarbe est forcée, en serre par exemple.
Enfin, n’oublions pas que la rhubarbe supporte -20°C en hiver.





