La saison d’épandage commence!

Les épandages doivent 
se faire sur sols portants
bien ressuyés, 
non gelés ou enneigés.
Les épandages doivent se faire sur sols portants bien ressuyés, non gelés ou enneigés.

En prairie, le début de la période d’épandage de fertilisants organiques à action rapide – tels que les lisiers, les purins et autres fumiers mous – ont pu recommencer au 16 janvier pour des apports de 80 kg N/ha maximum. Les épandages de fumiers et de composts sont, quant à eux, autorisés toute l’année en prairie, à l’exception en zone vulnérable d’une période de 6 semaines, du 1er octobre au 15 novembre inclus.

Conditions d’épandage

Les épandages doivent se faire sur sols portants, bien ressuyés, non gelé ou enneigé. Petite exception pour les parcelles situées en dehors d’une zone vulnérable, les épandages de fumiers (excepté ceux de volailles) et de composts sont autorisés sur sol gelé.

Précisons que pour l’Administration, toute surface recouverte d’un voile blanc neigeux est considérée comme enneigée. Aussi, un sol est dit gelé si la température mesurée à la surface est négative pendant au minimum 24 h sans discontinuité.

Apports maximaux autorisés

En prairie, les quantités épandues jusqu’au 1er février ne peuvent dépasser 80 kg N/ha pour les apports d’azote organique à action rapide, soit environ 18.000 litres de lisier de bovins (teneur de 4.4 kg N/t). Du point de vue agronomique, les besoins de la prairie durant cette période ne justifient pas d’épandages plus importants.

Sur base annuelle, la fertilisation organique ne peut excéder 230 kg N/ha en tenant compte des restitutions au pâturage. La quantité maximale sur l’exploitation en prairie est de 350 kg N/ha en apports organiques et minéraux.

Fractionner les apports de lisier

La mise à disposition de l’azote pour la plante varie selon la part d’azote soluble que les engrais contiennent. Le lisier est un engrais de ferme à action rapide, car la moitié de l’azote qu’il contient est présente sous forme minérale, immédiatement disponible pour la plante.

L’asbl Agra-Ost s’est intéressée à l’application de lisier sur prairie à différentes dates, afin de tester leurs efficacités par rapport aux engrais minéraux (Godden, 2013). Les essais réalisés en Haute Ardenne ont montré que l’application de la première fraction à la mi-février et la seconde début avril permettait d’obtenir les meilleures efficacités par rapport aux engrais minéraux et d’assurer une bonne récolte lors de la première coupe. Ces dates peuvent être avancées dans les autres régions qui ont des températures plus élevées. Des apports fractionnés, appliqués à chaque étape d’exploitation de la prairie, sont donc recommandés pour couvrir les besoins importants du couvert afin d’assurer une nouvelle croissance.

Enfin, les apports de fumiers et de composts, qui sont des engrais plus lents à se décomposer dans le sol, améliorent les fournitures d’azote, de phosphore et de potassium du sol sur le long terme. Ils peuvent être apportés régulièrement en une seule application (15 t/ha/an). Toutefois, il est déconseillé d’épandre du fumier frais à la sortie de l’hiver, au risque d’étouffer la prairie. Un fumier composté sera par contre bien valorisé toute l’année.

Quel matériel utiliser ?

Le matériel utilisé en prairie doit avant tout préserver l’herbe. Il existe des injecteurs à faible profondeur spécifiquement développés à cette fin. À disques ou à patins, ces outils tracent de fins sillons dans lesquels ils déposent le lisier à l’aide de manchons en plastiques. Les systèmes de dépôt en surface, sous une hauteur d’herbe de 2 à 3 cm, conviennent également.

Enfin, il faut rappeler que depuis le 1er janvier 2015, l’épandage de lisier « sous forme de gerbe vers le haut », via une buse palette classique (non inversée) est interdit pour les tonneaux de plus de 10.000 litres. En outre, deux autres systèmes de projection sont interdits pour les tonneaux de plus de 10.000 litres : l’épandage au canon et l’épandage à l’hélice.

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