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Foire de Battice : quand la prairie raconte l’agriculture

Les 5 et 6 septembre, la Foire agricole de Battice retrouvera le plateau de Herve pour une 36e édition placée sous le signe du lait. Derrière le thème « Des prairies, des vaches… un lait d’exception » se dessine une ambition plus vaste : raconter ce qui relie encore le paysage herbager, l’éleveur, l’animal et le consommateur, mais aussi transmettre une culture agricole dont les organisateurs font depuis près de quatre décennies leur raison d’être.

Temps de lecture : 14 min

Concours, élevage, formation internationale, animations pour les enfants et produits du terroir composeront, durant deux jours, le visage d’une agriculture qui entend tout à la fois montrer ses savoir-faire et expliquer ses mutations.

Il suffit de parcourir le Pays de Herve pour comprendre pourquoi la Foire agricole de Battice a choisi, cette année, de revenir à ce qui constitue peut-être l’image la plus familière de son territoire : la prairie, la vache et, au bout de cette chaîne patiemment construite, le lait. Ici, le vert n’est pas seulement un décor. Il raconte une histoire agricole, celle d’un paysage bocager façonné par des générations d’éleveurs et intimement lié à la production laitière. Sur plus de 10 ha, le thème traversera les stands, les ateliers et les rencontres, avec une volonté clairement affichée : montrer ce qu’il y a derrière le verre de lait, depuis l’herbe pâturée jusqu’aux contrôles de qualité, en passant par l’animal, la traite et le travail de l’éleveur. Cette manière de partir d’un produit ordinaire pour remonter toute une filière dit assez bien ce qu’est devenue Battice. La manifestation demeure une foire agricole, avec ses concours, ses animaux, ses éleveurs et ses professionnels. Mais elle assume depuis longtemps une autre fonction : faire comprendre l’agriculture à ceux qui n’en vivent pas. L’Asbl organisatrice rappelle d’ailleurs que, depuis 1989, sa mission est précisément de promouvoir l’agriculture et la ruralité.

Du pré au verre, le long parcours du lait

Le lait se prête particulièrement bien à cet exercice de pédagogie. Produit emblématique du Plateau, il est aussi l’un des aliments dont le chemin jusqu’au consommateur est parmi les plus surveillés. À chaque collecte dans une exploitation, un échantillon est prélevé avant le départ vers le laboratoire ; pour un producteur, cela représente entre 11 et 13 prélèvements par mois. Composition, matière grasse, protéines, cellules, présence éventuelle d’antibiotiques ou paramètres sanitaires : derrière la blanche simplicité du produit se déploie une mécanique de contrôles largement invisible pour celui qui ouvre sa bouteille au petit déjeuner.

La Foire de Battice, une organisation professionnelle portée en grande partie par des bénévoles et dont le rayonnement dépasse largement les limites communales.
La Foire de Battice, une organisation professionnelle portée en grande partie par des bénévoles et dont le rayonnement dépasse largement les limites communales. - M-F V.

La surveillance ne s’arrête d’ailleurs pas aux analyses. Elle remonte jusqu’aux conditions de traite, aux équipements et au bien-être de l’animal. La filière s’est également dotée, depuis plus de 25 ans, du cahier des charges Qualité Filière Lait (QFL), qui intègre des critères dépassant les seules obligations légales et, depuis quelques années, des dimensions liées à la durabilité des exploitations. Plus de 99 % des producteurs laitiers y adhèrent, selon les éléments présentés lors de la conférence de presse.

La Foire entend rendre cette réalité concrète. Dans le Hall en bois, ateliers et démonstrations permettront de suivre la transformation du lait, tandis que les plus jeunes pourront découvrir la traite, la fabrication du beurre ou encore les règles d’hygiène indispensables à l’obtention d’un produit de qualité. Vedia prolongera cette démarche avec un « parcours du lait » : le samedi à 12h30, Maryse Baguette et Olivier Tomezzoli emmèneront les téléspectateurs de la production aux différentes étapes de la filière, au gré de reportages et de rencontres.

Le paradoxe veut toutefois que les vaches en lactation soient moins nombreuses que ne pourrait le laisser attendre une édition entièrement consacrée au lait. Les contraintes sanitaires liées aux rassemblements d’animaux rendent leur présence complexe : au retour dans l’exploitation, l’isolement imposé complique singulièrement la gestion d’une vache qui doit continuer à être traite. Les organisateurs privilégieront donc davantage les jeunes animaux et les vaches taries. Ce détail technique résume à lui seul l’un des intérêts d’une foire comme Battice : derrière l’image presque intemporelle de la vache dans son pré surgissent les réalités très contemporaines de l’élevage, ses normes sanitaires, ses exigences de qualité et ses contraintes quotidiennes.

Mille enfants pour regarder autrement la ferme

Avant même l’ouverture au grand public, Battice commencera par ceux auxquels elle accorde depuis longtemps une place singulière. Le vendredi 4 septembre, 1.042 élèves de sixième primaire investiront le champ de foire. Répartis en 102 groupes et accompagnés chacun par un bénévole, ils circuleront parmi 59 ateliers. Ils viendront de Herve, Welkenraedt, Thimister-Clermont, Plombières, Aubel, Olne, Soumagne, Dalhem, Verviers, Pepinster et Andrimont. Le chiffre traduit une conviction. Pour les organisateurs, parler d’agriculture sans s’adresser à ceux qui en seront demain les consommateurs, les citoyens et, pour certains peut-être, les professionnels, n’aurait guère de sens. Animaux, alimentation, bien-être, environnement, énergie : la ferme devient ici un terrain d’apprentissage plutôt qu’un simple décor.

Lavage,  alimentation, préparation de  la litière, clippage, jugement,  présentation dans le ring : les jeunes apprennent tous les gestes qui permettent de préparer un animal et de le mettre en valeur sans perdre de vue le bien-être de celui-ci.
Lavage, alimentation, préparation de la litière, clippage, jugement, présentation dans le ring : les jeunes apprennent tous les gestes qui permettent de préparer un animal et de le mettre en valeur sans perdre de vue le bien-être de celui-ci. - Timotée Meesen

La démarche se poursuivra durant tout le week-end. L’entrée reste gratuite pour les moins de 12 ans, comme les animations qui leur sont destinées. Go-kart, quad, manège, toboggan, parcours gonflable, mur d’escalade ou sentier pieds nus voisinent avec des ateliers plus directement agricoles. Six tickets d’activités seront remis à chaque enfant afin d’organiser les flux et de préserver, notamment, les temps de repos nécessaires aux poneys. Le bourgmestre de Herve, Marc Drouguet, a insisté sur cette dimension lors de la présentation de la foire : sa raison d’être tient aussi, selon lui, à la transmission du patrimoine rural, lequel « passe par l’agriculture ». Il a également rappelé ce qui demeure l’une des particularités de l’événement : une organisation professionnelle portée en grande partie par des bénévoles et dont le rayonnement dépasse largement les limites communales.

À Battice, l’élevage parle désormais plusieurs langues

Il est un endroit où cette idée de transmission prend une dimension singulière, presque inattendue au cœur du Pays de Herve. Pendant 5 jours, Battice devient en effet le point de rencontre de jeunes éleveurs venus de plusieurs continents. La Young Breeders School (YBS), ou École des Jeunes Éleveurs, y tiendra du 2 au 6 septembre sa 24e édition. L’histoire a commencé modestement en 1999, avec 30 jeunes Belges. Un quart de siècle plus tard, plus de 2.300 participants sont passés par cette formation, devenue une référence internationale dans l’univers de la préparation des bovins aux concours. Les premiers élèves venaient essentiellement de Belgique, des Pays-Bas, d’Allemagne ou de France ; ils arrivent désormais d’Europe bien sûr, mais aussi du Canada, des États-Unis, d’Australie ou de Nouvelle-Zélande. Cette année, l’école s’ouvrira pour la première fois à une équipe d’Amérique latine.

L’édition 2026 réunira 158 jeunes venus de plus de 20 pays. Parmi eux, 144 travailleront avec des Holstein et 14 avec des BBB, soit 27 équipes au total. La féminisation de la formation constitue elle aussi une évolution remarquable : depuis 2022, les filles sont majoritaires et représentent cette année environ 60 % des participants. La formule n’a pourtant rien d’un séjour touristique. Les journées commencent tôt, souvent avant le lever du soleil, par les soins aux génisses. Trois jours sont consacrés à la formation avant deux journées de concours. Lavage, alimentation, préparation de la litière, clippage, jugement, présentation dans le ring : les jeunes apprennent tous les gestes qui permettent de préparer un animal et de le mettre en valeur sans perdre de vue le bien-être de celui-ci. Des formations plus théoriques, notamment en marketing et en photographie, complètent l’apprentissage.

Derrière la technique, c’est aussi une certaine conception du métier qui se transmet. Les formateurs ne sont pas choisis au hasard : 10 spécialistes reconnus sont attendus cette année en provenance de Belgique, du Royaume-Uni, d’Allemagne, d’Italie, des Pays-Bas et du Canada. Dans le ring, les jeunes seront évalués par des juges rompus aux concours internationaux, mais l’enjeu ne se limite pas au palmarès. Il s’agit d’apprendre à observer l’animal, à comprendre ses qualités, à travailler avec lui et à maîtriser des gestes qui, dans ce milieu, relèvent presque d’un langage commun.

La logistique dit, elle aussi, quelque chose de l’ancrage régional de l’école. Plus de 180 génisses wallonnes sont mises à disposition des jeunes par les éleveurs, qui confient ainsi durant quelques jours une partie de leur travail de sélection. 50 familles de la région accueilleront par ailleurs les participants. Le soir, les conversations se poursuivent donc souvent autour d’une table de ferme, très loin du cadre formel des ateliers. Pour nombre de jeunes venus de l’étranger, cette immersion dans les exploitations du Pays de Herve constitue autant une découverte humaine qu’une formation professionnelle.

Le samedi soir, les équipes présenteront à leur tour les spécialités de leur pays lors d’un « Tour du monde de la gastronomie », moment de convivialité qui illustre la manière dont la Young Breeders School a peu à peu dépassé sa vocation purement technique. Les liens noués à Battice se prolongent fréquemment bien au-delà de la semaine de formation : plusieurs anciens élèves se retrouvent ensuite sur les grandes expositions européennes ou internationales, au service d’élevages réputés.

Longtemps centrée sur la Holstein, l’école s’est ouverte en 2023 au Blanc-Bleu Belge. Cette extension prend cette année une dimension nouvelle : la formation BBB accueillera non seulement des jeunes Wallons, mais également des participants venus de Flandre, de France et du Canada. La race emblématique de l’élevage belge entre ainsi elle aussi dans cette circulation internationale des savoir-faire.

À l’issue des concours, le lauréat Holstein se verra offrir un séjour de trois semaines au Canada avec Holstein Québec. Mais la récompense ne dit qu’une partie de ce que représente l’école. À Battice, la génétique, la sélection et la préparation des animaux deviennent aussi prétextes à créer une communauté de jeunes professionnels qui, malgré la diversité de leurs langues et de leurs systèmes agricoles, se retrouvent autour d’un même métier. Et la relève commence parfois bien avant 13 ans. Le Show junior permettra aux enfants de 6 à 12 ans de conduire à leur tour un jeune bovin dans le ring. 18 meneurs étaient déjà inscrits au moment de la présentation de la foire, et les organisateurs rappellent que leur nombre grimpe souvent jusqu’à une trentaine.

Le Bleu du Maine, 40 ans d’histoire à Battice

Le bovin ne sera toutefois pas seul à occuper les rings. Le Pôle ovin constitue depuis longtemps l’un des univers les plus identifiables de Battice, et cette édition lui donnera un relief particulier. Au cœur du dispositif, une race à la robe gris-bleuté et au mufle sombre : le Bleu du Maine.

Son histoire avec la région remonte loin. Originaire du département français de la Mayenne, dans un paysage que les éleveurs rapprochent volontiers de celui du Pays de Herve, le Bleu du Maine arrive en Belgique à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Les premiers animaux introduits dans le pays le sont précisément dans la région hervienne. En 1983, Battice accueille le premier concours belge de la race. Depuis, sauf lorsque les conditions sanitaires l’ont empêché, le rendez-vous n’a pratiquement jamais quitté la foire. L’édition 2026 marquera ainsi plus de quatre décennies de fidélité. Pour l’occasion, le traditionnel concours du samedi s’étendra sur les deux journées, afin de donner davantage de temps aux éleveurs et de ménager un moment de rencontre entre professionnels. Une soirée leur sera également réservée, manière de célébrer ce compagnonnage ancien entre une race et un territoire.

Le Bleu du Maine ne sera cependant qu’une composante d’un ensemble particulièrement étoffé. Plus de 300 moutons devraient défiler dans le chapiteau du Pôle ovin au cours du week-end, dont une centaine de Bleu du Maine. Cinq autres races participeront aux concours officiels interprovinciaux : Rouge de l’Ouest et Vendéen le samedi, Beltex, Texel français et Dassenkop le dimanche, selon le programme annoncé. Mais la force du pôle tient précisément à ce qu’il ne se contente plus d’aligner des animaux de concours. Au fil des éditions, il s’est transformé en un espace où l’on cherche à raconter l’ensemble de la filière ovine. Les démonstrations de tonte, qui attirent traditionnellement un public nombreux, en constituent la porte d’entrée la plus spectaculaire. Elles permettent aussi de rappeler qu’après l’animal vient une matière première que beaucoup de visiteurs ne savent plus vraiment relier à son origine : la laine.

Le « parcours laine » propose ainsi de suivre cette fibre depuis la toison jusqu’à sa transformation. Lavage, cardage, filage, teinture : les enfants peuvent manipuler la matière à différentes étapes avant de repartir avec un petit objet réalisé au fil des ateliers. Sous son apparente simplicité, le dispositif répond à la même logique que le parcours consacré au lait : montrer les gestes intermédiaires qui disparaissent généralement entre le produit agricole et l’objet fini.

Le Pôle ovin veut également parler métier. L’Arsia et Elevéo y seront présents pour répondre aux questions liées à l’identification, à la santé animale et au suivi des troupeaux. La Faculté de médecine vétérinaire de l’ULiège y proposera, pour la troisième année, des ateliers destinés notamment aux adolescents. L’objectif est aussi de montrer ce qu’est aujourd’hui la pratique rurale de la médecine vétérinaire et, pourquoi pas, de susciter quelques vocations. Le dimanche, des démonstrations de conduite de troupeau par chiens de berger quitteront enfin le seul registre de l’exposition pour retrouver un geste directement issu du travail quotidien de l’éleveur. À travers les concours, la tonte, la laine ou le chien au troupeau, le mouton est ainsi présenté non comme une silhouette décorative de la campagne, mais comme le centre d’un ensemble de savoir-faire, de métiers et de pratiques qui continuent à évoluer.

Des bovins aux chevaux, l’élevage dans toute sa diversité

Ailleurs sur le site, les herd-books bovins seront particulièrement nombreux cette année, au point qu’un chapiteau supplémentaire est annoncé. Limousin, Blonde d’Aquitaine, Charolais, Aubrac, Bleue Mixte, Salers, Blanc Bleu Belge, Holstein, Rouge Pie de l’Est, Jersey, Montbéliarde, Normande ou Parthenaise rappelleront la diversité des élevages et du travail de sélection. Le défilé des races est prévu le samedi à 16 heures dans le ring du Hall des Criées.

Le Cercle d’Attelage du Pays de Liège organisera  son rallye touristique, tandis que démonstrations  de dressage, de jumping et spectacles équestres  ponctueront les deux journées.
Le Cercle d’Attelage du Pays de Liège organisera son rallye touristique, tandis que démonstrations de dressage, de jumping et spectacles équestres ponctueront les deux journées. - Timotée Meessen.

Le cheval conservera lui aussi sa place. Traits Ardennais et Comtois, Fjords, Irish Cob, ânes et chevaux miniatures se partageront concours, démonstrations et présentations. Le Cercle d’Attelage du Pays de Liège organisera son rallye touristique, tandis que démonstrations de dressage, de jumping et spectacles équestres ponctueront les deux journées. Quentin Vaerman retrouvera le ring, aux côtés des Écuries des Coudriers ; la voltige cosaque de L’Âme Zébrée et les huit cavalières de la troupe Cienca compteront parmi les nouveautés de cette édition.

Même les enfants seront appelés à exercer leur œil de juge : le dimanche, ils participeront à l’élection du Poulain d’Or et du Cheval d’Argent, autre manière de les faire entrer dans l’univers de l’élevage autrement que comme simples spectateurs.

Le pâturage, bien davantage qu’un paysage

En choisissant le lait comme thème, la Foire ramène nécessairement à la prairie. Et cette prairie, dans le Pays de Herve, est devenue un enjeu à part entière. Le Prix du Mérite Agricole 2026, coordonné par le Gal Pays de Herve et les échevins de l’agriculture du territoire, lui sera consacré sous l’intitulé « Le pâturage, cœur du Pays de Herve ».

Le choix n’a rien d’anecdotique. Le paysage bocager du Plateau s’est construit autour des prairies entretenues par les troupeaux laitiers. Mais les évolutions techniques, les contraintes économiques et les transformations de la filière conduisent aujourd’hui à un recul du pâturage. Or celui-ci conserve, rappellent les organisateurs du prix, des intérêts agronomiques, environnementaux et économiques tout en contribuant à l’entretien du paysage. Il suppose aussi une technicité particulière : observation des parcelles, gestion de l’herbe et adaptation permanente aux conditions de croissance. Cette édition du Mérite agricole entend donc mettre en lumière celles et ceux qui choisissent de maintenir ou d’améliorer le pâturage dans leur système d’exploitation. Le lauréat sera désigné à l’issue d’un vote du public et dévoilé le dimanche sur le stand du Gal (lire par ailleurs). Le rapprochement avec le thème général de la Foire s’impose presque naturellement : le lait ne commence pas dans une laiterie. Il commence dans un sol, avec une herbe, un climat, un troupeau et le savoir-faire de celui qui les met en relation.

À l’autre bout de la chaîne, la Foire donnera à voir ce que deviennent ces productions lorsqu’elles quittent l’exploitation. Le Village gourmand de l’Apaq-w poursuit sa croissance : installé dans un chapiteau désormais porté à quelque 1.500 m², il réunira 50 producteurs. Viandes, produits laitiers, maraîchage, boulangerie, miel, confitures, pâtes, boissons ou encore produits fruitiers y composeront un panorama particulièrement large de la production locale.

Le lait et le fromage y occuperont logiquement une place privilégiée. Le réseau Table de Terroir sera associé aux animations culinaires : Bernard Zacharias, de la Table de Terroir 1836 de la Distillerie Radermacher, interviendra le samedi avec le nouveau mixologue de la maison, tandis que Valérie et Sylvain de la Ferme du Hélivy, à Jalhay, proposeront le dimanche des mises en bouche autour du fromage local. Nathalie Maziers, de La Cuisine de Maman à Herve, prolongera l’exercice dans l’après-midi. Eric Boschman présentera pour sa part quatre nouveaux producteurs le samedi après-midi : le Fromager Ardent, la Boucherie Amarelles, le Domaine de la Feuille et la Maison Nokin, cette dernière autour notamment de l’abeille noire. La Province de Liège déploiera de son côté un chapiteau de 600 m² regroupant une quinzaine de stands et plusieurs de ses services destinés aux agriculteurs, maraîchers et producteurs locaux. Les Poulets de Saint-André, la Gelateria John John, lauréate du concours du Meilleur Glacier de la Province, et les bières primées en 2025 y seront notamment proposés à la dégustation. Le concours provincial des bières introduit cette année une quatrième catégorie, baptisée « Bob », réservée aux bières sans alcool.

Battice n’est ainsi ni un musée de la ruralité ni une simple vitrine commerciale. Les normes sanitaires modifient la manière d’exposer les animaux ; le bien-être traverse les formations ; la prairie redevient un sujet agronomique et économique ; les produits locaux cherchent de nouveaux débouchés ; les jeunes éleveurs arrivent désormais de plusieurs continents ; et les enfants que l’on conduit aujourd’hui devant une vache sont parfois issus de familles qui n’ont plus aucun lien direct avec la ferme. C’est peut-être là que se trouve, derrière les concours, les chapiteaux et les démonstrations, la véritable continuité de la foire. Faire se rencontrer deux mondes qui se côtoient encore géographiquement mais se connaissent de moins en moins intimement : ceux qui produisent et ceux qui consomment. Pendant deux jours, entre les prairies du Plateau et les allées du champ de foire, il sera question de génétique, de lait, de moutons, de chevaux, de fromage, de pâturage et de transmission. Mais, derrière cette profusion, une même histoire se dessinera : celle d’une agriculture qui ne veut plus seulement être regardée, mais comprise.

Marie-France Vienne

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