Évolution des teneurs en humidité du maïs grain: malgré la sécheresse, inutile de se précipiter
La Cellule vulgarisation du Centre Pilote Maïs livre ses premières observations sur l’évolution des teneurs en humidité du grain à ensiler et à sécher.

Afin de livrer des données représentatives du terrain, le réseau d’avertissement associant le Carah, le Cpl-Vegemar et le Cipf assure le suivi d’une vingtaine de parcelles réparties dans les régions sablo-limoneuses et limoneuses et ce, dans le cadre des activités du Centre pilote maïs.
Maïs grain humide ensilé : encore un peu d’attente
Pour une conservation du maïs sous forme de grain en ensilage, l’humidité optimale à la récolte se situe généralement entre 32 et 36 %. Une humidité suffisamment élevée facilite le tassement du grain et favorise la mise en place rapide des fermentations lactiques, indispensables à une bonne conservation en conditions anaérobies. La mouture doit être réalisée au fur et à mesure de la récolte, afin de limiter au maximum l’exposition du grain à l’air lors de la constitution du tas.
Cette campagne se caractérise par des semis très précoces, un contexte climatique particulièrement chaud et une longue période extrêmement sèche. Ces conditions ont favorisé une maturation rapide des cultures et entraîné une évolution importante de l’état hydrique des plantes et des grains.
Au 4 septembre, les teneurs en humidité mesurées sur les variétés demi-précoces habituellement utilisées pour la production de grain humide s’étalent entre 37 et 42 %, pour des semis réalisés entre le 17 et le 28 avril.
Lors de ce premier prélèvement, aucune des parcelles du réseau du Centre Pilote Maïs n’a encore atteint le stade optimal de récolte pour cette destination. Il est donc encore nécessaire d’attendre avant d’envisager le démarrage des récoltes de grain humide
Avant de se lancer, il est vivement conseillé de visiter les parcelles afin d’évaluer l’état de maturité de celles-ci.
L’apparition du point noir à la pointe du grain constitue un indicateur de l’atteinte de la maturité physiologique. À ce stade, le grain présente généralement une humidité proche de 36 %.
La formation du point noir correspond à la fin des transferts de réserves vers le grain. Les migrations de sucres solubles depuis les tissus de la plante vers l’épi cessent progressivement. Le point noir correspond à la cicatrice résultant de la rupture des tissus vasculaires assurant l’alimentation du grain.
Une fois ce stade atteint, le rendement du grain n’augmente plus de manière significative. Lorsque le point noir est présent et que l’humidité du grain se situe dans la plage recherchée pour le grain humide, il est donc préférable d’envisager la récolte afin de bénéficier de conditions favorables à une bonne conservation.
En maïs grain à sécher, le remplissage des épis apparaît hétérogène
La rentabilité de la culture du maïs grain destiné à sécher est notamment conditionnée par le coût du séchage. Il est donc essentiel de récolter le grain à une humidité suffisamment basse afin de limiter autant que possible ces frais.
Le début du mois d’avril, marqué par des températures particulièrement douces, a permis de démarrer relativement tôt les premiers semis de maïs destinés à la récolte en grain sec. La principale période d’implantation s’est concentrée entre le 15 et le 25 avril.
Les conditions de levée et de début de cycle ont été favorables, notamment grâce à une pluviométrie régulière au cours du mois de mai, permettant une installation homogène des cultures et une croissance rapide. À partir de la seconde moitié du mois de juin, les températures se sont fortement élevées et plusieurs épisodes de fortes chaleurs, voire de canicule, se sont succédé jusqu’à la fin du mois d’août. Dans le même temps, les précipitations sont restées nettement déficitaires durant l’ensemble de la période estivale.
Ces conditions ont entraîné une accélération du cycle du maïs. Les floraisons sont ainsi intervenues avec deux à trois semaines d’avance, souvent dans des conditions peu favorables, caractérisées par des températures élevées et une très faible humidité de l’air.
La situation au 4 septembre
Le remplissage des épis apparaît hétérogène selon les parcelles. La disponibilité en eau du sol au cours de la phase de remplissage a constitué un facteur déterminant. Dans les parcelles bénéficiant de bonnes réserves hydriques, les rendements devraient rester corrects. À l’inverse, dans les sols plus légers ou présentant une plus faible profondeur, le déficit hydrique a perturbé le déroulement du cycle et limité le remplissage des grains. Dans ces situations, des épis partiellement remplis peuvent être observés.
Les parcelles semées avant le 28 avril, avec des variétés précoces, présentent actuellement des teneurs en humidité du grain comprises entre 35 et 39 %, lorsque les plantes ont conservé un bon état sanitaire.
Les prélèvements de grain sont effectués sur 3 x 5 épis consécutifs par variété et par champ. Dans la plupart des champs suivis, une variété destinée au séchage et une autre destinée au grain humide sont présentes. Les résultats des premiers prélèvements effectués dans une douzaine de champs sont repris dans le tableau ci-dessous.

le 16 septembre





