Blocage de l'E411 et de l'E42 à Daussoulx: près de 100.000 euros réclamés aux agriculteurs
Trois agriculteurs ont comparu vendredi devant le tribunal correctionnel de Namur pour leur implication présumée dans le blocage de l'E411, de la E42 et de l'échangeur de Daussoulx, fin janvier 2024. Les trois prévenus sont poursuivis pour incendie volontaire et dégradation de biens publics. La Région wallonne et la Sofico réclament près de 100.000 € de dommages et intérêts pour les dégradations de la chaussée.

Les faits remontent au week-end du 26 au 28 janvier 2024. Quelque 300 agriculteurs avaient alors bloqué l'échangeur de Daussoulx, à la jonction des autoroutes E411 et E42, pour protester notamment contre les accords commerciaux entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, en Amérique latine.
Seuls trois manifestants ont été cités à comparaître dans ce dossier. La Région wallonne et la Sofico, constituées parties civiles, réclament près de 100.000 € pour les dégâts occasionnés au revêtement routier. «Le feu a fait fondre le revêtement routier sur une dizaine de centimètres de profondeur à plusieurs endroits de la chaussée, sur les trois bandes de circulation. Cela représente plusieurs dizaines de mètres carrés de dégâts», a expliqué Me Lecarte, avocat des parties civiles. Le montant réclamé repose sur une expertise calculée au mètre carré.
La procureure du Roi n'a requis aucune peine de prison. Elle a sollicité une suspension simple du prononcé pour l'un des prévenus et l'acquittement pour les deux autres. Un seul agriculteur était présent à l'audience ce vendredi.
Défendu par Me Gravy, le premier prévenu est poursuivi pour avoir placé des ballots de paille afin d'empêcher la circulation des véhicules. Il a expliqué avoir voulu sécuriser le barrage, rappelant que deux personnes avaient perdu la vie en France quelques semaines auparavant après avoir tenté de forcer un barrage agricole. Les ballots avaient toutefois été incendiés plus tard dans la nuit, à deux heures du matin. Selon les images de vidéosurveillance, l'agriculteur dormait dans son manitou au moment où le feu s'est déclaré.
Le second client de Me Gravy est poursuivi pour avoir déversé des déchets agricoles sur un brasier. Son avocat a souligné qu'il n'avait pas allumé le feu et qu'il avait agi sous la contrainte, notamment pour permettre à une ambulance de se frayer un passage.
Initialement attendu le 16 octobre, le jugement a été reporté. L'un des prévenus étant également poursuivi dans un autre dossier devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, son conseil a invoqué le droit à l'absorption des peines dans le cas où il serait condamné dans cet autre dossier. L'affaire sera prise en délibéré le 13 novembre, pour un jugement attendu le 11 décembre.





