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Robots de traite: neuf éleveurs sur dix satisfaits de leur investissement

Neuf éleveurs sur dix referaient le même choix. Gain de temps, meilleure qualité de vie, suivi facilité du troupeau… Les résultats d’une enquête menée par le Collège des producteurs auprès de près de 15 % des utilisateurs wallons de robots de traite montrent que cette technologie change bien plus que la façon de traire les vaches. Mais son adoption soulève aussi plusieurs défis techniques et économiques.

Temps de lecture : 6 min

L’enquête a recueilli 78 réponses, dont 33 % en province de Hainaut et 25 % en province de Liège. Parmi elles, 9 % de producteurs bio, tandis que le troupeau moyen compte 101 vaches laitières. De plus, 70 % des éleveurs possèdent une ou plusieurs autres spéculations sur leur installation, principalement des grandes cultures (pour 55 % des cas) et des bovins viandeux (34 %). Notons également que 20 % des répondants réalisent une autre activité professionnelle à côté de la ferme. Par ailleurs, 41 % des premières installations datent d’après 2019. Et la majorité des personnes interrogées possèdent un seul robot (59 %). 17 % l’ont acheté d’occasion, et un l’a en leasing. Enfin, la moyenne dans la ferme laitière wallonne est de deux unités de main-d’œuvre.

Quel impact sur la production laitière ?

Tout d’abord, les profils des producteurs ayant répondu à cette enquête sont très divers en termes de cheptel, d’évolution de la production laitière et de système d’exploitation. Ces derniers ont été classés en deux catégories. La première concerne ceux qui ont augmenté leur cheptel avec l’arrivée du ou des robots de traite, soit 49 %. Et la seconde est pour les éleveurs qui ont maintenu un troupeau stable (pour une fourchette d’environ 10 bêtes), à savoir 51 % d’entre eux.

Pour cette seconde catégorie, malgré la stabilité du nombre de vaches, 86 % estiment que leur production a augmenté.

Les éleveurs qui se sont développés ont logiquement également vu leur production s’accroître, néanmoins de manière très variable. En effet, 22 % des agriculteurs de cette première catégorie ont plus que doublé leur troupeau. 52 % des répondants qui ont fait ce choix estiment avoir augmenté leur production de 20 % par rapport à avant l’installation du robot, tandis que 7 % n’ont pas observé une augmentation de la production après l’installation de cette machine.

On remarque dès lors que la rentabilité de cet équipement est multifactorielle et dépend d’une ferme à l’autre.

« Une meilleure conduite du troupeau »

Le questionnaire était présenté sous la forme d’une série de phrases avec lesquelles le répondant devait marquer son accord ou son désaccord, en mettant une à 5 étoiles. Cinq thématiques étaient reprises : l’adaptation au robot, la qualité et la quantité de lait, la gestion du troupeau, l’alimentation des vaches, l’organisation du travail et l’utilisation des données fournies par cette machine. Pour ces différentes données, on n’observe pas de différence liée à la taille du troupeau.

Plus de 80 % des éleveurs indiquent qu’eux et leurs animaux se sont facilement adaptés au robot. Ils relèvent également qu’en cas de panne, un technicien est disponible immédiatement (85 %) et 77 % des producteurs réalisent les petites réparations eux-mêmes. « C’est une très bonne machine, mais un peu anxiogène. À tout moment de la journée il y a des notifications sur le téléphone », note l’une des personnes interrogées.

Comme attendu, chez 87 % des répondants, le nombre de traites a augmenté, dès lors chez 86 % d’entre eux la production laitière moyenne par vache est en hausse, de même que le taux cellulaire du lait (32 % des réponses).

Pour 77 % du panel, la santé mammaire du troupeau s’est améliorée et 68 % estiment que les frais vétérinaires de manière générale ont diminué. 79 % des éleveurs suivent les chaleurs des vaches avec les données du robot et 70 % trouvent que le tarissement est plus facile grâce à lui. « Le robot permet plus de flexibilité dans les horaires et une meilleure conduite de son troupeau », déclare un agriculteur du panel.

Au niveau de l’alimentation des bêtes, plus de la moitié a continué à faire pâturer leurs vaches après l’installation du robot, alors que 91 % produisent plus de 80 % de leurs fourrages sur l’exploitation. Sans surprise, 69 % des éleveurs indiquent qu’ils donnent plus de concentrés aux vaches avec le robot et 46 % ont même dû changer complément leur système d’alimentation.

Un meilleur équilibre vie privée et vie professionnelle

Huit éleveurs sur dix sont plus satisfaits de l’équilibre entre leur vie familiale et leur vie professionnelle depuis qu’ils ont installé cette machine. En effet, 67 % d’entre eux trouvent que leur temps de travail dans le troupeau a diminué, 68 % qu’ils gèrent mieux les imprévus et 66 % se sentent moins stressés.

La diminution du temps de travail et la meilleure gestion des imprévus sont davantage perceptibles chez les répondants qui ont conservé le même nombre de bêtes. D’un autre côté, le meilleur équilibre entre la vie familiale et professionnelle ressort plus chez ceux qui ont augmenté la taille de leur cheptel.

En outre, 86 % pensent que les données fournies par le robot les aident dans la gestion des animaux, et 64 % disent que ces renseignements facilitent leur travail administratif. Pour plus de la moitié, cette gestion des données ne prend pas trop de temps.

Un gain de la production laitière

« Nous trayons les deux tiers du troupeau à la salle de traite et le tiers restant avec le robot. Cela nous permet de garder plus de vaches avec un investissement initial relativement faible. Cependant, les coûts d’exploitation par litre de lait sont plus élevés qu’avec la salle de traite traditionnelle », peut-on lire dans une réponse.

Toujours au niveau de la rentabilité, 81 % des éleveurs sont d’avis que l’installation d’un robot est plus économique que l’engagement d’un ouvrier qualifié. Ils trouvent aussi que les données fournies par cette machine permettent de gérer le troupeau avec moins de personnes. Plus de la moitié déclare avoir réalisé cet investissement, faute de main-d’œuvre qualifiée, et 39 % ont franchi cette étape lors de la reprise de la ferme.

Ils sont 72 % à penser que globalement, l’investissement dans un robot est compensé par les gains de productivité de l’exploitation bien que 59 % indiquent que cette nouvelle installation nécessite beaucoup d’aménagements dans l’étable. 42 % ont ainsi construit une nouvelle étable pour accueillir cet équipement. Pour 70 % des répondants, le robot fonctionne de manière optimale après, en moyenne, quatre mois d’utilisation.

En ce qui concerne la répartition des charges, sans surprise, celles avec le plus d’impact sur la rentabilité de l’exploitation, après l’installation d’un robot, sont liées à l’entretien (contrat de maintenance, pièces détachées), à l’alimentation des animaux et à l’énergie.

Et si c’était à refaire ?

Neuf répondants sur dix ne regrettent pas leur choix. Les raisons les plus citées concernent le gain de temps, la baisse de la pénibilité du travail, la diminution des douleurs chroniques liées à la traite, particulièrement aux épaules, une meilleure qualité de vie et un meilleur suivi du troupeau, une amélioration de la productivité et de la flexibilité par rapport à la salle de traite.

Néanmoins, 10 % se montrent plus critiques et notent la dépendance par rapport aux concessionnaires, le fait que les alarmes sont anxiogènes, la difficulté à se faire remplacer et que, vu le prix du lait, cet investissement n’est pas rentable.

En outre, 53 % n’ont pas l’intention d’installer un robot supplémentaire dans l’avenir alors 27 % ne ferment pas la porte cette possibilité.

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