Adapter ses pratiques pour réduire sa facture énergétique

Adapter ses pratiques pour réduire sa facture énergétique
J.V.

Ces dernières années, les coûts énergétiques n’ont cessé de croître, ce qui n’est pas sans conséquence sur la comptabilité des exploitations agricoles. Tout agriculteur se doit donc de maîtriser les dépenses allouées à ce poste, que ce soit directement ou indirectement. Car il existe, en effet, deux types de consommation d’énergie.

« D’un côté, on retrouve la consommation directe, c’est-à-dire l’énergie consommée effectivement sur l’exploitation. C’est le cas, notamment, du fuel du tracteur ou de l’électricité alimentant le refroidisseur du tank à lait », éclaire Cécile Heneffe.

De l’autre, on retrouve la consommation indirecte, représentant pas moins de deux tiers des consommations énergétiques de la ferme. Il s’agit de l’énergie qui n’est pas utilisée directement par l’agriculteur mais en amont de son activité, tout en impactant sa comptabilité. Dans cette catégorie, on retrouve par exemple l’énergie allouée à la production et au transport des engrais. « Toute augmentation du prix de l’énergie se répercutera sur le prix d’achat des engrais, réduisant ainsi la marge de l’agriculteur. »

Diagnostiquer pour réduire

Afin d’envisager autrement sa consommation d’énergie, il convient en premier lieux de réaliser un diagnostic de l’exploitation. Celui-ci vise à identifier les postes les plus énergivores, tels que les déplacements routiers et lourds travaux des champs, l’utilisation d’intrants divers (amendements, compléments alimentaires…), l’éclairage et le chauffage ou le refroidissement des bâtiments et bien d’autres encore.

En vue d’accompagner les agriculteurs dans cette démarche, le Centre wallon de recherches agronomiques a d’ailleurs créé « Decide », un outil en ligne (disponible via www.decide.cra.wallonie.be/fr) permettant de réaliser un bilan des consommations énergétiques et des émissions de gaz à effet de serre des exploitations agricoles.

Une fois le diagnostic posé, la deuxième étape consiste à réfléchir à comment réduire sa consommation, tant directe qu’indirecte. « Si l’on travaille sur le volet direct, on diminuera, par exemple, sa consommation de fuel en modifiant ses pratiques culturales », explique Mme Haneffe. Cela passe par l’adoption de techniques culturales simplifiées ou du semis direct, engendrant d’importantes économies d’énergie.

Constatant que trois quarts de la consommation énergétique des élevages laitiers proviennent de la traite, Valbiom conseille également de travailler sur ce point. Il est ainsi envisageable d’installer un récupérateur de chaleur ou un pré-refroidisseur, entre autres.

«
Le diagnostic permet d’identifier les postes sur lesquels travailler en premier lieux pour réduire sa consommation énergétique
», insiste Cécile Heneffe.
« Le diagnostic permet d’identifier les postes sur lesquels travailler en premier lieux pour réduire sa consommation énergétique », insiste Cécile Heneffe. - J.V.

« À propos de la consommation indirecte, on s’intéressera premièrement à l’utilisation des intrants », poursuit-elle. Plusieurs conseils sont donnés, comme ajuster les doses de fertilisants et de produits de protection des plantes utilisés, choisir des aliments concentrés produits aussi près que possible de l’exploitation, implanter des cultures intermédiaires pièges à nitrates ou encore valoriser plus efficacement la matière organique.

Au niveau des pratiques agricoles, on travaillera, entre autres, sur les rotations, l’implantation de légumineuses et une gestion efficace du fourrage.

Pourquoi ne pas produire ?

Après avoir identifié les postes que l’on souhaiterait moins énergivores, on peut également être tenté de produire soi-même sa chaleur, son électricité voire son carburant. Le tableau 1 présente les différentes solutions actuellement disponibles sur le marché, moyennant des investissements plus ou moins importants.

J.V.

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