Des chicorées frisées et scaroles sous châssis ou sous serre?
Cet été, ce fut bien compliqué de planter les chicorées scaroles et les frisées dans le sol desséché des potagers. De plus, la reprise difficile et les températures élevées ont induit pas mal de montée prématurée à graines. Les vols de noctuelles et les chenilles générées par la suite ont aussi été très intenses avec les températures estivales. Résultat ? Les dégâts pour cette culture ont été importants en août et en septembre. Espérons que cela se calmera dans les prochaines semaines…

Il est encore possible d’installer des frisées et des scaroles, mais de préférence à l’abri de châssis ou de serre. En plein air, cela peut réussir si l’automne est clément.
Quelle variété choisir ?
Notons qu’il s’agit de deux légumes de la même espèce : Chicorium endivia. Les frisées sont classées dans les variétés botaniques « crispa » et les scaroles dans « latifolia ».
Le choix variétal est diversifié. Pour chaque type, il existe des variétés adaptées au printemps, à l’été ou à l’automne. Bien entendu, le choix actuel se porte sur l’automne.
Les frisées : les chicorées frisées sont reprises dans la classification botanique sous la variété Cichorium endivia var. crispa. Plusieurs types peuvent être cultivés.
Le type très fine maraîchère, aussi nommé « Gloire de l’Exposition ». La « Fine de Louvier » présente un cœur très dense et une rosette moyennement large. Elle est assez sensible au froid et convient un peu moins bien pour une production de fin d’automne.
Le type wallonne, bien adapté aux cultures d’automne et d’hiver, jusqu’aux premières gelées. La pomme est aplatie et ouverte, volumineuse. Les feuilles sont larges, découpées à marges dentées et frisées. Les côtes sont de largeur moyenne.
Le type Ruffec. La rosette dressée est ample, le feuillage est découpé à marges très frisées. Les côtes sont larges et épaisses. Elle est résistante au froid et à l’humidité.
Le type Frisée de Meaux. Les feuilles sont longues, découpées et frisées, le limbe est entier à son extrémité. La côte est large, teintée de rose à sa base. Rustique, elle s’adapte à la chaleur et la sécheresse et convient pour les cultures d’automne. Le type « Grosse Pancalière » est plus précoce, plus dressé, ses côtes sont roses.
Les scaroles : Les variétés sont reprises dans la classification botanique Cichorium endivia var. Latifolia. En voici les différentes sortes.
Le type « A cœur plein ». Cette scarole forme une rosette volumineuse de feuilles larges aux marges découpées, aux côtes larges et épaisses. Les feuilles intermédiaires sont bouclées et recourbées vers le centre de la pomme. Elle est productive et rustique. On la cultive en hiver, sous serre. Nous trouvons des variétés vertes et des blondes. Ces dernières ont un cœur un peu moins dense, plus large, et un feuillage plus pâle.
Le type « Grosse bouclée », laquelle forme une rosette volumineuse et des feuilles larges bouclées se recourbant vers le cœur. Ce cœur plein et serré blanchit facilement. Elle est adéquate pour la culture de plein air au printemps et à l’automne ainsi que sous serre en hiver.
Le type « Géante maraîchère ». Comme son nom le suggère, cette scarole est très volumineuse. Il faut adapter les distances de plantation à 0,50 m. Elle est propice aux productions d’automne et supporte les premières gelées nocturnes.
Le type « En cornet ». Les feuilles aussi larges que longues à marge finement dentée extérieures se referment vers le cœur se disposent en vrille pour former une pomme presque conique. On trouve des semences de « Cornette » et « Cornet d’Anjou » ou encore de « Béglaise » ou « Cornet de Bordeaux ». Le jardinier peut les cultiver en automne puisqu’ils s’adaptent assez bien aux premières gelées.
Enfin, les variétés intermédiaires scaroles-frisées sont des obtentions récentes des maisons de sélection. Elles résistent correctement à la montée à graines. Les feuilles sont de la taille de celles des scaroles, mais avec une découpe plus fine. « Frida » est un de ces types.
La culture d’automne et d’hiver
Les conditions de température et de luminosité lors de l’élevage des plants et celles attendues en fin de saison ne sont pas propices à induire rapidement la montée à graines. Nous pouvons semer soit en godets, soit en mottes pressées, ou même en place en tenant compte des distances de plantation. Le semis peut également être réalisé en pépinière en vue d’obtenir des plantes à repiquer à racines nues, c’est la solution la plus facile actuellement. Avec les températures actuelles, la levée se fait en 2 ou 3 jours.

Préparer correctement son sol
Pour cette culture, l’objectif est de disposer d’un sol décompacté en profondeur pour favoriser l’enracinement et finement travaillé, rassis et nivelé sans cuvette en surface pour favoriser la reprise.
Si la sécheresse perdure, il convient d’arroser abondamment avant la plantation.
Il est d’ailleurs conseillé de marquer et de creuser les emplacements des plantations puis de noyer le trou. La motte est enterrée aux deux tiers de sa hauteur. Puis, nous ramenons la terre au pied de celle-ci. Un arrosage immédiat améliore encore le contact entre la motte et le sol.
Pour les plants nus issus d’un semis en pleine terre, il faut arroser abondamment la pépinière la veille de l’arrachage. Cela permettra de faciliter la déplantation avec un bon globe de racines.
La densité de plantation est de 5 à 8 plants/m² en plein air et 8 à 12 plants /m² sous serre, selon la variété. Si l’emplacement est suffisant, préférons les faibles densités de plantation.
Le paillage du sol permet de réduire les risques de pourriture du collet et d’améliorer la propreté du légume. Le tout sans oublier une meilleure maîtrise de l’enherbement. Les paillages en carton donnent de bons résultats.

Ne pas lésiner sur les arrosages
Les apports d’eau sont très importants pour les frisées et les scaroles. À l’aide d’un arrosoir, en période chaude et sèche, le jardinier doit bassiner le feuillage chaque jour pour éviter les brûlures marginales des feuilles tout en concourant à limiter la montaison.
Les premiers arrosages sont destinés à assurer la reprise après la plantation. Ils sont ensuite moins fréquents durant les semaines d’enracinement, jusqu’au stade 10 feuilles. Ils redeviennent ensuite fréquents jusqu’à la récolte.
Le bassinage consiste à maintenir la plante humide en permanence durant les heures les plus chaudes de la journée. Ils visent la prévention de la nécrose de la couronne intermédiaire, physiologiquement en lien avec un manque de mobilité du calcium dans la plante.
La technique du blanchiment
L’objectif du blanchiment est d’obtenir au moins 30 % de blanc dans la pomme. L’opération consiste à priver le cœur de la chicorée de luminosité. L’amertume des feuilles est diminuée par celui-ci. Les feuilles et parties de feuilles concernées jaunissent et blanchissent en quelques jours : 6 jours en fin d’année. Cette opération comporte d’importants risques de pourritures par manque d’aération. Il convient d’opérer de préférence sur des plantes sèches.
Le pot de terre posé à l’envers sur la pomme est la technique traditionnelle. Il peut être remplacé par le lien élastique placé et enlevé à la main.
La pose d’un voile sur les plantes en plus de la couverture de verre de la couche ou de la serre, diminue déjà l’intensité de la lumière atteignant les plantes. Le blanchiment sera dès lors facilité.
De la récolte à la conservation…
La récolte se déroulera au fur et à mesure des besoins. Si des risques de gelée modérée sont annoncés, il est possible de placer un voile de « forçage » sur la culture. Deux voiles protègent encore davantage grâce au volume d’air qui les sépare. Avec ces prévisions météo, aussi, nous pouvons récolter les chicorées entières, avec une motte de racine et de terre. Elles seront ensuite placées dans la cave. En gardant au peu d’humidité aux racines, la plante reste en l’état plusieurs jours. Cela permet d’étaler la consommation.





