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Que faire des résidus de récolte du potager?

La question revient chaque fois que nous lisons des recommandations de techniciens ou de scientifiques pour prévenir les maladies ou ravageurs des légumes : « éliminer les débris de récolte »… Facile à dire !

Temps de lecture : 3 min

Les spores, le mycélium, les œufs, les larves et de manière générale les formes de survie des maladies et des ravageurs restent au champ avec les résidus de culture. Les laisser en l’état en surface du sol c’est entretenir des foyers d’inoculum pour les cultures voisines et pour l’année suivante.

Des solutions ?

Plusieurs méthodes permettent de limiter l’impact de ces présences. Le broyage et l’enfouissement superficiel sont des classiques, le ramassage et l’élimination peuvent améliorer la situation en cas de risques ponctuels.

Le travail superficiel du sol permet également de réaliser des faux semis et diminuer ainsi le niveau de salissement du terrain et permet de lutter contre les limaces, les tipules et les taupins. L’incorporation superficielle des débris de culture en facilité la décomposition. Notons que le faux semis est efficace si le sol est rappuyé pour permettre un contact franc entre les graines et le sol.

Ce travail superficiel remet le sol à niveau et prépare l’implantation des cultures suivantes. Il permet aussi l’incorporation des composts et fumiers.

À quelle profondeur ?

Nous pouvons donner comme ordre de grandeur 5 cm de profondeur ou un peu moins. À cette profondeur, l’aération du sol peut encore être très forte et favorise une bonne évolution des résidus broyés. Si l’incorporation est moins profonde, l’effet sur la germination des graines sera meilleur.

Les inconvénients ?

Plusieurs inconvénients s’opposent à l’incorporation rapide des résidus de culture à faible profondeur.

Le paillage en matières organiques ou en matières plastique est perturbé ou détruit par les façons culturales superficielles.

Les ados doivent être refaçonnés après le travail superficiel du sol en même temps que celui-ci.

Quels outils ?

Les outils animés à axe horizontal permettent de broyer et d’incorporer superficiellement en un seul passage.

Les disques concaves sont bien adaptés pour les enfouissements de matière organiques.

Un rouleau stabilisateur raffermit le sol après le passage d’enfouissement.

Des exemples

L’exemple du chou

Après une culture de choux, il reste une grande masse végétale, des tiges, collets et plateau d’enracinement massifs et coriaces. Le broyage fin avec un outil animé à axe horizontal (type fraise) va favoriser la dégradation rapide et le mélange superficiel avec la terre. Si la température du sol est suffisante (plus de 12ºC) et l’humidité présente pour avoir une grande activité des organismes présents dans le sol, la décomposition est rapide et est déjà bien avancée après 3 semaines.

Le cas de la laitue

Les tissus sont peu coriaces, en conditions suffisantes d’humidité et de température, une dizaine de jours suffisent pour avoir une bonne dégradation des résidus. Cela ne signifie pas que tout est résolu. Si des foyers de sclérotiniose étaient présents à la récolte, ils resteront présents malgré le broyage et l’incorporation. D’autres méthodes de lutte seront à mettre en place, dont la rotation et l’emploi préventif du Contans WG.

Le cas des infestations de limaces

Le travail superficiel avec broyage des résidus de culture est une excellente méthode pour réduire les populations de limaces à court terme et à plus long terme. En effet, les résidus broyés décomposés sont autant de nourriture que les limaces n’auront plus. Les œufs malmenés et exposés au dessèchement et au soleil perdent leur viabilité. La surface du sol est affinée ce qui réduit la facilité de remontée et de redescente quotidienne des limaces en surface.

En bref

Le broyage des résidus de culture en leur incorporation en surface de sol favorise la dégradation et le recyclage des matières organiques. Cette méthode diminue la viabilité de plusieurs ravageurs et maladies. Elle n’élimine pas les risques de certaines d’entre elles comme les sclerotinioses mais ne les aggrave pas.

F.

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