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Après maïs ou pommes de terre, saisir la fenêtre pour implanter une interculture d’hiver

Suite à un été chaud ayant dopé la minéralisation et des rendements parfois décevants, se traduisant par une faible exportation, les résidus d’azote minéral dans les sols s’annoncent particulièrement élevés cet automne. Implanter une interculture est donc indispensable pour piéger cet azote et éviter qu’il n’atteigne les eaux souterraines. Cette année, l’avancement de certaines récoltes, comme le maïs ensilage ou les pommes de terre hâtives, offre l’opportunité de semer les intercultures plus tôt.

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Après une culture de maïs ou de pomme de terre, les mesures d’azote potentiellement lessivable (APL) révèlent des valeurs généralement plus élevées qu’après d’autres cultures. Sous l’effet des pluies hivernales, cet azote résiduel risque d’être entraîné vers les nappes. Pour capter cet excédent avant qu’il ne soit entraîné en profondeur, implanter d’une interculture après la récolte constitue la solution la plus efficace.

Des essais réalisés par l’UCLouvain entre deux cultures de maïs ont démontré que, sous certaines conditions, même un semis tardif pouvait réduire l’APL de moitié par rapport à un sol nu. Pour garantir un prélèvement optimal, le choix du mélange ainsi que les conditions et le soin apporté au semis ne doivent pas être négligés.

Par ailleurs, cette couverture peut être valorisée comme engrais vert ou constituer un fourrage d’appoint au printemps, en fonction des espèces qui composent le couvert.

Une opportunité pour pallier un éventuel déficit fourrager

Certains mélanges semés tardivement (après le 15 septembre, tableau 1) et composés de graminées associées à des légumineuses non gélives procurent la possibilité d’une coupe de qualité au printemps.

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L’intégration de légumineuses, capables de fixer l’azote atmosphérique, présente un triple avantage :

– performance du couvert : amélioration de la nutrition azotée et gain de rendement global ;

– qualité de la ration : obtention d’un fourrage plus équilibré avec une meilleure valeur protéique ;

– effet piège à nitrate renforcé : possibilité d’associer des espèces gélives (avoine de printemps, moutarde, radis fourrager, par exemple) à des espèces hivernantes pour maximiser la captation de l’azote dès l’automne.

Pour la récolte, il est question de trouver le meilleur compromis : il s’agit d’attendre une remontée des températures pour accumuler de la biomasse et atteindre une bonne valeur alimentaire, sans pour autant retarder l’implantation de la culture suivante.

Si le couvert est bien développé, riche en légumineuses et bénéficie d’une hausse des températures permettant une fauche début mai, cette coupe constitue une opportunité pour renforcer les stocks fourragers et prévenir un éventuel déficit lié à un printemps sec.

Maximiser l’effet « engrais vert » grâce aux légumineuses

Pour valoriser au mieux l’azote restitué par un couvert riche en légumineuses, sa destruction doit intervenir peu avant l’implantation de la culture de printemps Le choix des espèces implantées, la date, le stade et la méthode de destruction doivent être soigneusement réfléchis pour assurer une véritable « plus-value azote » sur le système, sans impacter négativement la culture suivante.

Pour que la minéralisation coïncide avec les besoins de la culture suivante, le rapport C/N du couvert ne doit pas être trop élevé. Associer des légumineuses résistantes au froid avec une graminée gélive (avoine de printemps + vesce velue d’hiver ou féverole d’hiver, par exemple) permet de garantir l’effet engrais vert sans prendre le risque d’induire une « faim d’azote ». Le développement des graminées à l’automne garantit l’effet piège à nitrate et les légumineuses, l’effet engrais vert au printemps.

Il est également nécessaire de bien réfléchir à la date de destruction du couvert afin de trouver l’équilibre entre la production de biomasse et la préservation des réserves en eau et nutriments pour la culture suivante.

Avant une betterave ou une pomme de terre, il est recommandé de détruire le couvert 4 à 6 semaines avant le semis permet de mieux valoriser l’effet engrais vert.

Avant un maïs, à partir d’avril, il est conseillé d’attendre 10 à 15 jours de chaleur pour que les légumineuses se développent suffisamment avant de détruire le couvert et de l’incorporer. Ensuite, l’idéal est de patienter à nouveau 10 à 15 jours pour semer le maïs pour une bonne synchronisation avec la mise à disposition de l’azote.

La décomposition dépend directement de l’activité biologique du sol, qui nécessite de l’oxygène. Il est important de maximiser la surface de contact entre les débris végétaux et la terre afin de favoriser l’action des micro-organismes. L’utilisation de rouleaux, broyeurs, outils à disques, semoir « type rapide » (équipés de disques ou de dents pour un travail du sol lors du semis) facilite la décomposition de la biomasse. Les résidus doivent, par ailleurs, être enfouis en surface.

Quels bénéfices pour la qualité de l’eau ?

La couverture quasi permanente du sol, de la récolte jusqu’au semis de la culture suivante protège les eaux souterraines, en fixant les reliquats d’azote et autres éléments fertilisants pendant la période à risque. Elle procure également une protection contre la battance et améliore la structure des sols sur le long terme. Enfin, elle contribue à limiter l’érosion ainsi que le transport de particules de sol et de contaminants vers les eaux de surface.

Protect’eau

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