Des tracteurs à Namur pour dénoncer le plan wallon de réduction des pesticides
Les agriculteurs se sont mobilisés ce jeudi matin à Namur devant le cabinet du ministre wallon de l'Environnement Yves Coppieters (Les Engagés) pour dénoncer son plan visant à limiter les effets des pesticides sur la nature et la santé. Ils réclament des normes environnementales plus pragmatiques.

Une cinquantaine de tracteurs ont convergé vers la capitale wallonne jeudi matin, bloquant le boulevard du Nord et occasionnant par la même occasion des embarras de circulation sur d'autres grands axes routiers namurois.
Après s'être longtemps mobilisés contre l'accord de libre-échange entre le Mercosur et l'Union européenne, les agriculteurs dénoncent cette fois le plan de réduction des pesticides. «Le feu vert est donné pour le Mercosur, on ne peut plus rien y faire et à présent, la Région wallonne veut imposer des normes environnementales encore plus contraignantes que ne le fait l'Europe. On ne pourra plus décider nous-mêmes de nos choix de culture et on ne pourra plus utiliser ce dont on a besoin pour arriver au bout de notre récolte», a déploré le vice-président de la Fédération des jeunes agriculteurs (FJA), Adrien Deblonde.
«Nous demandons que les normes soient bien plus pragmatiques et qu'on arrête de nous empêcher de mettre différentes cultures en place. On ne peut pas tout changer du jour au lendemain alors que la Belgique est déjà un des meilleurs élèves en matière d'environnement», a ajouté Adrien Deblonde.
Une délégation a été reçue à l'Élysette en fin de matinée, espérant un échange fructueux et des réponses concrètes. D'autres sujets sont sur la table : notamment la simplification administrative et la DNC (dermatose bovine) qui sévit en France.
À l'issue de la rencontre avec le gouvernement, le ressenti des agriculteurs était plutôt mitigé. «Le ministre Coppieters ne comprenait pas pourquoi nous étions là et était choqué de nous voir devant son cabinet alors que, selon lui, il y a de la concertation dans les décisions qui sont prises», a confié le président de la FJA, Florian Poncelet. «Notre vision des choses, c'est que le Gouvernement veut avancer le plus rapidement possible sur certaines mesures mais sans écouter le secteur concerné. Il faut bien plus de communication. Nous sommes par exemple bien conscients de la nécessité de préserver la ressource en eau, mais nous n'avons aucune liste de matières actives problématiques ni aucun élément scientifique», a-t-il conclu.





