Accueil Politique

Budget européen : les divisions sont toujours aussi importantes

La présidence irlandaise du Conseil de l’UE tente laborieusement de concilier les desiderata des uns et des autres en vue de proposer un nouveau cadre de négociation sur le budget européen. Mais à ce stade, les États membres ne font pas preuve de beaucoup de flexibilité.

Temps de lecture : 3 min

La discussion entre les ministres des Affaires européennes des Vingt-sept, lors de leur réunion le 22 septembre, n’a pas apporté de réelles réponses à la présidence irlandaise du Conseil de l’UE qui prépare un nouveau cadre de négociation chiffré en vue du Conseil Affaires générales du 13 octobre. Une fois encore, chacun a campé sur ses positions. D’un côté, les « Amis de la cohésion » ont encore insisté sur le nécessaire maintien des fonds destinés aux politiques historiques de l’UE.

La France et la Slovaquie ont notamment défendu la Pac. « La France ne lâchera pas ses agriculteurs », a promis le ministre français Benjamin Haddad, qui a d’ailleurs rencontré le commissaire européen à l’Agriculture en marge de la réunion. Et de l’autre côté, les six pays dits « frugaux » (Allemagne, Autriche, Danemark, Finlande, Pays-Bas et Suède) ont réitéré leurs demandes de réorienter le budget post-2027 vers les politiques d’avenir (compétitivité, défense, sécurité) assortie de coupes de plusieurs centaines de milliards d’euros.

Autre sujet de débat : la création de nouvelles ressources propres au budget de l’UE, dont la France fait une priorité. Aucun pays ne s’y est frontalement opposé mais les Vingt-sept sont loin d’être d’accord sur les modalités et les domaines dans lesquels ces nouvelles recettes devraient être collectées.

Le parlement défend un budget ambitieux

Au parlement européen, les deux corapporteurs pour le prochain cadre financier pluriannuel la Portugaise Carla Tavares (S&D) et le Roumain Siegfried Mureșan (PPE) ont regretté le manque d’ambition des États membres. « Si nous réduisons le budget de l’UE, les États membres devront relever ces défis séparément, au niveau national, et probablement à un coût plus élevé. Nous avons besoin d’un budget ambitieux et de nouvelles ressources propres. En tant que parlement européen, nous continuerons à défendre un budget allouant des ressources suffisantes à nos priorités traditionnelles (l’agriculture et la politique de cohésion) ainsi qu’aux nouvelles priorités », a réagi Siegfried Muresan qui pourrait prochainement céder sa place, puisqu’il vient d’être nommé Premier ministre de son pays par le président Nicușor Dan. Cette nomination doit toutefois encore être validée par un vote de confiance du Parlement roumain une fois qu’il aura formé son équipe gouvernementale.

Mais les discussions ne sont pas simples non plus au parlement. Elles prennent notamment du retard sur le règlement relatif à la performance du budget dont l’adoption devrait être reportée à début 2027. Les élus s’opposent notamment une question environnementale : l’inscription du principe « do no significant harm » (ne pas causer de préjudice important) que la plupart des élus de droite et d’extrême droite veulent supprimer.

A lire aussi en Politique

L’agriculture belge face au défi de 2050

Elevage Pour atteindre la neutralité climatique en 2050, la réduction des émissions de gaz à effet de serre ne suffira pas. La Belgique devra également restaurer sa capacité à absorber et stocker le carbone dans ses sols, ses forêts et ses zones humides. Une étude réalisée pour le SPF Santé publique conclut que les politiques actuellement prévues ne permettraient pas d’y parvenir. Le scénario le plus ambitieux étudié suppose une profonde transformation de l’agriculture et de l’utilisation des terres, avec notamment une diminution importante des cheptels, du reboisement, la protection des prairies permanentes et le développement de l’agroforesterie.
Voir plus d'articles